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Génétique
L’Ukraine, future importatrice de génétique française?

Avec la Russie et le Kazakhstan, l’Ukraine recherche l’autosuffisance en productions animales offrant, malgré certains freins notamment sanitaires, des perspectives en termes de génétique.

Comme ici au Kazakhstan, l'Ukraine dispose de créales de terres et de main d'oeuvre et affiche une réelle volonté de développer l'élevage.
Comme ici au Kazakhstan, l'Ukraine dispose de créales de terres et de main d'oeuvre et affiche une réelle volonté de développer l'élevage.
© C. Deloume

La Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan affichent un objectif commun : devenir autosuffisants et à « plus long terme de grands exportateurs en matière de produits agricoles et en particulier en productions animales », a expliqué Katia Roinet, vétérinaire et conseillère agricole adjointe pour la Russie, les pays de la CEI (communauté des États indépendants) et la Géorgie, au service économique régional de Moscou, lors d’une conférence au Sommet de l’élevage.

Ces trois pays de l’ancien bloc soviétique souhaitent redonner à l’élevage sa place. Pour être autosuffisant, la Russie se donne jusqu’en 2020. Toutefois pour parvenir à leurs fins, ces trois pays ont besoin d’importer de la génétique que ce soit sous forme d’embryons ou d’animaux vivants, mais également de la technique. Si le délai est ambitieux, selon la conseillère, les experts ne doutent pas de leur réussite. Et ce n’est pas le budget agricole alloué par leurs gouvernements respectifs qui est un facteur limitant. En effet, l’Ukraine disposait en 2011, de 3,3 milliards d’euros d’aides pour l’agriculture. De son côté, l’enveloppe kazakhe s’élève à 0,8 milliard d’euros pour atteindre un objectif de production de 60 000 tonnes de viande en 2 015 et 180 000 tonnes en 2020. À cela s’ajoute 1,7 milliard d’euros pour importer 72 000 reproducteurs bovins viande d’ici 2016.

Côté russe, l’agriculture est devenue priorité nationale en 2005 avec un plan 2008-2012 distribuant 39,4 milliards d’euros sur cinq ans. Un nouveau plan 2013-2020 a été mis en place, avec à la clé une enveloppe de 14 milliards d’euros pour le seul secteur de l’élevage, en cas d’accord de l’OMC. (La Russie est officiellement membre de l’OMC depuis août 2012. Elle devra donc répondre aux règles internationales du commerce. L’Ukraine est membre depuis 2008. Le Kazakhstan est en cours de négociations.)

Le nouveau plan prévoit de parvenir à l’autosuffisance d’ici 2020 à hauteur de 90 % pour le lait et 85 % pour la viande. Ils pensent ainsi pouvoir passer de 2 à 3,6 millions de vaches allaitantes à l’échéance. Ces aides se déclinent sous la forme de subventions à l’achat de matériel, d’animaux... de taux d’intérêts bonifiés... « Malgré les moyens financiers mis en place, des freins ralentissent encore le développement de l’élevage, mais sans l’entraver », précise Katia Roinet. En Ukraine, par exemple, les 3,3 milliards d’euros alloués n’ont pas été entièrement utilisés en raison notamment du manque de projets. Autres obstacles : le manque de main-d’œuvre qualifiée et la situation sanitaire. Sur ce dernier point, « ces pays restent très sensibles pour deux raisons. De nombreuses maladies sont déjà présentes chez eux, ils ont du mal à les contenir. Et d’autre part, ils préfèrent ne pas en introduire de nouvelles sur leur territoire sachant qu’ils ne pourront pas les contenir une fois à l’intérieur. Nous travaillons sur les embargos Schmallenberg et sommes en bonne voie. Nous espérons une ouverture cet hiver pour permettre des importations au printemps 2013 en Russie et au Kazakhstan.


Le marché ukrainien est par contre ouvert depuis juillet. Ce pays débute la restructuration de son cheptel. « Il existe des opportunités pour les exportateurs français à condition de se placer dès maintenant sur ces marchés et notamment sur celui de l’Ukraine. » Pour l’exportation, Katia Roinet conseille de bien mettre en avant la qualité de la génétique française en expliquant la diffé- rence de prix avec la concurrence, de toujours proposer un accompagnement voire même une formation et de vérifier la solidité financière de l’acheteur. Pour Jean-Paul Boyer, négociant dans l’Aveyron, il faut vendre des animaux en adéquation avec leurs besoins pour pénétrer le marché et le pérenniser. Ne pas envisager d’inonder le pays. Selon lui, 10 000 à 15 000 têtes par an permettraient de donner un souffle à la production française tout en restant dans le domaine du possible.

Importations de reproducteus français de races bovins viande en 2011

• Ukraine : 2 850 animaux d’Allemagne, de République tchèque, de Hongrie, des Pays-Bas et de France (contre 2 150 en 2009).

• Russie : 94 500 bovins d’Australie, des USA, des Pays-Bas, d’Allemagne, du Canada, du Danemark, d’Autriche et de Hongrie (contre 48 700 en 2009).

• Kazakhstan : 13 900 bêtes des Etats-Unis, d’Allemagne, du Canada, d’Australie, d’Irlande et de France (contre 1 550 en 2009).

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