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Les commerçants s’inquiètent de la contraction du cheptel

La Fédération française des commerçants en bestiaux vient de fêter ses 70 ans et à côté d’une rétrospective sur le passé s’est interrogée sur l’avenir du métier.

70 ans après la mise en place de leur fédération, les commerçants en bestiaux écoulent une part conséquente des bovins français avec des parts de marché variables selon les catégories. « Si cette profession n’a pas disparue, c’est parce que ses acteurs exercent une activité économique utile. C’est votre professionnalisme et capacité à vous adapter qui font que vous êtes toujours là », a rappelé Dominique Grange ancien directeur de la fédération, après avoir retracé les évolutions du métier ces 70 dernières années. Mais plus que le passé, c’est l’avenir qui préoccupe les acteurs de la profession. « Sans élevage, pas de commerçants ! », a rappelé Denis Sibille, ancien président d’Interbev à l’occasion de la table ronde organisée pour l’occasion. Et d’alerter une fois de plus sur les dangers liés à la céréalisation du territoire. Dans bien des régions, l’élevage laitier ou allaitant s’efface et cède la place à la charrue. Une évolution inquiétante. Le recul du nombre de cheptels bovins et ovins se traduit mathématiquement par une perte d’activité, faute d’animaux à commercialiser avec des emplois qui disparaissent. « Derrière ces évolutions, il y a la notion de prix du produit. Il faut aller prospecter les différentes régions du monde où la demande et l’activité économique progressent pour aller chercher de la croissance et des prix », revendiquait Denis Sibille.

Prix, marges et volumes toujours au cœur des discussions


Les discussions ont rebondi ensuite comme toujours, sur la question du prix du produit et de la marge qu’il est possible de pratiquer sur ce dernier lors de la commercialisation. « Dans leurs exploitations, les éleveurs ont fait des gains de productivité énormes ces vingt dernières années. Les commerçants ont fait de même. Si nous voulons maintenir notre chiffre d’affaires, nous devons faire toujours plus de volumes pour compenser des marges ramenées à l’animal qui sont de plus en plus étroites. Jusqu’où devrons-nous aller ? », interrogeait Stéphane Jamain, commerçant dans le Maine-et-Loire. Jean-Pierre Heuséle, président du conseil de surveillance du groupe Bigard a adroitement esquivé la question, ramenant le débat sur les distorsions de concurrence entre la France et l’Allemagne liées au coût de la main d’œuvre avec des abatteurs allemands qui font travailler de nombreux salariés étrangers en abusant des possibilités offertes par la directive européenne sur les travailleurs dits « détachés ».

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