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Rencontres Bétail et viande de Coop de France
L'engraissement à nouveau sur le grill

Les difficultés du marché franco-italien du maigre liées à la crise sanitaire relancent le débat sur l'engraissement en France.

Guy Mérieau, président de la section bovine de Coop de France Bétail et Viandes. "On parle de perte de 30 à 40 % de chiffre d'affaires pour certaines entreprises."
Guy Mérieau, président de la section bovine de Coop de France Bétail et Viandes. "On parle de perte de 30 à 40 % de chiffre d'affaires pour certaines entreprises."
© F. d'Alteroche

Comme l’ont souligné à plusieurs reprises les principaux intervenants des dernières rencontres Bétail et Viande organisées début novembre à Limoges, ces deux journées de rencontres et de débats se sont malheureusement déroulées sans la présence de représentants du ministère de l’Agriculture. Conjoncture oblige, les discussions ont été largement consacrées aux difficultés sanitaires du moment. « La crise économique dont on ne peut encore mesurer toutes les conséquences vient s’ajouter à nos problèmes et je crains que l’on en soit encore qu’au début », a expliqué Jean-Michel Fritsch, président du pôle animal de Coop de France qui a plaidé pour une harmonisation du volet sanitaire en Europe. Les restrictions de transport des animaux aux cours de l’année écoulée, consécutivement à la FCO, se sont traduites par de lourdes répercussions pour bien des OP commerciales. « On parle de pertes de chiffre d’affaires de 30 à 40 % pour certaines entreprises, voire plus. On imagine les conséquences que cela va avoir sur les comptes d’exploitation à la fin de l’année », a souligné Guy Mérieau, président de la section bovine de Coop de France Bétail et Viande.

Engraisser en France

Face aux difficultés actuelles du commerce franco-italien du maigre, l’ambition de dynamiser le secteur de l’engraissement sur le territoire français est encore une fois relancée. « On ne peut pas concevoir qu’une région comme le Limousin ne puisse construire la pérennité de son élevage bovin uniquement sur l’exportation », a indiqué Jean-Michel Fritsch. « A notre sens, le nombre de broutards mâles et femelles aujourd’hui produits en France devient un peu trop élevé par rapport à nos capacités d’exportation. Certes, le marché de l’export de maigre en vif est bien entendu nécessaire et même indispensable dans certaines régions, mais il faut aussi conforter et structurer notre filière engraissement pour offrir un autre débouché, une autre porte de sortie aux broutards français », a précisé Guy Mérieau. Les OP adhérents à Coop de France Bétail et Viande entendent d’ailleurs être les moteurs de ce projet. Pas question donc de se contenter des statistiques qui laissent présager d’une hausse comprise entre 5 et 10 % pour le nombre de JB qui auront été engraissés en France cette année.

Engagement des entreprises et des éleveurs

Quelques jours plus tard, à l’occasion du Congrès de Coop de France à Paris, Philippe Mangin son président relançait ce débat en s’adressant au ministre de l’Agriculture. « Attaquons-nous enfin à créer cette politique de l’engraissement qui structurerait et contribuerait à apporter un élément de réponse à un dossier plus large, l’avenir des productions animales. » Si Michel Barnier s’est montré plutôt favorable à cette proposition créatrice de valeur ajoutée, il n’en a pas moins souligné qu’il était pour cela nécessaire « que les entreprises s’engagent, que les éleveurs s’engagent. Sinon, ce sera un plan de plus ».

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