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Alimentation en eau des pâtures
L´énergie solaire se développe plus que l´éolien ou d´autres systèmes autonomes

Plusieurs systèmes d´abreuvoirs autonomes existent pour fournir une eau de qualité aux parcelles isolées. Les équipements solaires sont aujourd´hui plus attractifs que l´éolien, entretien oblige !


Les abreuvoirs à alimentation autonome, destinés aux parcelles pâturées éloignées du réseau d´eau, évoluent et connaissent un regain d´intérêt. Ils simplifient le travail quotidien des éleveurs et offrent une eau de qualité limitant les risques de parasitisme. Les abreuvoirs, alimentés par un système de pompage fonctionnant à l´énergie solaire, intéressent de plus en plus d´éleveurs français.
L´énergie solaire est captée par les panneaux (capteurs photovoltaïques amorphes ou polycristallins) réactifs à une faible luminosité et offrant un bon rendement, puis est stockée dans des batteries. Ces dernières alimentent une pompe à eau (immergée jusqu´à 50 m ou, de surface).
Le débit varie de 160 à 1400 l/h, selon les modèles et les constructeurs, ce qui permet d´alimenter un troupeau de vingt à trente bovins.
Aucun entretien particulier est nécessaire. La seule contrainte pour obtenir un fonctionnement optimal est d´installer le système à l´écart d´une zone d´ombre.
L´abreuvoir à alimentation autonome à énergie solaire prend tout son intérêt lorsque le soleil est le plus fort : les batteries se rechargent le plus efficacement et peuvent répondre au pic de demande en eau des bovins.
L´énergie solaire est captée par les panneaux réactifs à une faible luminosité et offrant un bon rendement.©Gaec Bauchet

Temps de maintenance élevé pour le système éolien
Le coût d´un équipement de base est de l´ordre de 2000 ?.
L´autre énergie naturelle exploitée pour alimenter les pompes à eau dans les pâtures est le vent. Généralement, une éolienne de pompage se compose d´un pylône de quatre à 16 mètres au sommet duquel se fixe une roue (1,6 à 2,7 m de diamètre) constituée de 15 à 20 pales, souvent en tôle galvanisée. La roue se déclenche à partir d´une vitesse de vent de deux à trois mètres par seconde. Cet ensemble se place sur un forage (40 m maxi de profondeur) ou à une distance de 200 m d´un point d´eau. Les constructeurs annoncent « un débit minimal de 3 à 8 m3/jour, pour un investissement à partir de 1300 euros. » Il est obligatoire de créer un conduit de retour au puits avant le débordement du bac, afin de limiter le risque de pollution bactérienne.

L´entretien préconisé par les fabricants se réduit à un graissage des roulements (une à deux fois par an) et la purge de la tubulure avant l´hiver. Certains proposent un graissage automatique avec un système à bain d´huile. Les éleveurs considèrent le système de pompage par énergie éolienne plus contraignant que le système à énergie solaire puisqu´il « est nécessaire de démonter toute la tringlerie (jusqu´à 40 m), pour vérifier l´état (corrosion) tous les ans. C´est une manipulation exigeante en temps et en main-d´oeuvre. D´autre part, en plein été, le vent est parfois absent, alors que c´est à ce moment que mes vaches boivent le plus. », explique un éleveur converti à l´énergie solaire.
Les éoliennes de pompage ne sont plus à la mode, du fait de leur entretien contraignant. ©DR

La force de l´eau ou celle des animaux assure le pompage
Autre énergie renouvelable pour actionner une pompe à eau, c´est le système du bélier, où le courant de l´eau doit être important, combiné à une cloche et à des clapets. Ce dispositif s´avère économique (à partir de 687 euros) et peut être utilisé sur une longue durée (au moins 30 ans). Il permet de monter l´eau jusqu´à plusieurs dizaines de mètres, vers un abreuvoir ou une cuve de réserve. Richard Walton, dernier fabricant français à Bordeaux, avoue que « le bélier est parfois difficile à régler et il est difficile d´estimer exactement son rendement. » Il existe aussi la pompe de prairie ou pompe à nez : le bovin pousse une palette mobile avec son mufle pour actionner une pompe immergée. Elle peut s´installer sur des cours d´eau de faible débit, jusqu´à 7 ou 8 mètres de profondeur, pour 300 à 800 ?. L´absence d´eau stagnante empêche les oiseaux et les renards de contaminer l´eau.
Cet abreuvoir est destiné à une vingtaine de bovins, mais un seul, ou deux, peuvent boire en même temps.

Enfin, la pompe à hélice flottante est « un système, retenu par une corde, qui flotte sur le cours de l´eau. Un courant de 2 km/h permet de pomper environ 4500 l/jour. Ce système nécessite peu d´entretien et coûte environ 1200 ?. L´hélice peut par contre se bloquer en cas de débris flottants », explique Mario Quevillon, ingénieur agronome québécois.

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