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Le trèfle violet pour assurer qualité et volume

Pascal Maurice, éleveur à Brèches en Indre-et-Loire, a intégré le trèfle violet dans son système fourrager pour favoriser l’autonomie alimentaire de son troupeau.

Pascal Maurice a introduit le trèfle violet 
en pur et en association sur l’exploitation pour obtenir précocement dans l’année, des stocks 
de qualité.
Pascal Maurice a introduit le trèfle violet
en pur et en association sur l’exploitation pour obtenir précocement dans l’année, des stocks
de qualité.
© P. Maurice

« Dans le département, des problèmes de sécheresse peuvent apparaître dès le 15 juin. Or dans un système tel que le mien, basé sur l’herbe pâturée et récoltée, une année de sécheresse signifie absence de stocks. Je cherchais donc une solution pour assurer des stocks de qualité avant cette date. Pour répondre à cet objectif, introduire une légumineuse me paraissait judicieux », déclare Pascal Maurice, éleveur de 60 mères charolaises à Brèches en Indre-et-Loire. Les sols de l’exploitation étant hydromorphes et acides (pH 5 – 6), la luzerne a été d’emblée écartée. « J’ai donc fait un test avec du trèfle violet semé en même temps que du méteil. Précédemment, j’avais implanté une interculture derrière le méteil, mais après deux années d’échec, je n’ai pas continué. D’où les essais avec une légumineuse. »
Pascal Maurice a testé trois types différents de semis de fourragère dans le méteil. Il a d’abord implanté du trèfle pur à hauteur de 7 kilos par hectare, puis deux associations avec une graminée et une légumineuse : fétuque (20 kg/ha) – trèfle violet (5 – 6 kg/ha) et ray-grass hybride (10 kg/ha) – trèfle violet (5 – 6 kg/ha). « Ces trois expériences ont bien fonctionné. Seul petit bémol, le ray-grass hybride a absorbé l’azote fourni et s’est mieux développé que le méteil », poursuit l’éleveur. Son objectif est de récolter 10 tonnes de fourrage avant le 15 juin.

 

Un semis en une seule fois du mélange méteil et légumineuse

 

« L’introduction du trèfle violet dans le système de Pascal Maurice répondait également à un souci d’autonomie alimentaire et à la volonté de produire en hiver une ration de base à bonne valeur alimentaire, pour assurer la reproduction des femelles et la production de lait, les vaches vêlant tôt, de début août à mi-septembre », détaille Stéphane David, chargé de projets référent fourrages Indre-et-Loire.

L’exploitant prépare lui-même son mélange dans une bétonnière, constitué de triticale (100 kg/ha), de blé (60 kg/ha), de vesce (30 à 35 kg/ha) et de pois fourragers (10 – 12 kg/ha), auxquels s’ajoutent la légumineuse et la graminée selon les années. « Les graines du trèfle sont petites, je mets donc de l’huile, à raison d’un verre par hectare, pour qu’elles se collent aux grosses graines. Je sème le mélange, début octobre, avec un semoir à céréales, à la profondeur de la céréale, car le mélange est assez lourd 200 à 220 kilos », explique Pascal Maurice. L’éleveur réalise un apport de fumier (50 tonnes) avant de préparer le sol par un déchaumage, puis un labour et au besoin un passage de vibroculteur. Une fumure azotée de l’ordre de 60 à 70 unités est apportée au printemps pour le blé et le triticale.
« Ce mélange a bien fonctionné en année humide comme sèche. Il est constitué de variétés précoces pour récolter tôt. » Sur les sept dernières campagnes, le méteil a été fauché entre le 25 mai et le 15 juin. Selon les années, une récolte d’herbe est possible en septembre–octobre (à partir de 3 tonnes de MS). L’exploitation est effectuée soit en pâture pour les parcelles de fétuque-trèfle violet, soit en fauche pour celles avec le trèfle pur. Si une récolte n’est pas possible, un broyage d’entretien est réalisé afin de préparer la fauche du printemps suivant.
« En fonctionnant de cette manière, je gagne un an sur les prairies. Même si le trèfle est petit l’hiver, j’ai noté aucun accident climatique depuis sept ans. Je sème chaque année quatre hectares de ce mélange méteil-fourragère. Cette année, j’ai décidé de faire l’impasse, car à ce jour, je dispose de six mois de stocks d’avance, alors qu’il y a six ans j’étais à zéro. Ainsi, j’ai pu sécuriser mon système. Le fait d’implanter un méteil en même temps m’a permis également de ne plus utiliser de phytosanitaires, le méteil prenant la place des mauvaises herbes », poursuit Pascal Maurice.

Une ration des mères à 2,5 € par jour


Côté récolte, l’exploitant a fait le choix de l’enrubannage pour éviter les pertes de feuilles, avec un conditionnement en foin. Il a en plus l’avantage de limiter les pertes à la distribution et d’assouplir les tiges avec la fermentation. Les vaches le mangent bien. Les parcelles où le trèfle est associé à une graminée présentent deux atouts, éviter le risque de météorisation au pâturage et favoriser la récolte en enrubannage, car la teneur en azote importante du trèfle violet complique son enrubannage. « J’utilise depuis deux ans, la variété Trevvio de RAGT pour le trèfle. Il dispose d’une bonne productivité et sa pérennité est de trois ans. En général, trois coupes sont effectuées, quatre les bonnes années. » En moyenne, les rendements atteignent 7 à 8 tonnes de matière sèche pour le trèfle pur et l’association fétuque – trèfle. Les rendements avoisinent les 9 à 10 tonnes de MS pour le ray-grass hybride associé au trèfle. Les deux premières coupes sont récoltées avant l’été pour favoriser leur valeur alimentaire (voir tableau analyses). La première coupe a lieu entre le 20 avril et le 5 mai, la deuxième entre le 1er et le 15 juin.
« En réalisant des profils culturaux, on a pu observer une bonne activité biologique du sol. Le trèfle violet a un effet bénéfique sur la structure du sol favorisant le triticale qui vient derrière », précise Stéphane David.
L’enrubannage de trèfle violet est distribué aux mères du 15 octobre au 15 janvier à hauteur de 4 kilos de MS par jour, avec 6 kilos d’enrubannage de graminées, 6 kilos de foin et 2 kilos de triticale aplati. Ainsi, le coût alimentaire de la ration des vaches est de 2,5 €/jour dont 1,6 €/jour pour l’enrubannage, 0,6 €/jour pour le foin et 0,3 €/ jour pour le triticale.


SAU : 100 hectares dont 60 de prairies (4 ha de trèfle violet, 4 ha de ray-grass hybride–trèfle violet et 5 ha de fétuque–trèfle violet), 8 de féverole et 32 de triticale.

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