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Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

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Implantation du maïs
Le semis direct, dernière étape de la simplification

Le semis direct du maïs ne peut s´envisager qu´après une période de transition depuis un itinéraire avec labour. Le temps de réduire le travail du sol et de lui redonner vie.


L. Konrad Schreiber, de l´association BASE(1), l´affirme d´emblée, « le semis direct n´est pas immédiatement accessible à quelqu´un qui aurait jusque-là pratiqué des techniques de travail du sol traditionnelles ». Rappelons que le semis direct proprement dit consiste à inciser le sol, déposer la graine et refermer le sillon, sans plus de travail du sol, ni de fissuration. Pour cet agriculteur, il n´est pas possible de se convertir au semis direct du jour au lendemain. Il faut d´abord passer par une réflexion agronomique, pour redonner vie à son sol en favorisant une activité racinaire et biologique importante et en rétablissant la biodiversité. Pour cela, le sol doit être nourri avec de la matière organique (résidus de récolte, couverts végétaux) et couvert de manière permanente. « Comme on va progressivement supprimer le travail du sol, l´objectif est que celui-ci se structure et s´organise de manière naturelle alors que c´est la charrue qui habituellement crée la porosité nécessaire au développement des racines ».
La période de transition entre travail traditionnel et semis direct est d´environ cinq ans, pendant laquelle on allègera progressivement le travail du sol. Plus le sol d´origine est pauvre en matière organique, plus cette phase sera longue. Les sols en monoculture sont en général les plus longs à « remettre en route ».
Le maïs peut se développer dans un sol non travaillé, à condition que celui-ci soit vivant et structuré. ©D. R.

Des matériels pour une période de semis courte
« Le fonctionnement est le même dans une prairie assolée », précise Konrad Schreiber. « Pour pouvoir semer en direct dans la prairie, il faut attendre suffisamment longtemps (4 à 6 ans) pour que le sol se soit réorganisé biologiquement. Cette durée sera d´autant plus longue que le sol est compacté par le piétinement des vaches ».
La destruction des couverts avant un semis de maïs intervient généralement entre fin février et la deuxième quinzaine de mars. En situation sèche, une destruction précoce évitera que le couvert n´assèche le sol en absorbant trop d´eau. Une destruction chimique aura aussi moins tendance à assécher qu´une destruction mécanique qui évapore de l´eau du sol en détruisant la microporosité.

« A l´inverse », remarque l´agriculteur, « dans les régions où il y a beaucoup d´eau, on peut laisser le couvert jusqu´à fin mars, car il favorise l´infiltration de l´eau. Si le sol est encore humide lorsqu´il faut détruire le couvert, on va privilégier là encore une destruction chimique pour éviter la compaction lié au travail du sol ». Pour le semis proprement dit, il estime qu´un semoir monograine classique est généralement suffisant durant la phase de transition vers le semis direct, car on conserve un travail du sol superficiel.
« En semis direct, la phase optimale d´intervention est courte. Si on peut semer durant cette phase, un outil simple pourrait suffire, mais ce n´est pas toujours possible techniquement. En semant trop tôt, on risque de compacter la zone où l´on va déposer la graine et de ne pas pouvoir refermer le sillon. Trop tard, le sol est moins plastique, et il faut donc du poids pour pénétrer dans le sol. Dans les faits, il est tout de même moins pénalisant de semer en conditions sèches que de semer trop précocement ».
Des semoirs spéciaux sont proposés par les constructeurs, qui se différencient notamment par des chasse-débris pour dégager les lignes de semis, un poids plus important et des ressorts de pression plus gros.
« Le prix de ces semoirs spécifiques est certes plus élevé, mais il faut considérer que l´on peut semer plus d´hectares avec et qu´au total le coût de l´implantation n´est pas plus élevé car il y a moins de passages d´outils » affirme Konrad Schreiber.
Les semoirs spécifiques se différencient par des chasse-débris pour dégager les lignes de semis, un poids plus important et des ressorts de pression plus gros. ©J.-J. Biteau

Une approche différente pour la fertilisation azotée
Des agriculteurs s´essaient également à semer du maïs avec des semoirs à céréales pour semis direct comme l´Unidrill de Sulky. « On sort de l´idée qu´il faut semer à 75 cm, puisqu´il est possible de récolter le maïs ensilage quel que soit l´écartement. De plus, le problème de l´espacement des graines sur le rang n´en est pas vraiment un, car si on rapproche les lignes de semis, l´écart entre graines sur une même ligne est plus important et des irrégularités de positionnement ont donc moins de conséquences ».
Selon Konrad Schreiber, le type génétique du maïs joue aussi beaucoup pour la réussite de la culture en semis direct. « Nous ne pouvons pas identifier à priori les variétés les plus favorables. C´est pourquoi nous en avons testé beaucoup chez les agriculteurs pour établir des recommandations ».

Le semis direct impose également une approche différente en terme de fertilisation azotée. « En supprimant le travail du sol, on supprime la minéralisation de la matière organique et on accélère les processus de stockage en restituant les résidus de cultures. Dans le contexte français, on peut stoker jusqu´à 2,5 tonnes de carbone par ha chaque année et donc immobiliser 250 kg d´azote. Cela oblige donc a surfertiliser, de préférence en azote minéral qui est plus facilement disponible et favorisera la minéralisation de l´azote organique. Ce processus de réorganisation naturelle de la fertilité des sols dure environ vingt ans. Si la stratégie de semis direct est maintenue, on obtient alors des sols très fertiles capable de gérer de fortes précipitations (plus de 100 mm/heure). La baisse des apports azotés peut alors être envisagée ».
Le couvert a un effet à plus court terme sur la fourniture d´azote, qui pourra être totalement différent selon son taux de matière sèche lors de la destruction. « Un couvert avec une faible teneur en MS à la destruction (phacélie par exemple) va relarguer de l´azote alors qu´une moutarde gelée aura d´abord tendance à immobiliser de l´azote, ce qui le rendra indisponible pour le démarrage du maïs ».
L´azote nécessaire à la culture peut être apporté sous forme minérale ou organique. « Attention, dans le cas d´une année sèche comme 2005, l´azote organique n´aura pas suffisamment d´humidité pour minéraliser. Il ne sera libéré qu´à l´automne avec le retour des pluies, avec des risques de lessivage en cas de travail du sol important ».
Le strip-tilling consiste à dégager la ligne de semis avant de semer pour permettre au sol de se ressuyer et se réchauffer. ©D. R.

(1) Bretagne, Agriculture, Sol et Environnement.
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