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Congrès de la Fédération Nationale Bovine
Le prix, toujours le prix et encore le prix

Le prix des bovins finis a été au cœur des débats lors du dernier congrès de la Fédération Nationale Bovine. Faute d’obtenir des tarifs en phase avec les coûts de production, le « scénario du mouton » menace mais ne semble guère émouvoir les acteurs de l’aval.

Les producteurs de viande bovine ont une certaine capacité à faire le dos rond et à encaisser des passes difficiles, mais cette résilience a des limites. Après deux années de prix bas, en deçà de leurs couts de production -hormis certaines démarches qualité- certains se posent de sérieuses questions sur l’avenir du métier. Ils l’ont clairement exprimé à l’occasion du dernier congrès de la Fédération Nationale Bovine qui a eu lieu à Mende en Lozère les 5 et 6 février. Même si la tendance n’est pas identique sur l’ensemble du territoire français, les statistiques relatives à l’évolution numérique du cheptel et à l’âge de ses détenteurs sont tout simplement préoccupantes.

Le « scénario du mouton » menace. « Nous devons, tous, nous souvenir de ce qu’a traversé la filière ovine, il y a une quarantaine d’années : pour des raisons géopolitiques diverses, c’est la moitié du cheptel ovin et deux tiers des éleveurs français qui ont disparu en quelques années... Et depuis, ce sont seulement 40% des viandes ovines consommées, en France, qui sont produites sur notre territoire. » soulignait Bruno Dufayet, président de la Fédération Nationale Bovine. Et en sous-entendu de dire à l’attention des différents acteurs de l’aval mais également à Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture. Est-ce vraiment ce scénario que vous souhaitez pour l’élevage allaitant français ? Sans véritable remise en question des pratiques sur la façon dont se détermine le prix des animaux, il est bien évident que l’on en prend malheureusement le chemin !

Revoir le fonctionnement de l’interprofession

Dans les rangs des éleveurs, le fonctionnement de l’interprofession bovine agace. « Notre première proposition est une conclusion logique des Etats Généraux de l’Alimentation : revoir le fonctionnement de l’interprofession, pour aller vers un nouveau modèle de filière au sein duquel les acteurs qui partagent réellement une ambition commune pour notre secteur sur le plan économique, puissent avancer. » a expliqué Bruno Dufayet en soulignant à l’attention du ministre de l’agriculture présent à ses côtés: « lorsqu’il s’agit de prendre des décisions pour faire avancer notre secteur sur le plan économique, l’interprofession ne fonctionne pas. Pire encore, du fait de stratégies individuelles de certains acteurs, elle est aujourd’hui garante d’immobilisme. Son fonctionnement permet à ceux qui veulent bloquer toute évolution d’atteindre avec brio leur objectif. » Et de souligner la difficulté à trouver des accords entre les différentes familles d’Interbev. « Nous nous sommes retrouvés, pendant des mois, face à un mur sur une question pourtant très simple : celle portant sur la validation de la méthodologie de calcul de l’indicateur de nos coûts de production. Alors que nous devrions déjà parler montée en gamme, répartition de la valeur, ouverture de nouveaux marchés, ... nous avons été contraints de batailler pour faire, seulement, reconnaître cette méthode calcul, pourtant déjà utilisée par les services du Ministère au travers de l’Observatoire des Prix et des Marges. » En orateur avisé, sachant se mettre à l’écoute de son auditoire, Didier Guillaume s’est montré compréhensif à l’égard des éleveurs sur ces sujets en soulignant qu’il fallait avancer sur ce volet du prix des bovins. « Il faudra peut-être tordre le bras à certains. On essaiera de faire bouger la grande distribution. En expliquant au consommateur que s’il achète de la viande française à un juste prix, il faut que cela revienne dans les cours de ferme ! »

Dégager des volumes à l’export

Sans être véritablement nommé, le groupe Bigard a été accusé d’avoir aucune envie de développer ses parts de marché à l’exportation alors que cette possibilité est analysée par les éleveurs comme un moyen pour dégager des volumes et tendre les prix. « Nous ne pouvons pas demander à des acteurs qui ont, aujourd’hui, la main mise sur le marché français, de nous accompagner pour aller vendre ailleurs nos produits ! Tous les acteurs de la filière n’ont pas intérêt à aller vers l’export » s’agaçait Bruno Dufayet et d’expliquer en conséquence : « Nous devons donc regrouper uniquement ceux qui, aujourd’hui, ont intégré cet enjeu dans leur stratégie d’entreprise. Et nous devons repositionner les éleveurs au centre du dispositif. »

Sur ce volet de l’export, Didier Guillaume a rappelé le travail réalisé par l’Etat pour donner de nouvelles perspectives à la viande bovine française sur le marché chinois. « Mais votre filière n’est pas à la hauteur ! La Chine attend qu’on lui envoie du bœuf mais on ne l’a pas fait. Il n’y a pas que l’export, mais il y a quand même un travail à faire dans cette direction ? Notre marge de progression est immense. Sur l’export il faut mettre les bouchées doubles. »

Toujours sur ce volet du commerce extérieur, la seule véritable annonce faite par le Ministre à l’occasion de son déplacement en Lozère concernait les discussions avec le Mercosur pour la viande bovine. « La France a arrêté les discussions avec le Mercosur. Il n’y aura pas de signature d’accord. »

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