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Engraissement
Le premier mois sous bonne surveillance

Les futurs jeunes bovins sont confrontés au cours du premier mois d’engraissement à des risques importants. Sevrage, transport, allotements, changement d’alimentation, nouveau microbisme ambiant..., ils ont fort à faire.

© S.Bourgeois

Le démarrage des jeunes bovins présente beaucoup d’analogies avec une rentrée scolaire », illustre James Quentin de Capéval (EMC2), organisation de producteurs de Champagne-Ardennes. Prenez vingt-cinq enfants en bonne santé, à l’école ils sont confinés dans une classe et avec le stress, presque systématiquement, des rhumes se déclarent quelques jours plus tard.

Pour que le démarrage se passe au mieux, il est conseillé de rechercher des animaux ayant réalisé un certain niveau de croissance de la naissance à leur arrivée. Disposer d’un bâtiment de quarantaine est idéal. Des cases d’adaptation bien pensées qui permettent une contention facile des animaux feront sinon, très bien l’affaire. Et la transition alimentaire doit être menée dans le bon tempo, ni trop rapidement ni trop lentement. La prévention des maladies respiratoires repose d’abord sur une ventilation efficace et sans courant d’air. Une circulation naturelle de l’air, des bâtiments plutôt très ouverts et orientés sud-est sont à privilégier pour les jeunes bovins. « Avant de se poser des questions très techniques, on peut tester soi-même le confort du bâtiment en s’accroupissant dans les cases d’engraissement et en voyant si on y est bien », remarque James Quentin.

Le protocole sanitaire pratiqué dans un centre de tri ou à l’arrivée des broutards sur leur lieu d’engraissement est l’autre pilier de la prévention. Il comporte au minimum un ou des vaccin(s) et un traitement antiparasitaire. Ce protocole sanitaire est à adapter avec son vétéri- naire aux facteurs de risques propres à l’élevage. C’est de l’assurance que l’on s’offre. Son prix doit être en rapport avec les objectifs techniques et économiques de l’élevage.


Agir contre le stress, stimuler les défenses immunitaires



D’autres précautions peuvent être prises. À la station expérimentale d’Arvalis Institut du Végétal de Saint-Hilaire-en- Woëvre (Meuse) par exemple, les 210 broutards engraissés chaque année reçoivent dans l’eau à leur arrivée un précurseur de glucose (du propylène glycol) pendant 10 jours. « Ce dernier stimule l’appétit, donne un coup de fouet », explique Pascal Kardacz responsable technique d’Arvalis Institut du Végétal. L’ensemble revient à 5-6 euros par jeune bovin. Sanders Ouest conseille aussi de distribuer un précurseur de glucose pendant quelques jours à l’arrivée des broutards chez les engraisseurs spécia- lisés. « On s’est rendu compte qu’après le stress du transport, les animaux sont souvent en hypoglycémie. On apporte également un cocktail d’extraits de plantes et de vitamines en préventif, pour renforcer les défenses immunitaires des broutards les premiers jours », explique Pascal Cousin, responsable technique rumi- nant chez Sanders Ouest. Une spécialité nutritionnelle pour limiter le recours aux antibiotiques L’organisation de producteurs Capéval teste depuis plusieurs années une spécia- lité nutritionnelle, association de vita- mines, oligo-éléments et de certains extraits végétaux. « Les résultats sont très encourageants. C’est pour nous un bon moyen de limiter le recours aux antibio- tiques », estime James Quentin.


Le principe de l’antibio-prévention — traitement préventif mis en place systématiquement dès l’arrivée des animaux dans l’élevage, en l’absence d’expression clinique de la maladie — est susceptible de déclencher de fortes réactions de la part des consommateurs. Il n’est d’ailleurs pas exclu que cette pratique fasse l’objet un jour d’une réglementation spécifique. Difficile pour autant aujourd’hui de faire totalement sans, faute d’alternative technique. Dans le cadre du Plan national de lutte contre l’émergence et la transmission de l’antibiorésistance, pour les jeunes bovins, il est préconisé de privilégier le développement de la stratégie vaccinale et la pratique d’une analyse des risques.


« Pour une meilleure utilisation des antibiotiques dans les ateliers d’engraissement, la position à tenir est qu’on utilise l’antibiothérapie parce que les animaux sont effectivement malades ou bien parce que l’on a fait une évaluation objective des risques qui permet de prendre la décision de traiter les animaux », expli- quait Dr Edouard Timsit, de l’université de Calgary, intervenant lors des rencontres MSD Santé animale/organisations de producteurs organisées par le laboratoire en juin 2012.


Sur le site d’Arvalis de Saint-Hilaire en Woëvre, il est envisagé à partir d’une importante base de données de relevés de températures, d’identifier les facteurs de risques pour élaborer un outil d’aide à la décision. Date d’entrée des animaux, race, lieu de naissance, croissance réalisée par jour de vie, délai entre le départ de l’exploitation et l’arrivée en engraissement, GMQ en cours d’engrais- sement seront étudiés et croisés. « L’avenir est à l’amélioration du conditionnement des animaux dès avant le sevrage pour réduire le stress et améliorer leurs défenses immunitaires », estime Dr Edouard Timsit.



Dossier

Au Gaec des Landelles en Loire atlantique, une quarantaine conçue pour mimiter les risques p.26

Au Gaec Saint Lius en Isère, une organisation avec marche en avant p.30

Des idées pour des cases d'adaptation p.31

Détecter tôt les maladies respiratoires en suivant la température corporelle p.32

Une transition alimentaire ni trop rapide, ni trop lente p.36

A la SCEA Bourneuf dans la Sarthe, une conduite simplifiée et efficace p.38

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