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Le mash a le vent en poupe pour l´alimentation des bovins

Parce qu´ils sont pratiques pour de petits lots d´animaux, ou trouvés à des tarifs raisonnables quand le choix d´une ration sèche a déjà été fait, ou encore parce qu´ils sont bien valorisés par les animaux à forte capacité d´ingestion, les mash sont plébiscités par les éleveurs.


Le mash se définit comme un mélange de matières premières en l´état, dont les composants sont en principe identifiables à l´oeil. Certains composants peuvent se présenter sous forme de noyaux (granulés ou bouchons). Le mash a d´abord été une réponse au déficit de confiance envers le secteur de l´alimentation animale qu´ont traversé les éleveurs au moment de la crise de l´ESB. Depuis, le mash a convaincu de très nombreux éleveurs en particulier pour sa promesse de qualité des matières premières.
Sur le marché, qui est aujourd´hui très large entre le négoce de matières premières et les fabricants d´aliments composés, on trouve deux ou trois types de produits sous la dénomination mash. « Les mash destructurés sont un mélange de matières premières en l´état sans effort de présentation particulière, pouvant comporter des éléments de tailles différentes.

Les mash structurés contiennent un certain nombre de matières premières en l´état et aussi des noyaux, qui assurent un équilibre et une homogénéité de la formule », explique Thierry Aubert de la firme-service CCPA. Différents ingrédients entrent dans la formule selon les firmes et selon les cours et la disponibilité des matières premières. Le nombre d´ingrédients peut aller de quatre à une bonne dizaine voire quinzaine en gamme viande. Les formules avec reprise et traitement des céréales produites par l´éleveur sont très accrocheuses.
La fabrication des mash n´est pas plus simple et finalement pas moins coûteuse que celle des granulés ou des bouchons. Pour obtenir un mélange homogène et stable, avec des matières premières de densité forcément différente, il faut un certain savoir-faire en formulation.

Certains équipements spécifiques sont aussi nécessaires, à la fois lors de la fabrication du mash en usine et lors de la livraison. Selon l´entreprise, les mash peuvent être fabriqués à la carte pour chaque lot d´animaux en fonction de leur type génétique, de l´objectif de croissance, ou bien proposés à partir de formules figées. « Nous faisons des formules à la carte à partir de vingt-cinq matières premières nobles », explique Armand Lagrost, directeur des Ets Lagrost (Saône-et-Loire) spécialisé depuis une dizaine d´années dans ce type d´aliments pour les races à viande. Cette entreprise travaille en HACCP et avec une usine certifiée Iso 9001 (50 000 t en 2005). « Le mash ne conviendra pas à un éleveur qui veut toujours que l´aliment ait la même couleur et la même présentation. »
Les mash trouvent leur meilleure valorisation dans le cadre de rations sèches.©S. Bourgeois

A privilégier pour animaux à forte capacité d´ingestion
En Vendée chez SPS négoce aussi (26 000 t de mash), le choix des matières premières est assez figé. « Le mash, c´est un métier à part entière. Il faut maîtriser le choix des matières premières, la formulation, le process de fabrication et surtout le conseil d´utilisation sur le terrain », explique Olivier Breau. « Nous avons une usine agréée et la fabrication de mash est certifiée Iso 9001. »
C´est dans le cadre de rations sèches que les mash, avec de la paille à volonté, trouvent leur meilleure valorisation. Comme pour les rations sèches en général, ce concept peut se révèler intéressant économiquement si l´autonomie fourragère n´est pas atteinte et/ou pour permettre de diminuer le temps de travail avec moins de fourrage à récolter et une distribution simplifiée. Il faut comparer avec le coût des fourrages produits sur l´exploitation et les performances zootechniques qu´ils permettent. « Plus la quantité d´aliment consommée est importante, plus les mash tirent leur épingle du jeu par rapport à d´autres rations sèches », analyse Olivier Breau de SPS Négoce.

D´après ce spécialiste, le fait que la structure physique des matières premières soit intacte donne un plus pour leur valorisation alimentaire.
« D´après nos essais sur vaches et génisses à l´engraissement, les mash complets, distribués avec de la paille à volonté, ont une efficacité alimentaire améliorée de 5 à 10 % par rapport à une même formule présentée en granulés. C´est aussi le cas pour des taureaux reproducteurs en préparation de concours », indique Thierry Aubert, de la firme-service CCPA. Globalement, la consommation est supérieure mais avec une vitesse de croissance améliorée, le bilan est positif sur le critère de l´indice de consommation. Il a été observé que les animaux étalaient davantage sur la journée leur consommation, par rapport à une présentation sous forme de granulés, ce qui semble participer à un meilleur équilibre ruminal. Pour les animaux à capacité d´ingestion plus réduite, l´intérêt nutritionnel des mash n´est pas évident.

C´est sur l´équilibre de la formule que se joue la maîtrise du bon fonctionnement du rumen et des granulés de qualité permettent d´atteindre cet objectif. « Avec une distribution au nourrisseur, il peut y avoir un gaspillage assez important dû à la formation de fine dans le fond de la trémie. Le mash est moins adapté à ce mode de distribution que le granulé », estime aussi Thierry Aubert. Les mash fibreux sont volumineux et il faut prévoir la place nécessaire pour leur stockage.
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