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Le croisement toujours incontournable en Irlande

Au dernier Simagena, les organisateurs avaient mis en place un concours interrace - pratique courante dans les pays anglo-saxons. L'occasion pour la juge irlandaise Rose Goulding de rappeler les points forts des races allaitantes françaises utilisées en Irlande, principalement en croisement.

La plupart des troupeaux irlandais sont de robe bariolée trahissant l’utilisation de différentes races avec souvent une souche basse composée à l’origine d’animaux de races laitières.
La plupart des troupeaux irlandais sont de robe bariolée trahissant l’utilisation de différentes races avec souvent une souche basse composée à l’origine d’animaux de races laitières.
© C. Delisle

Le jugement du concours interrace organisé au Simagena pour faire rivaliser entre eux les champions du salon, était confié à Rose Goulding, vétérinaire et directrice des programmes relatifs aux races à viande dans le principal centre d’insémination irlandais. Après avoir mis en avant un taureau limousin et une génisse salers sur le podium, elle a précisé les points forts de chacune des races françaises et a brièvement expliqué comment les éleveurs irlandais les utilisaient. « En Irlande, nous avons 1,01 million de femelles allaitantes et 90 % de notre production de viande bovine est exportée. Au sein du troupeau allaitant irlandais, il n’y a guère plus de 50 000 vaches élevées en race pure », précisait Rose Goulding. Les plus importants noyaux en base de sélection concernent dans l’ordre la Limousine, la Charolaise, l’Angus, la Salers, la Blonde et l’Aubrac. Ils servent à produire des animaux qui seront utilisés en croisement sur les troupeaux « commerciaux ». Lesquels sont presque exclusivement composés d’animaux croisés. Ils confèrent un côté assez bariolé à la plupart des cheptels qui entendent maximiser l’effet d’hétérosis tout en cherchant à associer les atouts des différentes races pour répondre au mieux à la demande des marchés. « Il y a environ 25 ans que nous avons des Blondes d’Aquitaine en Irlande. Elles sont appréciées pour le poids et le rendement de leurs carcasses. On utilise fréquemment un taureau Blanc Bleu ou Limousin très formé sur des Blondes ou croisées blondes pour avoir des broutards à la fois fins et très éclatés qui seront bien valorisés sur le marché Italien. »

 

Des troupeaux comptant entre 12 et 15 vaches

Rose Goulding a donné brièvement son appréciation sur les principaux points forts des autres races à viande française. « Il y a 50 ans que les premiers Charolais sont arrivés en Irlande. On les apprécie beaucoup pour leur calme et leur docilité. La Limousine est actuellement la race allaitante la plus utilisée. Un tiers des bovins irlandais ont pour père un taureau limousin. Les points forts de la Salers sont ses qualités maternelles et sa faculté à faire naître des veaux légers. On l’apprécie aussi pour ses bassins et la longévité de ses reproductrices. L’intérêt de l’Aubrac est sa rusticité et sa fertilité. La qualité de ses onglons et de ses aplombs lui permet de marcher sur de grandes distances tout en étant bien adaptée aux bâtiments sur caillebotis. »

Elle rappelle également que la particularité du troupeau allaitant irlandais est aussi liée à la dimension réduite de la plupart des cheptels. Le nombre moyen de femelles par troupeau est généralement compris entre 12 et 15 vaches détenues par des double actifs. Cette dimension favorise le recours à l’IA avec une attention particulière pour le critère facilité de vêlage dans le choix des reproducteurs dans la mesure où les éleveurs n’ont guère de temps à consacrer à la surveillance de leurs animaux. « En Irlande, environ 25 % des mises à la reproduction se font par IA au sein des troupeaux « commerciaux ». Cette proportion passe à 70 % pour ceux conduits en race pure. »

Rose Goulding, vétérinaire irlandaise

« Le caractère sans corne est un atout supplémentaire à condition qu’il soit présent sur des animaux dont la morphologie et le potentiel génétique soient en phase avec ce qui est recherché pour une race donnée. »

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