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Fièvre catarrhale
La vaccination semble être la seule solution

La vaccination contre la fièvre catarrhale est actuellement le seul moyen de lutte contre la maladie. Fin mai, un compromis clarifiant le rôle des vétérinaires et des éleveurs a été trouvé pour la réaliser dans un climat plus serein.

Depuis l’automne, tout le monde attend la vaccination contre la fièvre catarrhale avec l’espoir de retrouver un peu de sérénité dans cette crise sanitaire. Car, dans l’état actuel des connaissances, c’est la seule solution pour se protéger des effets de la maladie et espérer l’éradiquer d’ici quelques années. Tout ce que la France compte d’organisations d’élevage l’a dit et répété: «il faut vacciner massivement». D’autant que tous les experts s’attendent à une reprise violente de la maladie, particulièrement dans les zones peu touchées l’an passé. Quelque quinze millions de bovins pourront être protégés contre le sérotype 8 avec le vaccin Intervet d’ici à la fin de l’été en attendant une couverture totale à partir de l’automne prochain et la vaccination obligatoire. Les livraisons plus importantes que prévues ont permis d’avancer le calendrier de trois semaines et les doses destinées aux broutards seront doublées en juin. Fin mai,la vaccination du cheptel reproducteur était bien avancée dans les seize départements du Nord-Est qui ont reçu les doses vers le 20 avril. La première injection était terminée un peu partout. «Il est trop tôt pour dire si ça a bien fonctionné ou pas», estimait Daniel Favier, directeur du GDS des Ardennes, à l’instar de la plupart de ses collègues. Le GDS de la Meuse espérait une couverture de 75 % pour les vaches laitières, et au mieux de 50% pour les allaitantes. Si les éleveurs laitiers semblent avoir bien répondu à l’appel, on craignait en effet dans ces départements que les éleveurs allaitants soient moins enclins à vacciner. Sans doute découragés par la difficulté de rassembler des animaux déjà à l’herbe. Dans ces départements, on signale aussi des taux de couverture plus faible dans les secteurs moins touchés par la maladie l’an dernier. Certains ont peut-être été dissuadés aussi par les rumeurs insistantes sur de supposés risques ou incidents liés à la vaccination. Frédéric Wolff, vétérinaire conseil au GDS du Nord, s’en irrite: «Quand on essaie de faire circuler de l’information objective, transparente, argumentée, on a du mal à la faire passer. Par contre, le moindre bruit, sorti par n’importe quel ‘gugusse’ qui n’y connaît rien, circule de manière incroyable.» «Nous essayons de casser le plus vite possible les rumeurs, parfois hallucinantes», assure de son côté Daniel Parizot, directeur du GDS du Cher. On cite également, ici ou là, des vétérinaires «frileux» face à la vaccination,craignant sans doute de voir leur responsabilité en jeu si pépin il y avait.

Des retours sans équivoque

Or, les premiers retours des départements du Nord-Est sont sans équivoque. «Je n’ai eu vent de rien sur notre département», atteste Frédéric Wolff. Marc Rouméas, directeur du GDS de l’Allier,a interrogé quelques collègues du Nord-Est: «Sur 300000 animaux vaccinés, nous n’avons eu connaissance que de deux avortements, c’est insignifiant et encore on ne peut pas les imputer directe- ment à l’acte de vaccination.A partir du moment où on manipule des animaux, le risque zéro n’existe pas.» Bref,ce vaccin ne présente pas plus de risque que n’importe quel autre vaccin. «Les éventuels effets secondaires du vaccin seront de toute façon bien moins grave que ce que le virus sauvage peut provoquer», argumente dans une note d’information le GDS du Cher. «Quelques animaux peuvent avoir des réactions fébriles assez classiques en période post-vaccinale, mais quand on vaccine dans un milieu dans lequel le virus circule, il faut faire attention de ne pas confondre d’éventuels effets secondaires du vaccin avec une véritable infection, prévient Nadine Ravinet, vétérinaire conseil de ce même GDS. Si l’animal est infecté avant le délai d’installation de l’immunité, qui est de trois semaines après la seconde injection, il peut exprimer des signes cliniques liés à cette infection et non au vaccin.» Dans la majorité des départements qui ont démarré la protection du cheptel reproducteur en avril ou mai,le débat sur la possibilité accordée ou non aux éleveurs de vacciner n’a pas eu le temps de trop s’exa- cerber. Conformément aux directives de leur profession, les vétérinaires ont refusé de délivrer le vaccin aux éleveurs qui l’ont demandé.«Nous n’avons pas voulu rentrer dans ce débat. L’urgence n’était pas de savoir qui allait vacciner mais de vacciner, poursuit Marc Rouméas. Lors de la réunion avec le préfet, les vétérinaires se sont engagés à réaliser la vaccination en temps et en heure. Il n’y avait donc pas de raison de dire aux éleveurs: ‘vous allez vacciner’. Aujourd’hui, nous observons que les cabinets vétérinaires, dans leur grande majorité, se sont orga- nisés et répondent aux besoins des éleveurs. Les uns comme les autres ont une bonne réactivité sur le plan pratique et ça va très vite.»

Des tarifs très variables

Sujet épineux s’il en est: la tarification de la vaccination. Les départements ont réuni les commissions bipartites afin de fixer le tarif pour les broutards soumis à vaccination obligatoire. Beaucoup estiment que la majorité des vétérinaires appliqueront sans doute ce tarif pour les autres animaux également. Lorsque les accords n’ont pu être trouvés, c’est le préfet qui s’en est mêlé. D’un bout à l’autre de la France,on voit tous les cas de figure, mais le tarif prévoit généralement un prix de visite et un prix pour l’injection, auxquels s’ajoutent des frais kilométriques. Le prix de la visite varie d’une quinzaine d’euros à plus de trente tandis que l’injection sera facturée entre 1,40 euro (Aveyron, Haute-Vienne) et 2,50 euros (Nord). Certains tiennent compte du mode de contention. Le Cher a tarifié la vaccination au temps passé : 75,90 euros par heure (même prix que l’IBR) 

Tous les textes réglementaires peuvent être retrouvés sur le site Internet du ministère de l’Agriculture à l’adresse : http://agriculture. gouv.fr/. Cliquer ensuite sur la rubrique «FCO». Plusieurs GDS ont ouvert des sites avec une rubrique dédiée à la FCO. Parmi les plus réactifs sur l’actualité, ceux de Bourgogne (www.gdsbour- gogne.fr/), du Cher (www.gds18.org/) et de l’Isère (www.gds38.asso.fr/). Un site national créé par plusieurs organismes d’élevage (www.fcoinfo.fr/) reprend des informations techniques etr églementaires. A consulter aussi, le site scientifique du Cirad (http://bluetongue. cirad.fr/).

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