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Relations amont aval
La nécessaire répercussion de la hausse des charges

Pour éviter que le déficit européen en viande bovine ne s’accroisse, aucun maillon de la chaîne de production ne doit être oublié dans la répartition des marges. Tel est l’un des messages délivré à une table ronde organisée lors de l’assemblée générale d’Elvea France

Toutes les études le confirment. Si on fait exception des possibles petits sursauts ponctuels de production, l’Europe semble s’enfoncer durablement dans un déficit de production de viande bovine. 545 000 tonnes ont été importées l’an dernier des pays tiers pour pallier aux insuffisances de production de l’ensemble des 27 pays composant l’Union européenne. Qui plus est, la menace d’un accord mal négocié à l’OMC et la perspective de voir une attribution des aides compensatoires de la PAC orientées vers toujours plus de découplage suscitent moult inquiétudes.

Si on s’en tient aux propos tenus à l’occasion de la dernière assemblée générale d’Elvea : Eleveurs et Acheteurs associés, (NDLR la nouvelle dénomination de la section des éleveurs en association de la Fédération nationale bovine), abatteurs et négociants se prononcent sans restriction aux côtés des éleveurs pour un maintien du couplage de la Prime au maintien du troupeau de vache allaitante. « Tant que l’on aura du produit, on évitera le scénario de la peau de chagrin et on évitera la comparaison avec le secteur de l’élevage ovin », précisait Gérard Poyer, président de la Fédération française des commerçants en bestiaux.

INQUIÉTUDES SUR L’ENGRAISSEMENT

« Mais nous avons aussi des inquiétudes par rapport à l’engraissement », ajoutait Dominique Guineheux pour le groupe d’abattage Bigard. « Aujourd’hui Bigard représente 30 % de l’abattage national. Chaque semaine, il nous faut 19 000 à 21000 bovins pour approvisionner nos 17 outils d’abattage. » Et ce dernier de souligner que le groupe Bigard allait mettre en route en début d’automne un nouvel abattoir dans le nord de la France. « 70 % de notre approvisionnement est le fait des négociants en bestiaux. Nous croyons à votre principe d’organisation, mais vous n’êtes pas allés assez loin. Il y a encore beaucoup d’éleveurs qui ne font partie d’aucune organisation économique de producteurs. Or nous avons besoin d’anticiper le marché et les volumes qui vont nous arriver. » Et Dominique Guineheux de prendre en exemple le surplus de production de Jeunes bovins du premier semestre 2007 et à l’inverse le déficit de laitières de réforme suite aux rallonges de quota laitier. « Je pense que l’on a aujourd’hui des moyens informatiques qui doivent nous permettre d’anticiper les dates de sortie de ces animaux. » Le représentant du groupe Bigard s’est aussi interrogé sur les possibilités de partenariat entre les associations situées dans les zones de naissage et celles situées dans des régions plus favorables à l’engraissement. « Pourquoi ne pas imaginer ensemble un travail complémentaire pour favoriser le développement de la finition des animaux ». « Produire des animaux gras c’est une chose, mais à quel prix et dans quelles conditions? », a rappelé Jean-Michel Morel, président de l’Association d’éleveurs de Saôneet- Loire. Certes les abatteurs ont besoin de volumes pour faire tourner leurs outils et approvisionner leurs clients, mais les éleveurs doivent aussi de leur côté faire face à la récente hausse des coûts de production. Elle doit se traduire par une hausse du prix d’achat des animaux finis. Et les éleveurs de souligner que si le secteur de l’abattage n’est pas en mesure de répercuter cette hausse des coûts de production à ses clients finaux, les volumes d’animaux gras issus des ateliers français vont forcément progressivement s’étioler. « Je suis content d’entendre dans la bouche du représentant du groupe Bigard les mots partenariat et anticipation. Je vous dit chiche, mais il faudra un peu de transparence », précisait Bernard Joly, éleveur en Saône-et-Loire. Et de relater sa récente discussion avec un engraisseur alsacien. « Sur des babys vendus en mai, il a gagné un peu d’argent uniquement parce qu’il a travaillé à partir de broutards nés en Bourgogne achetés 1,85 € du kilo en septembre-octobre 2007 quand l’Italie était fermée aux animaux de ce département.On ne peut pas concevoir de fonctionner à de tels tarifs. Si le naisseur doit crever pour que l’engraisseur gagne sa vie, ça ne peut pas fonctionner bien longtemps.Vous nous avez dit tout à l’heure qu’il vous faut 19000 têtes par semaine. Payez-les à leur juste prix et on va vous les trouver! »

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