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La MSA fait face aux situations d’urgence et s’attaque à la prévention

Pour répérer et accompagner les personnes en situation de fragilité, la MSA a mis en place  le service « agri’écoute » et des cellules pluridisciplinaires. Des actions de prévention vont se développer maintenant en s’appuyant sur le thème du travail.

Des cellules pluridiscipinaires de prévention ont été mises en place par la MSA à partir de 2011. C’est l’une des actions du plan de prévention du suicide agricole, lancé par Bruno Le Maire. Ces cellules, qui sont aujourd’hui présentes dans chaque caisse, ont pour objectif d’apporter une écoute immédiate, de proposer un réseau d’aides et d’orienter les personnes en difficulté. « En 2014, 966 situations de fragilisation ont été accompagnées. Dans 31 % des cas, il s’agissait de situations urgentes et graves », selon la MSA. Ces cellules sont composées de travailleurs sociaux, médecins du travail, conseillers de la santé et sécurité au travail, et personnel des services de santé ou des services « techniques » (cotisations, prestations,..). L’agriculteur qui souffre ou toute personne de son entourage (les proches, les intervenants dans l’exploitation…) peuvent aussi solliciter à leur initiative la cellule pluridisciplinaire de prévention. « La cellule analyse la situation et met en place un plan d’action avec les organismes adaptés, pour que les personnes qui ont besoin d’aide retrouvent la confiance en elles, leur personnalité, et puis leur force de travail », explique Mathias Tourne, conseiller national en prévention des risques professionnels à la caisse centrale de la MSA. Des séances avec un psychiatre ou un psychothérapeute peuvent être prises en charge par la MSA.

Autre mesure du plan de prévention du suicide agricole, le service téléphonique Agri’écoute a été mis en place fin 2014. Il permet à tout instant une écoute empathique de la part de bénévoles formés aux situations d’urgence, en partenariat avec les associations SOS Amitié et SOS Suicide Phénix. « Au premier semestre 2015, on recense en moyenne une centaine d’appels par mois », précise la MSA. D’autre part, des réunions d’information sur la prévention du suicide sont organisées un peu partout en France à l’initiative de chaque caisse. Elles permettent d’aborder la détection de situations à risque (comment repérer la crise suicidaire), et apportent des conseils sur le comportement à adopter face à cette situation.

La MSA entame par ailleurs pour la période 2016-2020 une action importante tournée vers la prévention primaire, pour combattre le mal à la source, dénommée « Et si on parlait du travail ? ». « Il s’agit maintenant d’agir davantage en amont par rapport aux mesures du plan suicide », explique Mathias Tourne. « Nous amenons les agriculteurs à faire le lien entre le travail et la santé, non pas au au sens de l’absence de maladie mais au sens du bien-être dans sa tête et dans son corps, qui permet d’être à même de gérer correctement son entreprise. » À partir de la projection d’un film qui ouvre à la discussion, les agriculteurs sont amenés progressivement à réfléchir à leur fonctionnement au travail et puis à élargir à leur équilibre de vie. La MSA a également pour objectif pour les prochaines années de poursuivre la sensibilisation aux risques psycho-sociaux.

Des chiffres validés par la MSA et l'INVS

Le plan de prévention du suicide de la MSA avait parmi ses objectifs d’établir des données fiables sur le suicide des agriculteurs, en croisant plusieurs sources d’informations. En effet, beaucoup de chiffres assez alarmants circulaient sans qu’il soit vraiment possible de vérifier leur validité. Le partenariat avec l’INVS (Institut national de veille sanitaire) et la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole a permis d'obtenir des données fiables sur les années 2007 à 2009 : 417 suicides chez les hommes et 68 chez les femmes ont été enregistrés. Une surmortalité significative par rapport aux autres catégories professionnelles a été mise en évidence. « L’excès est notamment marqué chez les hommes entre 45 et 64 ans, et plus particulièrement dans les filières d’élevage bovins lait et bovins viande. Ces années observées coïncident avec les problèmes financiers rencontrés dans ces secteurs. » Le suicide était, sur ces trois années, la troisième cause de décès chez les agriculteurs exploitants, après les décès par cancer et par maladies cardio-vasculaires. La publication des chiffres pour les années 2010 et 2011 est attendue pour le début de l’année 2016. Il est ensuite prévu une mise à jour annuelle ainsi que des chiffres concernant les salariés agricoles.

À savoir
Agri’écoute : 09 69 39 29 19, 24h/24 et 7j/7 (prix d’un appel local).
Cellule pluridisciplinaire de prévention : le numéro de téléphone se trouve dans la page « contact » du site internet de chaque caisse de la MSA.
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