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Alimentation
La méthode Obsalim® pour comprendre comment les rations fonctionnent

Mise en oeuvre par des vétérinaires regroupés autour du concepteur le Dr Bruno Giboudeau, Obsalim® propose une approche clinique de l’alimentation : elle repose sur l’observation directe des manifestations chez les animaux.

Quinze ans de travail de terrain ont permis de constituer un répertoire des messages exprimés par les animaux en rapport avec leur alimentation. La méthode ne se résume pas au classique examen des bouses. Celui des muqueuses de l’oeil et du nez, de la peau et des poils se révèle tout aussi instructif. Au total 142 signes ont été définis ! Ils sont réunis dans un livre réédité en 2005(1). Un jeu de cartes, pratique pour une utilisation sur le terrain, présente les 61 symptômes les plus fréquents. Ce répertoire permet de recouper les différentes observations pour affiner leur interprétation. Les signes s’expliquent de façon pragmatique par un phénomène physiologique. Par exemple le poil ondule en lien avec une carence protéique, si le poil est hérissé au-dessus de la moelle épinière, c’est parce que la peau se relâche car la vache maigrit rapidement, une zone de léchage sur l’épaule est liée à une douleur digestive… « Obsalim a la particularité de prendre en compte quatre niveaux d’analyse », explique Dr Bruno Giboudeau. « Il y a la ration calculée, la ration distribuée, la ration ingérée et puis la ration assimilée. » En effet une ration même parfaitement calculée par l’approche classique ne fonctionne que très rarement à 100 %.

Stabilité ruminale

La méthode Obsalim permet d’explorer des pistes à ces différents niveaux pour améliorer la situation, qui peuvent passer par la conception des bâtiments, l’organisation des lots d’animaux, voire la génétique, et en particulier par l’organisation de la distribution de la ration. Contrairement à l’approche classique qui construit une ration pour 24 heures, la méthode Obsalim permet en effet d’évaluer « la façon dont le rumen est rempli. » La stabilité ruminale se définit par la régularité de son fonctionnement, pour son équilibre acido-basique et son approvisionnement. Pour un bon fonctionnement, l’alimentation doit assurer au rumen un tapis fibreux qui ralentit le transit des concentrés et/ou fourrages riches en azote ou en énergie. Il s’agit donc de jongler entre rumination et production en faisant un assemblage des différents aliments mais aussi en agissant sur l’organisation des repas. « Les éleveurs savent que ce critère est très important, mais peu d’entre eux en tiennent vraiment compte dans leurs pratiques. » Ouvrir l’oeil c’est bien, mais encore faut-il l’avoir à la fois neuf et averti. Ce n’est pas toujours facile à faire chez soi et tout seul. Des formations sont organisées un peu partout en France. Elles privilégient les visites de terrain en groupe d’éleveurs, avec un animateur vétérinaire formé à la méthode. D’abord, les éleveurs sont invités à observer globalement le troupeau sans le déranger, de loin. « Un troupeau peut être homogène quant à son état d’engraissement et sa propreté, la vitalité des vaches. Par contre un troupeau hétérogène montre l’inadapation à la conduite voire la souffrance de certains individus. » L’observation de la propreté de la robe permet une orientation entre les différentes origines possibles de problèmes. Si une vache est sale sur le dessus, il s’agit d’un problème d’ambiance dans le bâtiment : la condensation et la poussière se collent sur son dos. Si elle est sale sur le derrière, c’est qu’elle se couche sur des zones sales ou inadaptées et donc soit elle est mal intégrée au groupe, soit la conception du bâtiment fait défaut. Une vache sale sur le devant, zone de transpiration et d’élimination, a un problème de fonctionnement interne : rumen, foie, ou rein. Enfin si une vache est sale sur le dessous même en cas de paillage suffisant, c’est qu’elle a des bouses molles, c’est-à-dire un transit trop rapide. Ensuite sont recherchés les symptômes alimentaires définis par la méthode. Pour être significatif, un signe réactif doit concerner au moins 70 % des animaux d’un lot.

Pour tous les systèmes d'élevage

« La méthode fonctionne avec tous les systèmes d’élevage et toutes les façons de faire. C’est un outil qui permet de dégager des solutions possibles, que les éleveurs peuvent ensuite s’approprier selon leurs besoins et leurs envies. Nous sommes très ouverts sur ce point », explique Dr Bruno Giboudeau. Cinq étapes permettent de définir un ou des réglages alimentaires. D’abord le diagnostic précise les carences ou excès pour les sept paramètres d’analyse de la ration : énergie fermentescible, énergie globale (restituée à l’animal), azote fermentaire (part dégradable dans le rumen), azote globale (restituée au métabolisme de l’animal), fibres fines (fermentescibles), et fibres de structure (à action mécanique pour la salivation et la vitesse d’ingestion) et enfin la stabilité ruminale. Vient ensuite l’étape de connaissance des aliments: l’ordre d’ingestion, les quantités ingérées, les vitesses de fermentation… Ensuite les objectifs techniques, économiques et d’organisation de l’éleveur sont identifiés. Puis le réglage alimentaire peut être formulé en fonction de ces objectifs, des animaux et des aliments en stock ou disponibles.Un réglage alimentaire est alors mis en oeuvre, la réponse des vaches qui peut se manisfester très rapidement, parfois dès le lendemain, est attendue. L’éleveur juge alors si la modification est rentable en terme de santé des animaux ou de production. L’alimentation minérale n’est pas traitée par la méthode Obsalim (elle peut est abordée par des analyses de poils, de lait, de sang). Bruno Giboudeau travaille d’autre part sur le parasitisme.

contact et information : www.obsalim.com

Avis d'éleveurs

Vivien Grandin, éleveur de Charolaises à Montravers (Deux-Sèvres) : « une méthode géniale pour comprendre comment valoriser les aliments » 

« J’ai découvert la méthode Obsalim avec mon groupe de développement d’éleveurs adhérents au Civam du Haut Bocage. Nous avons découvert la méthode en 2004 et continuons à nous former. La méthode peut rebuter un peu au début à cause du nombre d’observations à discriminer. Mais on arrive très bien à s’y retrouver et l’approche est très rationnelle. J’ai été surtout impressionné par tout ce qu’il me restait à apprendre sur l’alimentation et en particulier sur le fonctionnement du rumen. J’élève des Charolaises, une race dont le rumen se trouve être plus difficile à caler que celui de Blondes ou Parthenaises par exemple, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Je comprends maintenant beaucoup mieux comment valoriser les aliments dont je dispose, par exemple pourquoi avec tel foin le transit des vaches est trop rapide… et j’en suis arrivé aussi à mettre en place sur mes prairies des mélanges de luzerne associée à du dactyle et de la fétuque pour disposer d’un foin plus piquant."

 

Jean Tricot, éleveur de Blondes à St-Amand-sur-sèvre (Deux-Sèvres) : « développer le feeling et retrouver le plaisir du pansage » 

« Je découvre la méthode Obsalim dans le cadre d’une formation organisée avec le Civam du Haut Bocage. C’est une méthode pratique, que je trouve de ce fait facile d’accès. On réapprend à voir les animaux, cela fait ressortir notre feeling d’éleveur et nous amène à réfléchir à la façon dont on travaille. Je fais un lien assez direct avec le bien-être des animaux. La méthode permet de faire des économies et d’améliorer les performances avec une meilleure valorisation des aliments. En peu de temps, le poil des animaux a changé. C’est très satisfaisant. Je réfléchis aussi à un défaut d’aménagement de mon bâtiment en bois."

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