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Chez Jean-Marc et Stéphane Lombard
La litière en partie composée de déchets verts

L’utilisation des déchets verts pour la litière des animaux s’est faite progressivement. Cette année, ce seront 300 tonnes utilisées, avec une économie appréciable comparée à une litière avec seulement de la paille.

Voilà deux ans que Jean-Marc et Stéphane Lombard « paillent » en bonne partie avec des déchets verts. Producteurs laitiers et allaitants (75 Charolaises, naisseur engraisseur) à Jarnosse, dans la Loire, ils vont utiliser cette année 300 tonnes de déchets verts provenant de la communauté de communes de Charlieu, dont une bonne part va terminer sous les sabots de leurs animaux. « On a commencé par mettre les déchets verts dans le couloir de raclage pour absorber les jus. Puis on les a utilisés pour les cases de taurillons. L’hiver dernier, la litière de tous les animaux hivernés en stabulation libre était composée d’une association paille + déchets verts avec une proportion de paille un peu plus importante pour les laitières », explique Jean-Marc Lombard.

Moitié moins de paille 

Avec seulement 10 hectares de céréales cultivées sur l’exploitation, l’obligation de recourir à des achats complémentaires y est pour beaucoup dans cette évolution des pratiques. C’est le prix d’achat de la paille pour l’hivernage 2007/2008 qui a été le facteur déclenchant. Cette nouvelle stratégie a été confirmée l’an dernier par le tarif de la paille provenant du Cher, facturée 73 € la tonne rendue sur l’exploitation. En hiver, la litière est renouvelée tous les jours avec une dessileuse pailleuse de 6 mètres cubes. « On la remplit à raison d’environ un mètre cube de paille et 4,5 mètres cubes de déchets verts. Pour la stabulation qui abrite les 72 vaches suitées, je mets d’abord au fond de la pailleuse un premier lit de paille d’une bonne dizaine de centimètres, puis deux godets de déchets verts, puis un nouveau lit de paille, puis encore deux godets de déchets verts et je répartis ces 6 mètres cubes une fois par jour sur les aires de repos. » Sans déchets verts, Jean-Marc Lombard a besoin de 400 kilos de paille par jour pour les 72 places de vaches suitées. Une quantité réduite de moitié lorsqu’il puise dans le tas de déchets verts livré à proximité immédiate de la stabulation. Cette proportion de paille peut être légèrement supérieure si le déchet vert est jugé trop humide. Quoi qu’il en soit, avec cinq mois d’hivernage (du 15 novembre au 15 avril), l’économie est appréciable.

Dangeureux projectiles

Jean-Marc Lombard reconnait qu’il faut être prudent lors du paillage en étant surtout très attentif pour voir où va le flux de la goulotte. Il reste toujours quelques morceaux de bois qui pourraient constituer de dangereux projectiles. Les vaches sont donc bloquées au cornadis lors du passage de la pailleuse et une attention particulière est portée aux allées et venues des veaux. La température mesurée au coeur de la litière n’a jamais excédé 16 °C en fin d’hiver. Il faut bien sûr que le déchet soit le plus fin et le plus sec possible. Idéalement il ne doit pas dépasser 50 % d’humidité. « Cela dépend aussi de la météo le jour du broyage. Mais le fait d’avoir été remué lors de la livraison tend à lancer une montée en température à l’intérieur du tas et en diminue l’hygrométrie les semaines suivantes. Le déchet est alors suffisamment sec si on pioche au coeur du tas. » Le couloir est raclé environ tous les 3 jours et repoussé sous la fumière couverte. Cet hiver, le fumier ainsi produit a été épandu directement au champ avant de semer le maïs. Une partie des fumiers sont aussi compostés et épandus sur les prairies. Aucun problème technique majeur n’a pour l’instant été rencontré. « Cependant, il serait bon de réaliser une plaquette pour expliquer concrètement aux utilisateurs de la déchetterie comment leurs déchets verts sont recyclés et pourquoi la présence de verre et de ferraille peut être lourde de conséquence sur nos exploitations. Cela les inciterait peut-être à davantage de rigueur et de civisme. »

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