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La décarbonation des exploitations : Jusqu’où placer le curseur ?

À l’occasion de son assemblée générale tenue le 23 mai 2023, le groupe coopératif Feder Élevage a organisé une table ronde sur la décarbonation des exploitations agricoles. Si le virage pour lutter contre le réchauffement climatique est indispensable, la fonction nourricière ne doit pas être perdue de vue pour autant. Aussi, les investissements et les efforts fournis pour transiter vers une économie bas carbone doivent se révéler payants dans le temps.

De gauche à droite : Yves Jehanno responsable commercial export chez Feder, Claude Riboulet le président du conseil départemental de l'Allier, Samuel Duquet et Béatrice Eon de Chezelles du Crédit Agricole et Audrey Bourolleau, directrice de l'entreprise Hectar.
De gauche à droite : Yves Jehanno responsable commercial export chez Feder, Claude Riboulet le président du conseil départemental de l'Allier, Samuel Duquet et Béatrice Eon de Chezelles du Crédit Agricole et Audrey Bourolleau, directrice de l'entreprise Hectar.
© L.Pouchard

« L’élevage dans la décarbonation de nos territoires, quelle place donner à l’innovation ? », tel était l’intitulé de la table ronde organisée par Feder Élevage, à l’occasion de son assemblée générale tenue à Montluçon, dans l’Allier, le 23 mai 2023. Un sujet d’actualité ô combien important alors que tous les acteurs s’engagent à tour de rôle dans cette course lancée vers la neutralité carbone (1). « Des opportunités sont à saisir pour l’élevage. Une partie du chemin est déjà faite, mais les efforts qui restent à fournir pour "ruminer utile" doivent se montrer payants dans le temps afin de créer un marché du carbone durable », estime Béatrice Eon de Chezelles, experte Viandes à la direction Agri-agro du Crédit Agricole. Pour ce faire, il est important de quantifier les leviers mis en place et le temps passé.

L’innovation technologique comme appui

C’est là que la technologie entre en jeu : « les données produites doivent être mises au service des éleveurs pour leur permettre d’approcher au plus près leurs coûts de production et de mieux organiser leur travail », évoque Audrey Bourolleau, directrice de l’entreprise Hectar. Pour l’experte, encore trop peu d’investissements sont orientés vers l’AgriTech en France. Samuel Duquet, responsable du marché de l’agriculture à la Caisse régionale du Crédit Agricole Centre France, assure travailler, à son échelle, à sécuriser la vente de crédits carbone pour garantir un retour de valeur en grande majorité à l’exploitant. L’objectif fixé par sa structure : un prix d’au moins 80 euros la tonne de carbone stockée ou évitée, pour un retour de valeur de 80 % à l’agriculteur. « C’est le prix minimum pour rentabiliser l’investissement, l’entretien voire le risque pris dans les changements de pratiques », dit-il.

Trouver le juste équilibre dans le mix énergétique

Dans cette transition vers une économie bas carbone, les défis se trouvent aussi dans la compensation par la production d’énergies renouvelables. Méthanisation, photovoltaïsme, agrivoltaïsme, éolien… les pistes sont nombreuses. Si elles peuvent générer un complément de revenus intéressant en plus de leurs intérêts vertueux, « elles ne doivent pas être considérées comme une solution pour pallier le manque à gagner de l’élevage allaitant », prévient Samuel Duquet. Claude Riboulet, le président du Conseil Départemental de l’Allier appelle à la même prudence. « Il est indispensable de définir les justes proportions entre une part raisonnable d’énergies renouvelables et le besoin non négociable de production de viande », explique-t-il.

Pour cet élu, le développement du mixte énergétique sur les élevages doit s’appuyer sur les atouts et les capacités des territoires et non sur les exigences « hors-sol » de lutte contre le changement climatique. Aussi, l’enjeu de souveraineté alimentaire reste prioritaire. « Nous avons, à mon avis, trois ans devant nous pour structurer le cap que nous nous apprêtons à franchir. Faisons en sorte qu’une fois que les lignes de force stratégiques auront été choisies, nous nous y tiendrons parce que nous estimerons ne pas avoir commis d'erreurs », conclut Claude Riboulet.

(1) Dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone, le secteur agricole a pour objectif de baisser ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 46 % d’ici à 2050, par rapport au niveau de 2015.

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