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La chicorée résiste aux conditions séchantes

La chicorée est une plante fourragère productive, riche en minéraux et disposant d'une digestibilité comparable à celle d'un ray-grass anglais et d'un trèfle blanc.

La chicorée ici en mélange avec du ray-grass anglais et du trèfle blanc, a une pérennité d'environ trois ans.
La chicorée ici en mélange avec du ray-grass anglais et du trèfle blanc, a une pérennité d'environ trois ans.
© Institut de l'élevage

La chicorée (Cichorium intybus L) est une plante fourragère de la même famille que l'endive, qui dispose d'une puissante racine pivotante. « Elle présente un réel intérêt dans la perspective d'allonger les périodes de pâturage estivales et hivernales, estime Éric Pottier de l'Institut de l'élevage. Elle résiste en été quand le dactyle est désséché, et elle a la capacité de produire très tard en automne. » En France, cette plante est cultivée en association avec des graminées et des légumineuses, car elle est assez exigeante en azote et en phosphore. « La chicorée est aussi cultivée pure à l'étranger, mais ce type de parcelle n'est pas facile à gérer à cause de sa vitesse de pousse et d'un effet laxatif important », explique Éric Pottier.
La chicorée a une faible teneur en matière sèche, de 10 %, et elle est très riche en minéraux. Pour ces raisons, elle est destinée prioritairement au pâturage. Il est possible de l'enrubanner quand elle ne domine pas trop dans l'association, et des travaux sont en cours pour étudier les conditions de réussite pour de l'ensilage et du foin d'associations contenant de la chicorée.


En association avec graminées et trèfles


« Nous avons estimé, à partir de l'expérience sur cette plante acquise depuis 2004 à la ferme expérimentale du Mourier en Haute-Vienne, que la dose de semis à conseiller dans une association est de 1 à 3 kilos de chicorée par hectare », précise Éric Pottier. La chicorée a une croissance très rapide, et la fleur peut apparaître assez vite, en formant de très grandes tiges. « Mais l'animal est capable d'exploiter la chicorée à ce stade, cela fonctionne même si la valeur alimentaire n'est pas optimale. » Sa pérennité est d'environ trois ans.
Un groupe d'éleveurs laitiers en agriculture biologique de Basse-Normandie (projet Reine Mathilde) a développé cette fourragère dans ses prairies de pâturage suite à un voyage d'étude en Angleterre en 2010. Ces éleveurs n'ont jamais rencontré de problème d'appétence. Au contraire même, ils observent que les vaches adorent la chicorée. Ils n'ont rien remarqué quant au goût ou à la couleur du lait. Son aspect visuel peut susciter un peu de réticence car elle ressemble à un rumex... Mais c'est bien la seule restriction notée par ces utilisateurs.
Sa richesse en tanins fait l'objet d'études à l'Inra pour leur effet sur la limitation de la dégradation des protéines dans le rumen. « Des propriétés anthelminthiques lui sont attribuées, mais on ne dispose pas d'étude scientifique qui les démontrent », remarque Eléonore Théry. En ce qui concerne la production de viande, peu de références sont disponibles. « Une étude anglaise de 2012 portant sur des boeufs laitiers croisés Blanc Bleu Belge, a montré qu'il n'y avait pas de différence entre un régime à base seulement de ray-grass et un régime associant ray-grass et chicorée sur le poids, la conformation et la couleur des carcasses, ni sur les qualités organoleptiques de la viande », rapporte Eléonore Théry.

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