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Jean-Luc Charbonnier dans le Maine-et-Loire
"J'ai autant de vaches et de céréales mais moins d'engraissement"

Jean-Luc Charbonnier élevait jusqu’à présent soixante vaches rouges des prés avec finition de tous ses broutards. Il fait évoluer son exploitation vers moins d’engraissement.

© E. Durand

«J’ai accepté tout de suite l’étude que me proposait l’École supérieure d’agriculture d’Angers via le réseau de fermes de référence, lance Jean-Luc Charbonnier. Les élèves de l’école ont étudié mon exploitation en envisageant trois possibilités. Soit je gardais mon système tel quel, soit je diminuais le nombre de mères pour augmenter la superficie en céréales et je conservais l’engraissement, soit je gardais ma superficie en céréales et mes vaches mais je diminuais nettement l’engraissement. » La dernière solution paraissant la plus rentable, c’est cette option qui a été retenue.

Installé en 1993, Jean-Luc Charbonnier avait supprimé 5 à 6 hectares de maïs à la suite d’un CTE en 2001. Décision aussi motivée par l’impossibilité d’utiliser l’ensilage de maïs dans l’alimentation des vaches en AOC Maine-Anjou. Seul actif sur l’exploitation, il sépare ses soixante vêlages en deux périodes : du 15 août au 1er novembre et du 1er février au 15 avril. Ses veaux sont complémentés dès la naissance. Sur la trentaine de mâles nés sur l’exploitation, une dizaine partent en reproducteurs et une vingtaine sont engraissés avec 6 à 7 kilos de céréales, 1 kg de soja et 4 à 5 kilos de pulpe de betterave. Ils partent vers 16-17 mois à 440 kg C en moyenne. Les femelles sont toutes conservées sur l’exploitation avec un taux de renouvellement de 30 %. Les autres sont engraissées avec le même type de ration que les mâles mais elles reçoivent du lin et non du soja car elles sont vendues en AOC (475 kg C). Une dizaine de vaches par an partent en vente directe. Sur les vingt-deux mâles nés à l’automne dernier, il n’en reste plus qu’un.Tous ontété vendus en tant que broutards, sauf deux en reproducteurs. Les derniers nés sont encore sous leurs mères. « J’attends de voir les cours du broutard pour me décider à les engraisser ou non. » Sur les 66 hectares, 58 hectares sont en herbe, 6 hectares sont cultivés avec un mélange triticale, pois, vesce et un peu plus de 2 hectares fournissent de la luzerne (4 à 5 coupes par an). Sans traitement, avec 38 unités d’azote et le fumier produit par les vaches, ce sont 63 quintaux de céréales qui sont produits et autoconsommés sur l’exploitation.

« JE NE VEUX PAS ARRÊTER L’AOC »

Jean-Luc ne cherche pas à changer ce système de culture car les terres de l’exploitation n’ont pas vraiment un potentiel à faire du maïs (marécage, pierres…) et l’AOC demande un hectare de prairie par vache. « Je ne veux pas me séparer de l’AOC car c’est 40 c/kg C de plus value. Au pire je décapitaliserais de deux ou trois vaches pour augmenter d’autant en hectares de culture. Je réfléchis aussi aux associations graminée-légumineuse pour éviter les apports d’azote. » Jean-Luc reconnaît que sans l’étude, il ne se serait probablement pas orienté vers la diminution de l’engraissement. « Je crois que j’aurais plutôt vendu quelques vaches pour augmenter ma surface en céréales et diminuer l’achat d’intrant. » La majeure partie du matériel de récolte étant en Cuma, il n’aurait pas eu à réinvestir sur ce poste-là. Par contre, la mise aux normes des bâtiments effectuée en 2005, avec la construction d’une stabulation pour cinquante mères et leurs veaux, pèse sur sa trésorerie. "Au final, l'augmentation prévue de l'EBE est de 4400 euros, avec en plus une simplification du travail, plus de place dans les bâtiments, une meilleure autonomie fourragère et moins d'achat de concentrés. Le tout en restant en règle avec le cahier des charges de l'AOC."

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