Aller au contenu principal

Giuseppe Pantaleoni, président de KBS Genetic
« Il faut suivre les évolutions du marché »

Développer les exportations d’animaux reproducteurs nécessite de produire des animaux dont les aptitudes sont en phase avec les attentes des différents clients. Avis d’un exportateur.

Basée en Haute-Vienne, la société KBS génétic fait partie des principaux exportateurs français de reproducteurs bovins. Son activité concerne la plupart des races allaitantes mais repose d’abord sur la Limousine.
© F. d'Alteroche
Dans quels pays se situent vos principaux clients ?
Giuseppe Pantaleoni - En 2016, KBS Genetic a exporté des reproducteurs bovins dans 19 pays et a pratiquement doublé son activité comparativement à 2015. Nous avons bien travaillé sur l’Est de l’Union européenne (République tchèque, Slovaquie, Roumanie, Pologne, Hongrie…), sans négliger des pays (Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Irlande, Allemagne…) où les races françaises sont déjà utilisées depuis de nombreuses années. Nos exportations reposent d’abord sur les animaux vivants. Semences et embryons arrivent loin derrière. L’an dernier, nos activités se sont élargies à d’autres espèces. Nous avons par exemple vendu près de 1000 chevrettes laitières en Russie.

Le retour de la FCO pénalise nos activités. Certains clients seraient prêts à signer mais les contraintes sanitaires font que nous sommes dans l’impossibilité de conclure certains marchés. C’est le cas de la Turquie où  — qu’il s’agisse du maigre ou des reproducteurs — d’autres pays vendent à notre place.

Comment évoluent les attentes de vos clients ?
G. P. - Des pays comme l’Irlande ou la Grande-Bretagne privilégient depuis une dizaine d’années les aptitudes bouchères et recherchent en particulier pour la Limousine des animaux d’un type viande extrême. Cela pénalise les qualités d’élevage mais leur objectif est souvent de faire naître des reproducteurs très conformés par la suite utilisés en croisement.

Dans les pays de l’Est de l’UE, nos clients peuvent être des agriculteurs, mais ce sont souvent des industriels ou des financiers. Ils ont choisi d’investir dans l’élevage afin de diversifier leurs activités. Dans ces pays sans tradition d’élevage allaitant, les troupeaux sont confiés à des salariés. Il convient de les orienter sur des animaux faciles à conduire afin de ne pas prendre le risque de les décevoir, en particulier au moment des vêlages. Globalement ces investisseurs connaissent les aptitudes des races françaises. Quand nous commençons à discuter, ils ont déjà étudié le sujet. Internet est très utilisé.

Quels sont les principaux concurrents de la génétique française dans les pays de la moitié Est de l’Europe ?
G. P. -  C’est d’abord et avant tout l’Angus, avec des animaux provenant d’Amérique du Nord mais aussi d’Allemagne. Les qualités d’élevage et le format de l’Angus sont des atouts pour les systèmes allaitants classiquement mis en place (grands troupeaux, peu de surveillance, systèmes très herbagers …). Heureusement pour nous, l’Angus produit une viande grasse, souvent peu en phase avec les exigences des consommateurs européens.

Mais la force de l’Angus c’est aussi le savoir-faire pour appuyer sa promotion. Quand les délégations nord-américaines arrivent dans un pays pour mettre en avant les produits et services qu’elles sont chargées de promouvoir, elles sont toujours fortement appuyées par les différentes autorités politiques et incluent dans leurs rangs des personnes en charge de la promotion de l’agriculture et de l’élevage. Ils vendent des avions, des équipements, des solutions informatiques … mais également des bovins. Ils proposent le pack complet !

Comment mieux positionner l’offre française ?
G. P. - Il faut d’abord sélectionner des animaux faciles à élever. C’est vrai pour les besoins de nos clients étrangers. Cela l’est tout autant pour les besoins des éleveurs français. Attention aux animaux au format trop conséquent. Mettre en avant sur les podiums des concours des taureaux Limousin de 1500 kilos et 1,80 m au garrot ne facilite évidemment pas la sélection de vaches qui vêleront par la suite sans aucun souci. Qui plus est, ces animaux « grandissants », tardifs, avec des ossatures importantes ne sont pas les mieux armés pour s’adapter à toutes les situations. Il faut coller au marché, suivre ses évolutions et revenir à un modèle d’animaux plus adaptés avec en particulier davantage de précocité.

Attention aux formats trop conséquents

Rédaction Réussir

Les plus lus

Concours national Salers : Forte affluence pour admirer l’élite de la race

Issoire, dans le Puy-de-Dôme, accueillait la 149ème édition du concours national Salers du 18 au 20 septembre 2026. Un réel…

<em class="placeholder">parcelle de teff grass le 31 août 2026</em>
Fourrages : « J’ai implanté du teff grass fin juin, je vais m’en sortir mieux qu’avec de l’herbe »

Matthieu Peyrat, éleveur de vaches Aubrac dans le Puy-de-Dôme a implanté du teff grass après orge. Malgré des craintes dues à…

Journée Charolaise : Une édition 2026 portée par la mobilisation des éleveurs

Le 2 septembre, la "journée Charolaise" a rassemblé pour le concours national des veaux 260 jeunes reproducteurs issus de 90…

<em class="placeholder">fréquentation de la zone d&#039;abreuvement boucles électroniques vaches Armoricaines Cirbeef à Mauron (Morbihan)</em>
Identification des bovins : Des boucles électroniques ultra haute fréquence pour surveiller la fréquentation des abreuvoirs au pré

L’Institut de l’élevage teste un cas d’usage des boucles électroniques ultra haute fréquence en élevage bovin allaitant :…

Limousine : Un taureau vendu aux enchères 67100 euros

Au Festival de l'élevage de Brive-la-Gaillarde, KBS Genetic organisait le 22 août sa 34ème "vente prestige" de reproducteurs…

<em class="placeholder">balle ronde de foin de prairie naturelle déroulée au sol en bâtiment bovins viande</em>
« Il n’y aura pas suffisamment de fourrages sur le marché pour tout le monde »
Avec la sécheresse et les canicules, les éleveurs manquent de foin. Le marché est tendu, avec une offre très restreinte, témoigne…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande