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Fièvre catarrhale ovine
GDS France demande une vaccination volontaire faite par les éleveurs

Pour la prochaine campagne, la FNGDS demande que la vaccination FCO soit volontaire et réalisée par les éleveurs, hormis pour l’export, explique Marc-Henri Cassagne, son directeur.

Avez-vous fait un bilan de la campagne de vaccination FCO qui vient de se terminer ?

Marc-Henri Cassagne - Il n’y a pas pour l’instant (NDLR : le 29 juin) de bilan chiffré mais toutes les informations que nous avons montrent que le taux de réalisation de la campagne est fort élevé. Les saisies de vaccinations dans Sigal, les discussions avec les GDS et le fait qu’aucun département ne nous ait signalé de graves difficultés dans la réalisation de la campagne nous amènent à penser que l’objectif initial d’un taux de vaccination de 80 % devrait être tenu. La grande question sur laquelle nous travaillons désormais, c’est celle de la prochaine campagne.

Quelles sont les voies qui se dessinent ?

M.-H. C. - Par rapport à la vaccination, la profession avait dit l’an dernier au ministère: nous sommes d’accord pour une vaccination obligatoire sur un an afin de limiter la pression de la maladie, et ensuite, nous ferons un bilan. Michel Barnier avait souhaité ouvrir une réflexion sur trois questions : la prochaine campagne, les mesures à prendre si un nouveau sérotype arrivait et l’acte vétérinaire. Nous apportons dans ces groupes de travail les propositions de notre mission de prospectives sanitaires qui réfléchit notamment sur les deux premières questions depuis trois mois. Nos réflexions sont nourries des échanges que nous avons eus avec nos partenaires professionnels français, mais aussi avec les institutions comme l’OIE, la Commission européenne, et des organismes scientifiques (Afssa, Cirad…). Nous nous sommes, par ailleurs, rendus aux Pays-Bas, en Espagne, Italie, Grande- Bretagne, Belgique… de façon à voir comment les autres pays réagissent. Suite à ces rencontres, nous avons élaboré un certain nombre de propositions. Une politique d’éradication nous semble difficilement envisageable. Donc, il nous paraît plus judicieux de s’orienter vers une vaccination volontaire qui puisse être réalisée par les éleveurs sauf pour les animaux destinés aux échanges. Nous sommes en train de mettre sur pied un certain nombre de propositions pour que la vaccination se fasse avec un système d’encadrement qui permette de savoir quels animaux ont été vaccinés.

Quels enseignements tirez-vous de vos rencontres avec les autres pays européens ?

M.-H. C. - Nous avons constaté des différences de perception et de stratégies importantes selon les États. Même les scientifiques sont partagés. Des évolutions de stratégies se dessinent assez fortement. Dans ces conditions, il semble difficile d’élaborer une stratégie de lutte au niveau européen, ce qui serait pourtant nécessaire. Deuxième constat: nos voisins ont été frappés par le fait que la France avait le plus grand nombre de cas de FCO. Mais, ce différentiel est totalement explicable. Compte tenu de la structure de l’élevage français et de sa dimension exportatrice, la France a multiplié les analyses et donc fait apparaître un grand nombre de cas. Dans les autres pays, il n’y a pas eu de recherche aussi systématique. Dans la réalité, le degré d’infection est globalement le même. Le troisième point important tient au fait que, très probablement, il ne devrait plus y avoir de financements européens, au moins au niveau que nous avons connu ces deux dernières années. Ce qui va restreindre considérablement les marges de manoeuvre des États.

Avez-vous ressenti en Italie des possibilités d’assouplissement de la réglementation pour les échanges d’animaux?

M.-H. C. - Pour protéger le Nord, les Italiens ont mis en oeuvre des mesures fortes et assez contraignantes sur leurs éleveurs du Sud touchés par plusieurs sérotypes. Bien évidemment, ils sont extrêmement sensibles à tout ce qui pourrait apparaître comme une différence de traitement entre eux et les éleveurs français. Deuxième élément: le poids de la filière laitière qui ne veut pas avoir la FCO. Donc, le ministère italien de la santé est sur des lignes stratégiques extrêmement difficiles compte tenu des arbitrages nécessaires. De plus, l’Italie est un pays où il y a une très forte décentralisation locale. Les choses ne sont pas toujours faciles à gérer. D’ici la fin de l’année, il y aura un grand rendez-vous FCO à Bruxelles pour faire le point. Au niveau européen, il y a un grand nombre de pays qui ne sont pas touchés par la FCO et ne veulent pas l’avoir ; ils sont plutôt partisans de maintenir des lignes dures dans les échanges.

On a beaucoup parlé de l’immunité naturelle. Peut-on l’intégrer davantage à une stratégie de lutte contre la FCO ?

M.-H. C. -L’immunité naturelle est clairement une réalité. Mais, il faut y intégrer le coût du passage de la maladie qui est loin d’être négligeable. Et se pose une question pour laquelle nous n’avons pas la réponse : quelle est la durée de l’immunité naturelle ? A l’heure actuelle, nous n’avons aucun moyen pour dire qu’elle est acquise à vie comme certains l’affirment. Nous avons posé la question a des scientifiques, ils n’ont pas la réponse définitive. Nous intégrons l’immunité naturelle dans nos réflexions. C’est aussi pour cela que nous avions été partisans d’une année de vaccination obligatoire, pour faire baisser la pression de la maladie et son expression clinique, de façon à avoir un terrain qui permette d’apprendre à vivre avec le virus. Il faut éviter les raisonnements en noir et blanc qui sont souvent des raisonnements simplistes. De la même manière, on ne connaît pas la durée d’immunité procurée par la vaccination. Les ATU disent un an minimum mais on ne connaît pas le maximum. Ce sont des données qui viendront au fil du temps. En attendant, nous ne souhaitons pas que les gens jouent à la roulette russe : la FCO est une vraie maladie qui peut faire des dommages dans les élevages !

Quelles seront les recommandations de la FNGDS pour la prochaine campagne ?

M.-H. C. - Nous dirons aux éleveurs que la responsabilité de prendre la décision de vacciner ou pas leur revient. Mais, sur un plan technique, nous recommanderons une protection assez large de leur cheptel et pour ceux qui ne voudrait pas tout vacciner de protéger au moins les animaux jeunes qui arrivent dans les élevages. Nous leur donnerons tous les éléments dont nous disposerons pour qu’ils puissent faire leur choix en toute connaissance de cause.Vous savez, nous sommes à une époque où il vaut mieux convaincre que contraindre. Si on explique les choses aux gens avec des arguments techniques et s’il y a une facilité de gestion de la vaccination qu’il n’y a pas eu jusqu’à présent, je pense que nous aurons encore un taux important de vaccination, mais qui sera fondé plus sur la conviction de son intérêt pour la santé des animaux que sur la crainte de la sanction.

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