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« Faire perdurer l’élevage à l’herbe »

Patrick Veysset est économiste au centre Inra de Theix, dans l’Unité Mixte de Recherche sur les Herbivores. Fin connaisseur du fonctionnement des élevages charolais et plus globalement allaitants, il porte un regard volontiers critique sur ce qu’il observe sur le terrain.

10 ans au BTPL

Après mon diplôme à l’Enita de Dijon, j’ai été ingénieur conseil au BTPL (Bureau technique de promotion laitière) en Franche-Comté pendant 10 ans. À mon arrivée à l’Inra, j’ai d’abord eu en charge le suivi du réseau charolais mis en place par Gilbert Liénard dans cinq départements (23, 58, 03, 63, 71). Travail qui m’a permis d’analyser l’impact des différents évènements qui ont façonné l’évolution des systèmes allaitants.

Agrandissement opposé à efficience

L’agrandissement des exploitations ne va pas dans le sens d’une bonne efficience technique et souvent, ne permet pas de conforter le revenu. C’est particulièrement vrai en zone de polyculture élevage. Quand SAU et cheptel progressent, les éleveurs simplifient. Cela se traduit par une mauvaise gestion de l’herbe avec dès avril, mise en service des nourrisseurs. Ces trente dernières années dans la plupart des quelque 60 exploitations de notre réseau, la productivité numérique n’a pas évolué, les kilos de viande produits par UGB ont légèrement progressé mais avec une nette hausse des tonnages de concentré utilisés.

Évolutions génétiques

Les évolutions génétiques de nos races allaitantes permettent d’avoir des animaux plus lourds. Pour autant, les taux de mortalité des veaux se sont dégradés avec une moindre productivité numérique dans de nombreux troupeaux. Au final, cela ne se traduit pas par davantage de kilos produits par hectare, donc pas d’efficience économique supplémentaire.

Comme des cochons

La génétique allaitante française a été sélectionnée pour produire en un minimum de temps des broutards de 400 kilos vifs ou des taurillons de 420 kg carcasse destinés à l’exportation. Cet objectif a été atteint. En revanche, si on entend produire de la viande finie, uniquement avec de l’herbe, nos races ne sont plus adaptées car trop tardives. On a fait de gros gabarits aptes à déposer du gras en finition uniquement avec des rations incluant comme pour des cochons une forte proportion de céréales.

Bœufs d'herbe

Avec nos races à viande, des bœufs nourris simplement avec de l’herbe doivent être âgés d’au moins 36 à 40 mois pour être suffisamment finis. Donc peu d’éleveurs en produisent. Pour finir à l’herbe des animaux plus jeunes, il faudrait pouvoir disposer de souches plus précoces. L’autre possibilité est d’apporter cette précocité par le croisement. C’est ce que nous expérimentons actuellement sur le site de Laqueuille.

Salers x Angus

Attention à ce que dans les années à venir le fort recours aux céréales pour l’engraissement ne soit pas dénoncé par nos contemporains. Pour produire des animaux finis uniquement avec de l’herbe, nous expérimentons sur le site de Laqueuille à 1100 mètres d’altitude le croisement Angus sur Salers. L’objectif est de démontrer qu’il est possible de produire à 14-5 mois des bouvillons et génisses correctement finis avec seulement de l’herbe pâturée ou récoltée. Les premiers seront abattus en fin d’hiver 2018.

Parapente

La pratique régulière du parapente m’a beaucoup apporté pendant plus de 20 ans et s’est brutalement stoppée il y a six ans suite à un grave accident. Traverser à pied les grands espaces du Massif central c’est beau, mais voler en parapente au-dessus de ces mêmes paysages ce n’est pas beau, c’est extraordinairement beau. L’envie de reprendre mon parapente me chatouille…

Paysages merveilleux

Je fais souvent des randonnées à pied en montagne. Quand je suis dans ces paysages merveilleux avec ces prairies qui sentent bon le foin fraîchement coupé et ces troupeaux dans les estives, je suis plus que jamais convaincu de l’intérêt de militer pour faire perdurer l’élevage à l’herbe. Ces éleveurs mettent en valeur, entretiennent et font vivre ces territoires où, sans cette activité, il n’y aurait plus personne.

Arvern' Blues Concert

Je ne suis pas musicien mais mélomane et à la tête d’Arvern’ Blues Concert, une association qui organise chaque année cinq à six concerts de Blues afro-américain. Cela me conduit à me déplacer un peu partout dans différents concerts en France, en Europe et aux États-Unis pour écouter les artistes, les rencontrer et les inciter à venir se produire en Auvergne.

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