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Sècheresse
Faire face au déficit fourrager

Le manque d´eau aura été quasi-général cet été. Dès la fin du printemps, beaucoup d´éleveurs ont puisé dans leurs stocks pour pallier le déficit d´herbe.


2005 ne restera pas dans les annales comme un grand cru fourrager. La plupart du territoire français est au régime sec. Depuis l´automne 2004, le cumul des précipitations est inférieur à la normale sur une grosse partie du pays. D´octobre 2004 à mars 2005, le bilan pluviométrique a été largement déficitaire, tout particulièrement en Picardie, en Champagne-Ardenne, dans le nord de la Lorraine, dans les Pays de la Loire, en Poitou-Charentes, en Aquitaine, dans le nord de Midi-Pyrénées, en Languedoc et en Provence-Alpes-Côte-d´Azur. « Sur certaines de ces régions, les précipitations recueillies durant la saison hydrologique ont été proches de la moitié des cumuls habituellement relevés », explique Météo France. D´avril à juin, moment-clé pour la pousse de l´herbe, le niveau des précipitations a ensuite été assez contrasté suivant les régions. « Les précipitations ont ainsi été assez significatives sur le Limousin, l´Auvergne, Rhônes-Alpes, la Franche-Comté, localement de la Normandie au Pas-de-Calais ainsi que sur le Piémont pyrénéen et le sud de l´Aquitaine.
Elles sont par contre restées très faibles sur les Pays de la Loire, en Poitou-Charentes, dans le Centre, dans le nord de l´Aquitaine ainsi que du nord de Midi-Pyrénées au Languedoc-Roussillon et au sud de la région Provence-Alpes-Côte d´Azur. » Juillet et août n´ont pas permis de remédier à une situation globalement très déficitaire et qui n´a donc fait qu´empirer, d´autant que tout au long des semaines estivales le vent régulièrement orienté au nord a soufflé très souvent et a de ce fait accéléré le phénomène de dessiccation.
Les prairies se sont vite transformées en paillasson dans une bonne partie du pays avec nécessité de ressortir et regarnir les râteliers à fourrage et ce dès la mi-juin dans les départements les plus touchés. Quant aux maïs, l´eau leur a d´autant plus fait défaut que de nombreux départements ont pris des mesures pour restreindre son usage.

Troisième année de sécheresse consécutive
Dans bon nombre de départements et tout particulièrement dans ceux des régions Poitou-Charentes et Pays de la Loire, les maïs sont donc rabougris et peineront à remplir les silos avec une richesse en grains qui sera bien moyenne. « Les premiers ensilages ont démarré autour du 10 août. Les plants ne comportaient pas même de grains, signale Michel Chauvin, de la Chambre d´agriculture de Vendée. Mais mieux vaut encore ensiler le maïs avant qu´il ne sèche complètement sur pied. »
La situation est aussi particulièrement délicate pour les éleveurs qui n´avaient toujours pas remis à jour leurs stocks fourragers après l´été 2003, compte tenu d´un printemps 2004 lui aussi sec et froid. Dans l´Aveyron, le Cantal, la Haute-Loire et la Lozère, les éleveurs vivent ainsi leur troisième année de sécheresse consécutive. A la fin août, aucune pluie significative n´est encore tombée. Dans ces départements, compte-tenu de l´altitude et des premières gelées qui débutent le plus souvent dès la mi-septembre, l´espoir de voir véritablement reverdir les pâtures avant la rentrée à l´étable s´amenuise de jour en jour.

Pour tenter de pallier ce déficit, des bourses aux fourrages et des achats groupés d´aliments s´organisent localement. A côté de la paille, il s´agit le plus souvent de maïs irrigués, initialement destinés au grain et qui sont achetés sur pied pour l´ensilage. « Les éleveurs ont tout intérêt à acheter des fourrages avant la flambée des prix », préviennent les techniciens. Comparativement à l´année 2003, où l´Espagne qui avait été épargnée par le phénomène de sécheresse avait donc pu approvisionner en paille et autres fourrages déshydratés le grand sud de la France. La situation est très différente cette année où la péninsule ibérique traverse l´une des pires années de sécheresse qu´elle n´ait jamais connue.
Source : Météo France

©Source : Météo France

En bref
Le ministère de l´Agriculture a annoncé le versement anticipé de certaines primes animales. Celui de l´aide directe laitière est avancé du 1er décembre au 16 octobre. Celui de la prime à l´abattage et de la PSBM interviendra à partir de la mi-octobre à hauteur de 16 %.
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