Aller au contenu principal

Européennes, dissolution : les projets de loi agricoles en suspens

Face à la montée de l’extrême droite, plusieurs eurodéputés spécialistes sortants ne sont pas réélus. En France, la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée le 9 juin par Emmanuel Macron met en suspens le sort des textes en cours d’élaboration ou d’examen au Parlement. Parmi eux, la LOA et Egalim.

Les projets et proposition de loi en cours d'examen et d'élaboration devront reprendre la navette parlementaire à son début. Parmi eux, la loi d'orientation agricole (LOA) ...
Les projets et proposition de loi en cours d'examen et d'élaboration devront reprendre la navette parlementaire à son début.
© Assemblée nationale

À l’issue des élections européennes le 9 juin, le président de la République a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale. Dans le secteur agricole, cette annonce intervient alors que plusieurs textes devaient encore être étudiés au Parlement. « Egalim, simplification, loi d’orientation… Autant de chantiers obtenus par le travail de notre réseau et dont l’aboutissement est remis en question », affirment dans un communiqué les Jeunes agriculteurs (JA).

Le Sénat entamait en effet la première lecture du projet de loi d’orientation agricole (LOA). S’il est maintenu par le nouveau gouvernement, le texte devra donc reprendre la navette à son début. Autre sujet d’inquiétude, « le budget de 2025 devait permettre de provisionner 15 000 euros d’aides pour la défiscalisation des cheptels, nous en espérions beaucoup », évoque Cédric Mandin, secrétaire général de la Fédération nationale bovine.

L’inquiétude est partagée par la Coordination rurale. « On verra l’équipe de députés qui sera élue et ce qu’il sera décidé, affirme sa présidente Valérie Le Floc’h à l’AFP. On espère que le retard pris pendant deux mois pourra être rattrapé si tout le monde confirme que l’agriculture est d’intérêt général majeur. »

Egalim 4 pourrait manquer son rendez-vous

Le renforcement du dispositif Egalim est également en suspens. En effet, un rapport initialement attendu pour juin devait permettre les ultimes arbitrages à l’Assemblée. Si l’un des députés de la majorité en charge de sa rédaction est réélu, le rapport pourra être transmis, mais à une date ultérieure, ce qui pourrait retarder l’entrée en application du texte qui devait en découler, alors que le syndicalisme majoritaire demandait sa mise en œuvre pour les prochaines négociations commerciales, soulignent nos confrères d’Agra Presse.

« Le gouvernement peut encore, par décret, apporter rapidement des solutions, notamment sur la question des BCAE », insiste Cédric Mandin au lendemain de la dissolution de l’Assemblée. Des décrets ont déjà permis d’accélérer certains dossiers lors des mobilisations de ce début d’année comme l’ICPE, ou le GNR qui s’appliquera dès le 1er juillet.

Changement de têtes au Parlement européen

À Bruxelles, les interlocuteurs changent également. Conséquence de la montée de l’extrême droite aux élections européennes du 9 juin, la France pourrait perdre de son influence à la Commission de l’agriculture (Comagri). En effet, plusieurs eurodéputés spécialistes ne sont pas réélus, à l’instar d’Anne Sander (Les Républicains) et Jérémy Decerle (Renaissance). Dans les autres pays, la plupart des cadors sont de retour à la Comagri, soulignent nos confrères d’Agra Presse. À l’échelle de l’hémicycle européen, la droite, représentée par le groupe PPE, conserverait sa majorité avec 189 sièges, « mais nous aurons probablement très peu d’interlocuteurs français », regrette Cédric Mandin.

À l’échelle du Parlement européen, la droite, représentée par le groupe PPE, conserverait sa majorité avec 189 sièges.
À l’échelle de l’hémicycle européen, la droite, représentée par le groupe PPE, conserverait sa majorité avec 189 sièges. © Verian, pour le Parlement européen
avec l’AFP

À retenir

Les élections législatives se tiendront les dimanches 30 juin et 7 juillet.

Les plus lus

Neuf races bovines locales développent le contrôle de performances

Les races bovines locales à petits effectifs connaissent une progression démographique depuis les années 80, mais manquent de…

<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Viande bovine : les travaux de recherche continuent sur le persillé de la viande

Le persillé de la viande est gage de goût pour les consommateurs. Après la création d’un référentiel visuel pour évaluer ce…

<em class="placeholder">Vente aux enchères Rouge des Prés</em>
Rouge des prés : un taureau adjugé aux enchères à 12 500 euros

La vente de la série 80 de reproducteurs Rouge des Prés évalués à la station de contrôle individuel du Domaine des Rues s’est…

<em class="placeholder">Ferm&#039;Inov Jalogny ferme expérimentale</em>
Élevage bovins viande : Ferm’inov avance sur sa trajectoire bas carbone
La ferme expérimentale Ferm’inov, en Saône-et-Loire, s’est engagée dans l’amélioration de son empreinte carbone. En mettant en…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande