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Et si vous cultiviez des betteraves fourragères ?

La betterave fourragère produit beaucoup d'unités fourragères (UF) par hectare, récupère très bien après un épisode de sécheresse, et elle est entièrement mécanisable. Autant de bonnes raisons pour ne plus bouder cette culture.

La performance énergétique des betteraves fourragères est convaincante. Le rendement s'établit entre 90 et 120 tonnes de racines par hectare, soit entre 15 et 20 tMS/ha. Dans le cadre des essais variétés de l'Association pour le développement de la betterave fourragère monogerme (ADBFM), la moyenne s'est établie en 2014 à 18 000 UFL produits par hectare, et peut monter jusqu'à 22 000 UFL produits par hectare. « D'après les tables Inra, la betterave fourragère apporte 1,15 UFL/kgMS, mais cette valeur doit être plutôt retenue comme un minimum. Au vu de résultats d'analyses, on est souvent largement au-dessus de cette valeur », précise Julien Greffier de l'ADBFM. « D'autre part, la betterave fourragère a un très grand pouvoir de récupération après une période sèche, elle valorise très bien l'arrière saison. »

Sur le plan technique, les points réputés faibles de cette culture méritent d'être reconsidérés, selon l'ADBFM. « Le désherbage n'est pas plus compliqué que pour d'autres cultures, si on respecte scrupuleusement le délai de sept à dix jours entre les deux à trois traitements à réaliser, ainsi que la dose à appliquer », estime Julien Greffier. En agriculture biologique, de nombreuses techniques sont possible (binage, brûlage, parfois broyage au-dessus du collet...). Depuis trois à quatre ans, plusieurs nouvelles variétés sont disponibles. On disposait déjà de variétés résistantes à la rhizomanie. Désormais sont aussi proposées des variétés résistantes au rhizoctone brun. Selon les années, un fongicide est à appliquer début août. Le traitement contre les maladies du feuillage durant l'été n'est en effet pas systématique, mais il faut savoir y recourir dans certains cas. « Si les feuilles ne peuvent plus réaliser correctement l'activité photosynthétique, la racine ne se développe pas correctement. En 2014 notamment, étant donné les conditions humides, il fallait intervenir. » L'idéal pour prévenir les maladies du feuillage est de ne pas resemer des betteraves dans une même parcelle avant quatre à cinq ans.

De nombreuses solutions de mécanisation, du semis à la distribution

La mécanisation de cette culture a bien évolué depuis quelques années. Aujourd'hui, il y a dans les différentes régions d'élevage un certain nombre d'entreprises et de Cuma équipées pour la récolte des betteraves. Sur le site internet de l'ADBFM, figure une carte collaborative qui recense les entreprises ou Cuma proposant des services de prestations de semis, de récolte et de distribution des betteraves fourragères. Des éleveurs achètent aussi parfois en groupe des automotrices d'occasion ayant servi dans les régions sucrières, un matériel qui réalise en un passage toutes les opérations de récolte.

Pour le semis, il est possible d'utiliser un semoir à maïs dont on rapproche les éléments à 45 cm. « Nous déconseillons de semer des betteraves fourragères à 75 cm d'écartement. Ceci favorise le salissement de la parcelle et les betteraves sont trop grosses, ce qui complique la récolte et la distribution. » Le semis se fait à 110 000 à 120 000 graines par hectare, ce qui permet d'obtenir une population d'environ 90 000 plants par hectare.

Semer tôt et récolter en conditions ressuyées

Le semis doit se faire sans perdre de temps quand les risques de gel sont écartés, dès que le sol est correctement réchauffé et ressuyé. « Certains attendent le mois de mai pour bénéficier d'un démarrage plus rapide, mais on observe que le retard pris au départ n'est pas rattrapé. Meilleur sera le développement avant l'été, plus la faculté des betteraves de repartir à l'automne sera exploitée. » Mi-avril constitue ainsi en général un bon compromis, sachant que le semis est possible dès le 25 mars en France.

Après six mois minimum de culture, la betterave fourragère atteint sa maturité physiologique. Quand les premières feuilles commençent à se dessécher, la betterave ne se développera plus. « Pour déterminer la date de la récolte, il faut rechercher les meilleures conditions de ressuyage du sol, pour que les betteraves se conservent au mieux avec le moins de terre possible dans le silo. Et pour ceci, savoir parfois patienter quinze jours », précise Julien Greffier.

Pour en savoir plus : www.betterave-fourragere.org

Stockage en tas ou dans un silo sandwich

 

Le stockage sur un sol bétonné favorise la conservation des betteraves. La couverture du tas avec une bâche est conseillée en cas de période de gel - une bâche qu'il faut bien retirer quand les conditions s'améliorent. La conservation peut aussi se faire dans un silo sandwich de maïs ensilage contenant 25 % de betteraves entières ou coupées. Une fermentation anaérobie des betteraves allonge dans ce cas leur conservation à une durée d'un an à un an et demi. Ceci est une pratique courante au Danemark et en Allemagne, mais pas développée en France pour le moment. D'autre part, certains éleveurs font pâturer au fil les betteraves. « Elles ne doivent alors pas être trop enfoncées. Les vaches les arrachent très bien, avant de consommer les feuilles et les racines. Cela permet de disposer dès août d'un fourrage frais très appétent, même si le rendement est alors moindre. » Les betteraves peuvent aussi être pâturées en automne si la portance du sol le permet. Cette technique est très largement mise en oeuvre en Nouvelle-Zélande.

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