Aller au contenu principal

Alimentation des vaches suitées
En vêlage d´automne les coûts alimentaires peuvent souvent être réduits

Un essai à le ferme de Crécom a montré qu´une restriction alimentaire de deux UFL par rapport aux besoins est possible mais seulement après les trois premiers mois de lactation. Sinon les performances de reproduction sont affectées.


Les Chambres d´agriculture de Bretagne et l´Institut de l´élevage ont conduit pendant trois ans à la station vaches allaitantes de Crécom (Morbihan), un essai sur l´effet d´une réduction des apports énergétiques à des vaches suitées pendant l´hiver.« Les apports recommandés par l´Inra se situent pour des Charolaises de plus de 750 kg à 10,2 UFL et 960 g de PDI par jour pendant les 3 ou 4 premiers mois de lactation. Dans cet essai, le lot témoin a reçu une ration permettant à peu de chose près de couvrir ces besoins et le lot rationné a reçu 2 à 2,5 UFL de moins, et un peu moins de 800 g de PDI* », explique Thierry Offredo de la Chambre d´agriculture des Côtes-d´Armor. La restriction alimentaire consiste en un rationnement du foin, la suppression du blé pour les multipares et sa forte limitation pour les primipares. En contrepartie, pour équilibrer la ration, les apports de tourteau de soja sont augmentés de 130 g par rapport à la ration du lot témoin.
©S. Bourgeois


Dix kilos de moins par broutard au sevrage
Cet essai a été conduit dans le contexte d´un hivernage court (de 98 j.), avec des vaches qui rentrent en bon état en stabulation. A la ferme de Crécom, le gabarit des vaches est important (775 kg de moyenne pour les multipares et 715 pour les primipares en début d´essai) grâce à un poids élevé au premier vêlage. Des surfaces en herbe sont disponibles ce qui a permis d´affecter au lot de vaches rationnées quatre ares supplémentaires par UGB pour faciliter leur récupération au pâturage au printemps.
Les vaches du lot rationné ont perdu 55 kg en moyenne sur la période hivernale et 0,9 point de note d´état. Elles ont bien repris au pâturage. Par contre leurs performances de reproduction ainsi que la croissance de leurs veaux, non complémentés, ont été affectés par cette restriction.
La reproduction a débuté par une insémination mi-décembre, après groupage de chaleurs, des génisses et des vaches ayant vêlé avant le 20 octobre. « Des taux de réussite comparables ont été obtenus dans le lot témoin et dans le lot rationné. Par contre le rattrapage avec des taureaux n´a pas permis la même réussite puisque le taux de vêlage a été de 91 % sur le lot témoin contre 85 % sur le lot rationné. »

Un contrôle laitier en seconde partie d´hiver a montré que les vaches du lot rationné produisaient un kilo de lait de moins par jour que celles du lot témoin. Les veaux n´ont reçu aucune complémentation et pendant la période de restriction alimentaire l´écart de croissance entre ceux du lot rationné et ceux du lot témoin s´est amplifié : 15 g de GMQ de moins le premier mois d´hivernage, 115 g de GMQ de moins au milieu de l´hivernage et 250 g de GMQ de moins le dernier mois. Ils ont récupéré au pâturage mais leur retard par rapport aux veaux du lot témoin n´a pas été complètement compensé. Ils pesaient en moyenne 10 kilos de moins au sevrage.

Un impact économique qui dépend du contexte
La restriction alimentaire a permis d´économiser pour un troupeau de cinquante vaches 8,75 tonnes de foin et 80 quintaux de blé. 657 kilos de tourteau de soja supplémentaires ont été achetés. Dans le contexte de la ferme de Crécom, les économies de coût alimentaire se sont élevées à dix à vingt euros par vache (pour le foin ont été comptées des économies de frais de récolte et non d´achat de foin), en tenant compte du coût alimentaire pour la récupération des 10 kilos de poids manquants par broutard. Ces chiffres sont à interpréter en sachant que le lot témoin était déjà conduit de façon économe, le coût alimentaire étant de 255 euros par vache et la suite.

* Rations hivernales de fin novembre à début mars :
- pour les multipares du lot témoin = foin à volonté (12,3 kg), 1,97 kg de concentré dont 1,67 kg de blé (10,6 UFL/jour)
- pour les primipares du lot témoin : foin à volonté (11,4 kg), 2,47 kg de concentrés dont 2,17 kg de blé (10,5 UFL/jour)
- pour les multipares du lot rationné : 10,8 kg de foin, 0,43 kg de concentré (pas de blé) (7,85 UFL/jour)
- pour les primipares du lot rationné : 10,3 kg de foin, 1,10 kg de concentré dont 0,67 kg de blé (8,30 UFL/jour).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Maïs « coupe haute » : un fourrage plus concentré à bien rationner
Alors que les ensilages de maïs sont prometteurs cette année, Arvalis fait le point sur la technique de récolte de l'ensilage de…
Bruno Dufayet, président de la Fédération Nationale Bovine
Bruno Dufayet, Fédération nationale bovine : « Des signaux de marché au vert, les prix doivent sortir du rouge »
A quelques jours du Sommet de l’Elevage, le président de la Fédération nationale bovine estime que toutes les planètes sont…
Profiter d’une conjoncture plus favorable à la viande bovine pour bâtir un vrai projet de filière
Face à des volumes de production qui s’étiolent et à une pyramide des âges des éleveurs devenue préoccupante, les participants au…
Plusieurs paramètres entrent en jeu pour analyser la différence de rentabilité des systèmes, à commencer par le coût de production.
Les systèmes d’avenir existent déjà en élevages bovins viande !
Après avoir mis en avant les facteurs de variabilité de la rentabilité des exploitations bovins viande des Pays de la Loire et…
Génisses ayant vêlées à deux ans - archives. La stratégie « vêlages à deux ans » stricte ne concerne que 1,3 % des troupeaux allaitants.
Vêlage à deux ans : une piste d’intérêt en bovins viande
En France, le vêlage à deux ans est très peu pratiqué en élevage allaitant. Pourtant, il permet d’améliorer l’efficience des…
David Lachassagne a apprécié la rusticité et le rendement en grain et paille de l'orge hybride.
« J’ai choisi de ne récolter l’orge hybride qu’en grain et paille »
David Lachassagne, éleveur de charolais à Givarlais dans l’Allier, a testé cette année l’orge hybride sur trois hectares. Vu son…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande