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Elevage Bovins
En Dordogne, un système économe qui privilégie la pâture

Vêlages groupés et mise à l´herbe précoce, telles sont les clés de ce système extensif mais cohérent où les animaux valorisent au mieux la pousse de l´herbe au printemps.


L´exploitation de Jean-Claude Chabrol, éleveur à Sarrazac en Dordogne, fait partie de ces cas d´école que l´on adore présenter dans une fiche technique tant le système est bien huilé. Il illustre à merveille le message que l´on veut faire passer. Elle est en croisière depuis une quinzaine d´années avec quasiment le même parcellaire, le même nombre d´animaux - 50 limousines et les animaux jeunes tous engraissés. Les réseaux d´élevage d´Aquitaine l´ont retenue pour représenter un système extensif économe où la pâture est bien valorisée. Cas d´école mais néanmoins cas bien réel conduit de manière cohérente.

« Dans les exploitations favorables à la pousse de l´herbe, disposant d´un parcellaire assez groupé pour pouvoir faire circuler aisément les animaux, il est possible de réduire les coûts d´alimentation en faisant coïncider les périodes de besoins élevés des animaux avec la pousse de l´herbe », affirment les techniciens. Jean-Claude Chabrol le reconnaît lui-même : « Je suis vraiment dans du bon terrain avec beaucoup de fond. » Le parcellaire est groupé, mais une partie (en fond de vallée) n´est pas mécanisable. Le ciel est généreux aussi, avec 950 millimètres de pluie par an et jamais un mois à moins de 60 millimètres. En 2003, il n´a distribué que vingt balles de foin pour passer l´été. La réputation du Périgord vert n´est pas usurpée. « Nous sommes dans une région où il faut tirer profit au maximum de l´herbe », souligne Laurent Aymard, technicien à la chambre d´agriculture.

Vêlages groupés et mise à l´herbe précoce
Bien qu´étant en situation favorable, Jean-Pierre Chabrol veille à exploiter l´herbe au mieux tout en restant dans un système extensif. Ses bâtiments ne lui permettent pas de loger davantage d´animaux et il ne veut pas franchir le chargement administratif de 1,4 UGB/ha. Premier atout : le regroupement des vêlages ; les deux tiers des vaches mettent bas en janvier et février. Ce qui nécessite une excellente maîtrise de la reproduction. Les animaux peuvent ainsi profiter de l´herbe au plus fort de la pousse lorsque leurs besoins sont les plus élevés. A contrario, pendant l´hiver, les besoins sont limités. Dans la région, souvent, les vêlages sont plus tardifs et plus échelonnés.
Deuxième point fort : la mise à l´herbe précoce. « Je cherche à lâcher tôt, dès qu´il y a une période de beau temps vers le 15 mars. Après, les veaux sont habitués et supportent des conditions moins bonnes. Si l´herbe démarre mal au printemps, j´échelonne un peu la sortie. Mais, surtout, il faut une grande surface », expliquait l´éleveur dans la fiche technique des réseaux d´élevage.

« Mes sols sont assez portants mais j´évite de mettre les animaux dehors après une forte pluie et je ne fais jamais de lots importants », précise-t-il.
Au départ, les quatre lots de vaches et génisses, chacun avec ses parcelles, ont accès à presque toute la surface en herbe (50 hectares de prés de fauche et pâtures), soit pas loin d´un hectare par UGB. Les deux tiers des surfaces de fauche sont déprimées. Une mise à l´herbe aussi précoce est loin d´être la règle, ici comme ailleurs. Pendant cette période, tous les troupeaux ont à leur disposition un râtelier de foin.
Vers le 15 avril, les prés de fauche sont retirés du circuit. Démarre alors le pâturage de printemps sur une surface d´environ un demi hectare par UGB. Les troupeaux restent constitués de la même manière et tournent sur deux parcelles avec retour au bout d´un mois.
Jean-Claude Chabrol arrive ainsi à maîtriser correctement le pâturage sans devoir faucher des surplus d´herbe. « Si ça pousse plus rapidement, je fais tourner un peu plus vite les animaux pour ne pas me faire dépasser. »
©B. Griffoul


Peu d´azote pour les légumineuses
A partir de juillet, selon la quantité d´herbe, il remet dans le circuit les repousses des surfaces de fauche. Il passe ainsi l´été sans avoir à distribuer de foin, ce qui n´est pas la règle générale dans la région. Les mères rentrent alors dans une période de moindres besoins.
A partir de juin, les veaux ont accès au nourrisseur. Quelque cinq tonnes de complément broutards sont ainsi distribuées tous les ans jusqu´au sevrage, soit guère plus d´un kilo par veau et par jour (40 veaux pendant environ 4 mois).

Le bilan fourrager montre que la part des stocks dans l´alimentation des animaux n´est que de 1,6 tonne par UGB, soit le tiers des besoins. Un système « pâtureur » donc, selon les termes des techniciens, en opposition aux systèmes « stockeurs » qui ont besoin de 2,5 tonnes de stocks par UGB en moyenne. Faut-il rappeler que l´herbe consommée sur pied est celle qui coûte le moins cher ? Sur les soixante hectares de prairies, la moitié est consacrée à la pâture de printemps et la moitié à la récolte du foin. Les repousses sont toutes pâturées. La fertilisation est gérée de manière cohérente également en rapport avec la conduite extensive. Les quarante hectares mécanisables reçoivent 300 kg d´engrais complet (20/7/12 cette année) début mars et de la chaux un an sur deux (1,2 tonne de carbonate par hectare).

Aucun apport supplémentaire d´azote
Une partie du fumier est épandue sur les prairies. Aucun apport supplémentaire d´azote n´est effectué. La pousse de l´herbe est ainsi moins explosive au printemps et Jean-Claude Chabrol préfère compter sur les légumineuses pour les repousses.Tous les ans, il renouvelle deux à trois hectares de prairies temporaires toujours avec des mélanges de plusieurs graminées (ray-grass anglais, dactyle, parfois fétuque) et légumineuses (lotier, trèfle blanc et hybride).
« En proportion de la viande produite (Ndlr : 320 kilos par UGB), ce système se révèle économe en aliments concentrés et en frais de cultures fourragères. Ils permettent également de limiter les charges de mécanisation », concluent les techniciens.
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