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Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : « Oui l’abattage total des troupeaux infectés est urgent et nécessaire » comment le Dr Toudou et d’autres vétérinaires argumentent

Plusieurs vétérinaires ont pris la parole ce week-end sur les réseaux sociaux pour tenter de contrer de nombreuses contre-vérités véhiculées par les opposants à l'abattage total des foyers contaminés par la dermatose contagieuse nodulaire bovine (DNC).

Vache atteinte de dermatose nodulaire contagieuse bovine avec des pustules.
« Oui, la mortalité est faible. Mais les lésions sont lourdes, durables, parfois irréversibles. C’est une maladie qui abîme profondément les animaux qui en sortent », rappelle Charlotte Devaux, vétérinaire, sur Linkedin.
© Tasioudi et al 2015 GDS France

Le thread de Dr Toudou sur la DNC vu plus de 2 millions de fois

« Bon. Vous me faites chier. Faut que je retourne au charbon. C’est le bordel sur les réseaux là. On va expliquer 2-3 trucs parce que toute cette histoire c’est juste que personne n’a rien compris (sic !) », ainsi Tudual Le Bras, jeune vétérinaire rural spécialisé dans les bovins, alias Dr Toudou, commence son thread sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine le 12 décembre sur X, après plus d’un an de silence sur les réseaux sociaux. Un Thread pédagogique dans lequel le vétérinaire explique les grands principes de la maladie, vu plus de 2 millions de fois sur le réseau X.

Relire : Ce que l'on sait sur la dermatose nodulaire contagieuse

« C’est une maladie qui ne se soigne pas. Genre absolument pas » 

Alors que nombres d’internautes s’improvisent scientifiques ou vétérinaires sur le sujet complexe de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) dans un mouvement de contestation grandissant face à la politique sanitaire menée en France, Dr Toudou tente de rétablir quelques vérités simples dans un langage direct et accessible comme : « C’est une maladie qui ne se soigne pas. Genre absolument pas » ; « Il ne s’agit pas d’une zoonose. […] Pour autant, elle reste extrêmement grave » ; « Si une bête est touchée, on a aucun outil statistique pour se dire que la voisine est porteuse ou non. Les conséquences de ça c’est que : 1. Les quarantaines et analyses sanguines ne servent strictement à rien, 2. La maladie évolue lentement et a le temps d’infecter tout le monde avant d’être visible, 3 : on ne peut rien prédire ». Et de conclure que « oui, l’abattage total des troupeaux infectés est une mesure urgente et nécessaire ». A noter que le vétérinaire aurait plutôt dû préciser l'abattage total des lots infectés.

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : « Des cas peuvent se déclarer plus de 40 jours après vaccination »

« Est-ce que c’est affreux ? Oui. Est-ce que c’est, à ce jour, la meilleure stratégie parmi toutes celles testées ? D’après les données disponibles : oui »

Charlotte Devaux, vétérinaire très suivie sur les réseaux sociaux, prend aussi la parole sur Linkedin pour expliquer qu’après « plus de 10 ans d’expérience dans les Balkans toutes les stratégies ont été testées. Et une seule a permis un contrôle rapide et durable : l’éradication rapide des troupeaux atteints associée à une vaccination obligatoire dans un périmètre obligatoire dans un périmètre d’environ 50 km ».

Alors on fait un choix terrible. Pas par idéologie. Pas par confort. Par données de terrain

A la question "pourquoi?", la vétérinaire répond très simplement : « parce que dans la DNC : l’incubation est longue, des animaux cliniquement sains sont souvent déjà infectés », « la diffusion est silencieuse avant les premiers signes », « c’est un virus, donc pas de traitement curatif », « le vaccin est efficace en prévention, pas en rattrapage ». Et « oui, la mortalité est faible. Mais les lésions sont lourdes, durables, parfois irréversibles. C’est une maladie qui abîme profondément les animaux qui en sortent » poursuit-elle. 

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse : « On s’est vite rendu compte que cette maladie était très vicieuse », des jeunes éleveurs savoyards racontent leur lutte

« Alors on fait un choix terrible. Pas par idéologie. Pas par confort. Par données de terrain. Plutôt que de laisser la maladie se diffuser et faire souffrir des dizaines de milliers de bovins, on choisit d’abattre les troupeaux contaminés et de vacciner autour. Est-ce que c’est affreux ? Oui. Est-ce que c’est, à ce jour, la meilleure stratégie parmi toutes celles testées ? D’après les données disponibles : oui », écrit-elle encore 

Lire aussi : DNC : pourquoi la France et l’Italie appliquent-elles l’abattage total des foyers confirmés ?

L’Ordre des vétérinaires appelle à la défense de l’intérêt collectif

Une explication peu différente de celle de Jacques Guérin, président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, qui s’est exprimé le 13 décembre auprès de l’AFP alors que les professionnels chargés par l’Etat d’abattre des troupeaux affectés par la DNC subissent de fortes pressions.

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse bovine dans les Pyrénées-orientales : « Je veux couper court aux fake news »

« Dépeupler un troupeau est un acte traumatisant pour l’éleveur, je le conçois, traumatisant aussi pour celui qui le réalise, mais indispensable : c’est par ce sacrifice-là que nous allons protéger tous les cheptels bovins de France », explique-t-il. 

Si l’intérêt individuel se met à prévaloir, avec de l’irrationalité et des pseudo-sciences, le modèle va s’écrouler

Et de rappeler : « Ce modèle sanitaire, qui a fait ses preuves depuis plus de 70 ans, a permis de traiter les grandes maladies des cheptels. Il repose sur la défense de l’intérêt collectif et demande une certaine discipline. Il y a parfois des choix dramatiques à faire pour certains élevages : mais c’est à ce prix-là qu’on protège les 16 millions de bovins du pays. Si l’intérêt individuel se met à prévaloir, avec de l’irrationalité et des pseudo-sciences, le modèle va s’écrouler ».

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : l’Ordre des vétérinaires s’indigne « de prises de paroles irresponsables »

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