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DNC : les syndicats se mobilisent, les acteurs du sanitaire réaffirment la stratégie de lutte

Le nombre de foyers de dermatose nodulaire contagieuse a dépassé la vingtaine dans les départements de Savoie et Haute-Savoie. Les syndicats se mobilisent. Les acteurs du sanitaire réunis en CNOPSAV le 16 juillet ont approuvé la stratégie de lutte contre la DNC à l'unanimité sauf une voix. 

© B.Griffoul (archives_pour illustration)

[Mise à jour le 16 juillet]

Le nombre de foyers de DNC (dermatose nodulaire contagieuse) évolue - il a dépassé la vingtaine -, et la zone réglementée s'étend de 30 km vers l'Est. 

Dans un communiqué du 16 juillet, le ministère de l'agriculture annonce que "les acteurs du sanitaire approuvent la stratégie de lutte contre la DNC." Le CNOPSAV, parlement du sanitaire avec les professions agricoles, vétérinaires, et les scientifiques spécialisés de cette maladie (1), dans une réunion extraordinaire le 16 juillet, "a validé à l'unanimité des membres sauf une voix la stratégie articulée autour de mesures impératives pour enrayer la propagation du virus et protéger le cheptel bovin français" :

  • le dépeuplement par abattage total des foyers (unités épidémiologiques) infectés pour éteindre les sources du virus, en conformité avec les obligations européennes
  • la mise en place de périmètres réglementés où s'appliquent des mesures de protection et de surveillance renforcées notamment la limitation des mouvements
  • une campagne de vaccination obligatoire dans ces zones réglementées

 

"Un accompagnement global et individualisé des éleveurs est prévu, incluant l'indemnisation et le soutien psychologique. La campagne de vaccination démarrera dès le début de la semaine prochaine. 

"Avec les tests dont nous disposons et la recherche par PCR, il est possible de ne pas détecter la maladie alors même que le bovin est infecté, car la circulation virale est intermittente et la charge virale peut être trop faible pour être détectée", a expliqué Eric Cardinale, directeur scientifique de la Santé animale et du bien-être animal de l'ANSES.

"Si nous ne tarissons pas rapidement la source du virus par le dépeuplement total des foyers, nous ne maitriserons pas la propagation virale et le nombre de foyers va se multiplier", alerte Laurent Perrin, administrateur et ancien président du SNVEL.

Certains bovins, bien qu’infectés, peuvent ne pas exprimer de signes cliniques, et par conséquent, s’ils restent sur l’élevage, ils contribuent à la diffusion de la maladie."Ne pas abattre les troupeaux contaminés en début de crise c’est prendre le risque que la maladie devienne enzootique dans nos troupeaux, entraînant la nécessité de vacciner pendant de longues années, sans possibilité d’obtenir le statut indemne", est-il mentionné dans le dossier de presse sur la DNC mis à jour par le ministère de l'agriculture. Ceci du fait des caractéristiques de cette maladie - sa contagiosité et sa durée d’incubation longue, allant jusqu'à 28 jours. 

« Vous nous trouverez à vos côtés. Nous voulons préserver l’intérêt général de l’élevage français et c’est pour cela que les chambres d’agriculture soutiennent pleinement les mesures prises par l’Etat et la ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Mais l’Etat doit aussi soutenir les éleveurs concernés qui vivent chacun un drame sur leur exploitation » affirme Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France.

Lire aussi : Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : comment la repérer et comment réagir ?

Annie Genevard a conclu : « Nous sommes dans une course contre la montre pour éradiquer le virus et éviter sa propagation à tout le cheptel français. Les mesures aussi dures soient-elles, qui ont été validées ce soir par le monde de l’élevage sur la base des préconisations des autorités vétérinaires et des scientifiques, sont indispensables pour protéger le cheptel français. Je suis pleinement mobilisée aux côtés des éleveurs pour les soutenir face à cette maladie émergente grave. Je connais leur attachement à leurs animaux. C’est la raison pour laquelle l’Etat se tient aux côtés des éleveurs de Savoie et de Haute-Savoie pour leur apporter soutien, indemnisation et capacité à reconstituer rapidement leur troupeau. »

La Confédération paysanne a organisé deux mobilisations sur des élevages en Savoie et Haute-Savoie et en annonce une pour le 18 juillet. Dans un communiqué du 16 juillet, l’organisation syndicale réaffirme son opposition aux abattages totaux des troupeaux dès la première analyse positive à la DNC. « La DNC se transmet par des vecteurs sédentaires (stomoxes et taons), qui n’affectent ni les autres espèces animales ni les humains. La contagiosité de la maladie et les symptômes qu’elle déclenche ne sauraient justifier l’abattage préventif de centaines d’animaux sains.»  

La Coordination rurale soutient un autre élevage de Savoie. Selon la presse régionale, 200 personnes y étaient réunies le 14 juillet, notamment à l'appel de la CR. Dans un communiqué du 15 juillet, le syndicat dénonce l'abattage et demande "une gestion responsable et raisonnée de l'épidémie." Elle demande la suspension de tous les arrêtés d'abattage total, le confinement des troupeaux concernés en bâtiment, un abattage sélectif limité aux animaux présentant des signes cliniques. La CR appelle à un déploiement massif de vétérinaires, à l'implication des chambres d'agriculture, et à la solidarité de l'ensemble du monde agricole.  

Le MODEF continue à s’opposer à l’abattage total des foyers infectés par la DNC et demande le déclassement de cette maladie car elle n’est pas transmissible à l’être humain. "Les éleveurs ont besoin d’une prise en charge, pas d’abattages", a martelé le syndicat dans un communiqué du 7 juillet.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux le 14 juillet, la FNSEA apporte tout son soutien aux éleveurs touchés et explique qu’elle a obtenu un abattage par lot au lieu d’un abattage total, et la possibilité de transformer le lait cru. Elle demande qu'un temps de décision soit instauré à l'obtention des résultats avant abattage et un soutien fort des éleveurs. Elle attend l’arrivée rapide des vaccins pour enrayer l’épidémie et incite les éleveurs à limiter les mouvements d’animaux. La FNSEA demande à l’Etat des soutiens financiers pour compenser les pertes  (du cheptel ou de production, directes ou indirectes), pour prendre en charge les examens, la désinsectisation, les frais vétérinaires. 

(1) ANSES, CIRAD, CNOV, FSVF, SNVEL, SNGTV, DGAL et CGAAER

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