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Elevage des génisses
Deux à trois ans pour faire une bonne vache

Il existe une très grande diversité de pratiques pour l’élevage des génisses en fonction de la race, de l’âge au premier vêlage, du potentiel fourrager... La phase d’élevage des génisses recèle bien souvent une marge de progrès accessible.

Un point clé : éviter les croissances à contretemps avec une valorisation nulle du pâturage et une ration hivernale à coût élevé.
Un point clé : éviter les croissances à contretemps avec une valorisation nulle du pâturage et une ration hivernale à coût élevé.
© S. Leitenberger

Un premier vêlage à la date choisie, qui se passe bien, une génisse qui ensuite a du lait, et c’est une carrière de reproductrice qui démarre sous de bons hospices. « Les génisses représentent l’avenir du troupeau. Il ne faut pas les négliger »,argumente Jean-Paul Coutard de la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Un important travail de modélisation des données de la base de sélection des Pays de la Loire a été mené. Il a permis de mettre en évidence des sources intéressantes de progrès technique et de proposer un guide des recommandations pour l’élevage des génisses pour les races Charolaise, Limousine, Blonde d’Aquitaine et Rouge des Prés(1). Le coût d’élevage d’une génisse allaitante est en effet élevé. Il a été chiffré sur un cas-type par les réseaux d’élevage de Bretagne(2) à 990 euros en 2009 pour un premier vêlage à 3 ans, se composant d’un tiers de charges opérationnelles et de deux tiers de charges de structure.


LE CHOIX DE L’ÂGE AU PREMIER VÊLAGE MÉRITE RÉFLEXION


Pour une croissance économique, il est essentiel de tirer le meilleur parti des phases de pâturage. Dans le cas d’un premier vêlage à 30 mois ou à 3 ans, il est possible de faire jouer la croissance compensatrice. La reconstitution de la croissance des génisses s’opère alors sur les mois d’avril, mai et juin. L’idéal est sur la suite de la saison de pâturage de maintenir au moins une petite croissance. Mais lorsque les génisses utilisent des parcelles médiocres, il ne faut pas surestimer les objectifs de croissance. La gestion du parasitisme chez les génisses est à raisonner selon le contexte de l’exploitation. Le rationnement hivernal doit d’autre part être particulièrement soigné. De faibles écarts du niveau d’apport énergétique peuvent induire de fortes variations de la croissance. Elles sont aussi plus sensibles que les adultes à un déficit de PDIN par rapport aux PDIE. Le choix de l’âge au premier vêlage joue sur de nombreux leviers du fonctionnement du système d’élevage et mérite une réflexion globale. Seul le contexte local et les risques acceptés permettent à l’éleveur de bien choisir son itinéraire de production. Ensuite, le seul moyen de réaliser un suivi régulier des génisses est de les peser, au moins deux fois par an, pour vérifier leur évolution et ajuster leur conduite.


(l) à commander auprès de la chambre régionale d’agriculture des Pays de Loire ou téléchargeable sur http://www.agrilianet.com/publications/ publications.htm


(2) Chambres d’agriculture de Bretagne Institut de l’Elevage

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