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Des traitements antiparasitaires insuffisamment raisonnés

Dans le Cantal, la gestion des parasites internes est d'abord basée sur des habitudes et n'est pas toujours bien raisonnée. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée à l'initiative du GDS.

Sur soixante élevages cantaliens enquêtés par le GDS, seul un quart 
des éleveurs réalisent des analyses de bouses 
ou des sérologies avant de traiter.
Sur soixante élevages cantaliens enquêtés par le GDS, seul un quart
des éleveurs réalisent des analyses de bouses
ou des sérologies avant de traiter.
© F. d'Alteroche

« Traitements trop systématiques et pas toujours bien raisonnés tant dans le choix des produits que de la période du traitement, analyses coprologiques ou sérologies peu usitées et surtout insuffisamment prises en compte... » Voilà deux aspects importants mis en avant par une enquête réalisée l'an dernier à l'initiative du GDS du Cantal. Elle avait comme principal objectif de mieux connaître le mode de gestion du parasitisme interne des bovins chez les éleveurs de ce département en se cantonnant aux seuls strongles gastro-intestinaux, grande douve et paramphistomes. « Cette étude a permis de voir quels étaient les points importants à améliorer », analyse Adélaïde Pellat, en charge de cette enquête réalisée dans le cadre de son stage de fin d'étude d'ingénieur à VetAgro Sup.
Un échantillon représentatif de 60 exploitations a donc été retenu. Réparti sur l'ensemble du département, il se composait de 35 élevages allaitants, 11 élevages laitiers et 14 mixtes, tous adhérents du GDS et en agriculture conventionnelle.
Les informations ont été recueillies par le biais d'entretiens au cours desquels après un descriptif de l'exploitation, toutes les pratiques de l'élevage relatives à la gestion du parasitisme étaient abordées. Le niveau des connaissances des éleveurs pour chacun de ces trois parasites était au préalable évalué.
« Près de 90 % des éleveurs ont répondu spontanément 'les strongles' et 'la grande douve' lorsqu'il leur a été demandé de citer les parasites internes qu'ils connaissaient. Il n'en est pas de même pour les paramphistomes ; seulement 35 % des éleveurs ont cité ce parasite », souligne Adelaïde Pellat.


Peu de recherche par analyse avant de traiter


Autre constat important : seulement un quart des éleveurs contactés pour les besoins de cette enquête effectuent des analyses avant de procéder à des traitements antiparasitaires. Mais surtout le résultat de ces analyses n'est pas toujours pris en compte avant de procéder à tel ou tel traitement !
D'après la synthèse de l'enquête, « la réalisation d'analyses pour rechercher les parasites n'est pas considérée comme un outil d'aide au diagnostic pour envisager un traitement en connaissance de cause mais davantage comme un outil à utiliser en cas d'urgence. »
L'enquête a également mis en évidence des traitements le plus souvent systématiques. « Trop d'éleveurs gèrent le parasitisme de la même manière pour l'ensemble de leur cheptel. » L'approche lot par lot en analysant l'opportunité du traitement en fonction du devenir de l'animal (broutard et laitonne destiné à l'engraissement à brève échéance ou future femelle de renouvellement) est insuffisamment pris en compte. Certains éleveurs gagneraient à se poser certaines questions avant d'opter pour des traitements parfois un peu trop systématiques. Mes animaux sont-ils infestés ? Le traitement est-il nécessaire ? Cela permettrait d'éviter certains traitements inutiles ou réalisés à des moments peu opportuns pour permettre à l'organisme des futures vaches reproductrices d'acquérir une bonne immunité vis-à-vis de certains de ces parasites internes.
Pour beaucoup d'éleveurs, « animaux infestés » signifie qu'il y a inévitablement présence de signes cliniques. « Ceci explique qu'à la question 'Pour quelles raisons ne faites-vous pas de diagnostic pour rechercher les parasites ?', 60 % des exploitants concernés ont répondu : 'parce que je n'ai pas de problèmes, je n'ai jamais eu de cas cliniques'. » , souligne Adelaïde Pellat.
À noter également que 10 % des éleveurs interrogés pour les besoins de l'enquête ignorent qu'il existe des outils de diagnostic (analyses de bouses ou sérologies) pour déceler le niveau de présence de parasites et traiter à bon escient.


Fiches techniques, conseils individualisés et informations


Interrogés sur leurs connaissances sur les trois différents parasites pris en compte dans l'enquête, 53 % des éleveurs s'estiment suffisamment informés. « Mais parmi eux, 60 % sont tout de même désireux d'avoir des informations supplémentaires. Au total, ce sont donc les deux tiers des éleveurs qui sont demandeurs d'informations sur la gestion du parasitisme au pâturage. »
Leur souhait serait d'abord d'avoir des fiches techniques sur les différents parasites les plus couramment rencontrés. Des documents qui reprendraient les principales caractéristiques de la biologie de ces espèces en indiquant en parallèle les catégories d'animaux les plus sensibles et les périodes de traitement les plus opportunes.
Mais au fil des discussions, des éleveurs ont aussi expliqué qu'ils aimeraient recevoir un conseil individualisé dans lequel le conseil apporté à l'éleveur serait adapté à sa propre exploitation et en accord avec ses objectifs de production.
« Au contraire, d'autres préfèreraient opter pour des réunions d'information collectives. Là, en présence d'un conseiller (vétérinaire ou spécialiste en parasitisme...) ils souhaiteraient approfondir leurs connaissances et échanger sur leurs pratiques », conclut  Adelaïde Pellat.

 

Voir aussi article " Le coût des traitements antiparasitaires est plus élevé en élevage allaitant que laitier ".

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