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Engraissement
Des éleveurs-investisseurs de l´Ouest, de l´Est et du Limousin motivés par le projet de filière

Une étude menée par l´Institut de l´élevage sur des projets d´agrandissement d´ateliers d´engraissement de jeunes bovins dans l´Ouest, l´Est et le Limousin a permis de déterminer les motivations des éleveurs.


Vingt-quatre élevages, engraisseurs spécialisés, naisseurs-engraisseurs ou laitiers, ont fait l´objet d´une enquête approfondie menée par l´Institut de l´élevage. Leurs projets sont de dimension importante, car il s´agit en moyenne de doubler le nombre de jeunes bovins engraissés à l´année pour atteindre l´effectif de 205 jeunes bovins engraissés par an. Dans 5 cas, il s´agit de la création d´un atelier et pour 12 d´entre eux l´évolution de l´atelier initial aboutit à dépasser les 200 jeunes bovins sortis par an. Un nouveau bâtiment a été construit dans tous les cas.
« Nous avons identifié trois grands types de projets », explique Patrick Sarzeaud de l´Institut de l´élevage à Rennes. Dans les deux tiers des cas, la croissance de l´atelier est motivée par une recherche de l´amélioration de la productivité du travail et de l´efficacité économique de l´exploitation. Ceci est fait à SAU constante, toutes les cultures disponibles sont dédiées aux jeunes bovins. Cette motivation se retrouve soit à main-d´oeuvre constante avec la présence de main-d´oeuvre salariée à conforter, soit dans le cas de l´arrivée d´un associé ou d´un conjoint avec l´objectif de créer un revenu supplémentaire.

Améliorer la productivité du travail
Dans d´autres cas, la création de places d´engraissement de jeunes bovins vise à compenser une perte de revenu, par exemple la fin d´un CTE ou l´arrêt d´une production, à SAU constante et sans modification de l´assolement (une partie des cultures de vente étant alors destinées à l´engraissement ou bien l´engraissement des jeunes bovins se faisant en ration sèche).
Enfin, les jeunes bovins supplémentaires sont aussi parfois mis en place dans le cadre d´un agrandissement de la SAU de l´exploitation pour valoriser des surfaces à bon potentiel en maïs ensilage et céréales.
Interrogés sur leurs choix d´orientation, ces éleveurs ne cachent pas leur statut d´entrepreneur. Ils sont motivés de produire pour un marché, sans aides PAC. En l´occurrence, l´agrandissement de l´atelier d´engraissement viendra d´abord conforter le chiffre d´affaires et une partie des bénéfices sera atteinte par la rationalisation de la main-d´oeuvre et de l´équipement. La recherche de l´optimisation du système d´exploitation avec des bâtiments et du matériel fonctionnel, le travail sur le contrôle des coûts de production, déterminent aussi leur choix de s´engager dans la création de places d´engraissement de jeunes bovins.
Patrick Sarzeaud de l´Institut de l´élevage : « Les éleveurs-investisseurs sont particulièrement motivés par l´engraissement et par le projet de filière. Ce sont des entrepreneurs. » ©DR

Une adhésion au projet de filière
Et ils se déclarent satisfaits de retrouver le sens d´appartenance à une filière. « Les projets s´engagent presque dans tous les cas avec le couvert d´une certaine contractualisation de la production. Huit élevages sur dix de cette enquête bénéficient d´autre part du dispositif national de sécurisation des investissements.
L´engagement des organisations de producteurs sur la filière jeunes bovins joue manifestement un rôle fondamental dans la confiance qu´ils placent dans ce projet. Les contrats sont très divers mais les éleveurs mettent surtout en avant les aides à la trésorerie pour l´achat des animaux qui permet de soulager et « déstresser » les éleveurs.

Et la PAC dans tout ça ? Elle n´entre pas vraiment en ligne de compte dans la réflexion qui a conduit à s´engager dans cette voie. La plupart des élevages enquêtés produisaient moitié moins de jeunes bovins durant les années qui ont servi au calcul des DPU. « En investissant à cette échelle dans la production de jeunes bovins, ils savent qu´ils prennent plus de risques mais considèrent que l´engraissement sera rentable hors aides, car le marché est structurellement déficitaire et que c´est l´intérêt de la filière d´assurer cette rentabilité. » Quand des DPU sont détenus, ils sont considérés comme une aide au financement. L´activité jeunes bovins est aussi pour certains un moyen de préparer « l´après DPU » de 2014.

©Source : Sefi´bov
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