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Viande bovine
Des effets positifs de la vente directe sur le prix au kilo

Une étude économique menée dans l´Ariège montre que le prix de vente de viande bovine au kilo est plus élevé chez les éleveurs qui commercialisent par le biais de circuits courts, mais quelques répercussions peu favorables apparaissent parfois sur la conduite du troupeau.


L´analyse du prix moyen de vente au kilo met nettement en évidence les éleveurs qui commercialisent leurs animaux par le biais d´un circuit « court ». C´est ce qui ressort de l´étude économique menée sur 45 exploitations en Ariège. Il peut s´agir d´adeptes de la vente directe mais également d´éleveurs qui écoulent une bonne partie de leurs animaux gras auprès d´artisans bouchers de proximité. Ces éleveurs ont souvent un coût de concentré ramené à l´animal plus élevé, car ils finissent une proportion importante d´animaux et ont souvent des structures d´exploitation de petite taille sur lesquelles ils ne produisent pas toujours suffisamment de céréales. Ils sont donc forcés de recourir à des achats complémentaires de concentrés. « En 2002, l´activité vente directe a bien augmenté. En 2003, il se peut que certains aient diminué au profit du retour à une vente en maigre », estime Dominique Siret, chargée de l´Observatoire économique à la Chambre d´agriculture de l´Ariège.

Répercussions sur la régularité des IVV
Le fait d´avoir décroché certains marchés suite à la crise devrait cependant en inciter beaucoup à persévérer dans cette voie. « Mais malheureusement, certains ont choisi ce mode de commercialisation alors qu´ils ont déjà largement assez de travail. Dans ce cas, c´est inquiétant pour l´avenir de leur troupeau et la gestion de leurs surfaces. Pour l´instant, l´aspect productivité numérique reste dans la moyenne chez ceux qui pratiquent la vente directe. J´attends pourtant de voir quel sera à plus long terme l´effet du facteur « temps consacré à la vente directe » sur le niveau des résultats de reproduction. »
Aucun chiffre ne peut encore être mis en avant du fait du peu d´antériorité de ce type de démarche et s´il a vraiment un impact, il reste encore à savoir s´il pourra être vraiment quantifié.
On commence pourtant à pressentir une première répercussion pas forcément favorable. Dans un premier temps, les IVV devraient probablement être plus pénalisés que les taux de mortalité des veaux.

La vente directe et notamment la vente directe de viande de veau induit en effet des changements sur la conduite des troupeaux avec des éleveurs qui ne cherchent plus à grouper les vêlages. Ils sont même plutôt intéressés par la possibilité d´avoir des mises-bas tout au long de l´année afin de faciliter l´approvisionnement de leur clientèle. Il y a donc un étalement de la période des naissances. Cela peut amener les éleveurs à être beaucoup moins rigoureux sur la régularité des intervalles vêlage-vêlage avec des IVV moyens qui tendent progressivement à faire 385 jours plutôt que 365. On enregistre également des conséquences sur la mortalité du fait de la présence souvent simultanée de veaux d´âges très différents qui sont amenés à se côtoyer. Cela se retrouve ensuite dans la conduite des génisses d´élevage avec des animaux d´âge assez différent dans un même lot, ce qui n´est pas vraiment à conseiller.

« Personnellement, je ne pousse pas dans le sens de la vente directe. Je dis souvent aux éleveurs dont les résultats techniques sont nettement perfectibles : Vous avez une marge financière de progrès bien plus intéressante et facile à gagner en jouant d´abord sur le niveau de productivité de votre troupeau. Vous regardez trop le chiffre d´affaires réalisé par le biais de la vente directe, mais vous ne comptez pas suffisamment toutes les charges induites par cette activité. »

Deux philosophies différentes
Reste que la dimension économique de l´exploitation est aussi à prendre en compte. « De très petites structures d´exploitation (30 ha, 20 vaches) ne deviennent viables que grâce à la mise en place d´un atelier complémentaire de vente directe destiné à valoriser au mieux les produits de l´atelier principal. » Mais la question est aussi finalement de savoir comment on préfère valoriser son temps de travail. On peut être plus intéressé (et plus doué !) pour faire de la vente en cherchant alors à obtenir un prix au kilo le plus élevé possible. On peut également privilégier le côté technique avec la volonté de passer plus de temps au suivi de son troupeau (génétique, alimentation, soins, surveillance...) de façon à obtenir le maximum de kilos d´animaux disponibles pour la vente à partir de son cheptel de vaches mères. Cela devient deux philosophies différentes.

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