Aller au contenu principal

Des cow-boys en Bourbonnais

Pascal Morlat, dans l’Est de l’Allier, se fait aider chaque année par une quinzaine d’amis cavaliers pour rentrer son cheptel avant l’hiver. En procédant ainsi, une petite journée suffit.

« Depuis une dizaine d’années, mes lots sont systématiquement rentrés chaque année le 11 novembre. La date est toujours la même car elle est facile à retenir pour la quinzaine d’amis cavaliers qui viennent me donner le coup de main. Ce sont, comme moi, des inconditionnels d’équitation américaine, habitués à travailler le bétail à cheval », explique Pascal Morlat, éleveur à Isserpent, dans l’Allier. « Je les ai pour la plupart rencontrés au gré de différentes manifestations relatives à l’équitation Western. Mais ce ne sont pas des cow-boys d’opérette ! Ils ont vraiment l’habitude de faire ce travail. Leurs chevaux sont parfaitement aux ordres et sont régulièrement utilisés pour travailler sur du bétail. » Autant de cavaliers qui ont également une bonne connaissance du bétail, savent comment l’aborder et connaissent tout de son instinct grégaire.

« Donc, tous les 11 novembre, ils me rendent service et en même temps se font plaisir. Au final, tout le monde passe une bonne journée et tous mes lots sont rentrés. Pas besoin de bétaillères ! », s'amuse Pascal Morlat. Tout est réalisé à cheval, avec juste un ou deux quads en assistance pour ouvrir et fermer les clôtures et éviter aux cavaliers de monter et descendre sans arrêt. Les cow-boys du Bourbonnais sont en selle à 10 h, s’arrêtent vers 13h30 pour déguster un bon bourguignon au coin du feu, et à 18h00 tout est terminé après avoir, cette année, successivement convoyé sept lots de vaches suitées et génisses pleines, soit un peu plus de 200 têtes.

Jamais de grand galop

Tout se passe dans le calme, et au pas la plupart du temps. « Il est de toute façon totalement hors de question de ramener du bétail au grand galop. Je ne le supporterais pas. J’aime trop mes animaux », précise le grand ordonnateur de la journée. Et de préciser qu’avec des vêlages de fin d’été, les lots sont préalablement recomposés à ce moment-là pour être, à quelque chose près, déjà calibrés à la capacité d’accueil des différentes cases. Mais, le 11 novembre, Pascal Morlat n’est pas en selle. Il reste dans les stabulations, avec un ami pour l’aider à ouvrir et fermer les barrières, pour que le bon lot aille dans la bonne case. Et c’est de là qu’il dirige les opérations.

La plupart des cavaliers connaissent cependant très bien son parcellaire, car où ils donnent parfois un coup de main en été pour déplacer des lots. Ils savent donc parfaitement où sont positionnés les différents passages que devront emprunter chaque lot. Idem pour les carrefours et entrées de parcelles, où doivent se positionner les cavaliers pour empêcher les animaux de passer et les guider jusqu’à la stabulation. Pascal Morlat leur rappelle simplement, au fil des arrivées, quel est le lot suivant qui doit être ramené et de combien de têtes il se compose, afin d’être bien certain de ramener tout le monde.

Il n’y a évidemment pas de grand-route à traverser. Juste une départementale sur laquelle il faut faire patienter certains automobilistes pas toujours compréhensifs. « Mais le plus souvent cela se passe bien. On a souvent droit aux photos ! », conclut l'éleveur.

Vêlages d’automne et parcellaire favorable

Le cheptel de Pascal Morlat totalise cette année 112 vêlages : deux tiers de Salers et un tiers de Charolaises. La quasi-totalité des vaches vêlent en septembre et octobre. Tous les lots sont hivernés en bâtiment, hormis le lot de génisses de 1 an. Le parcellaire est plutôt bien regroupé, à l'exception d'un ensemble à 6 km du siège de l’exploitation, qui oblige à déplacer deux lots sur une route départementale. Sur les pâtures, la plupart des clôtures sont électriques et ont été astucieusement aménagées de façon à faciliter la circulation des lots.

Les plus lus

<em class="placeholder">éleveurse aubrac Pyrénées-Orientales</em>
Élevage bovins viande : Seule en montagne avec 55 vaches aubrac
Alicia Sangerma s’est installée seule avec une soixantaine de vaches en 2009. Depuis, elle court pour tenir le rythme et rêve de…
<em class="placeholder">Fernando Herrera est le directeur de l’Association des producteurs exportateurs argentins (APEA).</em>
Marché mondial de la viande bovine : La puissance tranquille du Mercosur, fort de débouchés divers

Les pays du Mercosur disposent maintenant de débouchés divers pour leur viande bovine. Que représente le marché européen pour…

<em class="placeholder">éleveurs conseiller stabulation limousines</em>
Gaec du Limousin : « Nous avons toujours gagné plus avec l’élevage qu’avec les cultures »

En Meurthe-et-Moselle, les deux associés du Gaec du Limousin combinent efficacité technique et autonomie alimentaire pour…

Viande bovine : L’accord avec le Mercosur expose à des perturbations de marché

Avec l’accord entre le Mercosur et l’Union Européenne, le risque de trouble du marché européen des aloyaux, élément…

<em class="placeholder">remorque dérouleuse pour quad</em>
Astuce d’éleveur : « Nous avons fabriqué une remorque dérouleuse pour quad »
Le Gaec Letouvet, éleveurs de jersiaises en Seine-Maritime, a fabriqué une remorque pour quad permettant de charger, transporter…
<em class="placeholder">Benjamin Cabirou, naisseur-engraisseur de charolaises à La Ferme du Clocher avec son épouse</em>
Elevage bovins viande : S’organiser pour se libérer du temps, « on se rapproche du reste de la société »

Certains éleveurs ont réorganisé leur travail pour se rapprocher des rythmes du reste de la société. Ils réservent des temps…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande