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Des concours charolais plus en phase avec le marché

Le herd-book Charolais entend faire évoluer l’organisation de ses concours. La volonté est de les rendre plus attractifs pour les non adhérents avec la mise en avant d’animaux en phase avec la demande du marché.

À côté des données chiffrées, la capacité à avoir un bon coup d’œil pour juger du devenir d’un animal reste essentiel pour le tri des animaux, que ce soit dans un concours ou sur un élevage.
À côté des données chiffrées, la capacité à avoir un bon coup d’œil pour juger du devenir d’un animal reste essentiel pour le tri des animaux, que ce soit dans un concours ou sur un élevage.
© F. d'Alteroche

« Les concours, cela paraît dépassé pour certains. Mais pour nous, ces rendez-vous ont été, sont et resteront des moments importants pour réunir les acteurs de la base de sélection et faire la promotion de notre race », explique Michel Baudot, président du herd-book Charolais. L’an dernier, sur les 2162 troupeaux adhérents, 643 ont participé à au moins une de ces confrontations en présentant 4809 animaux, avec des degrés divers entre élevages pour le nombre d’animaux engagés et la fréquence de participation. « Ce sont des lieux de rencontre, donc des carrefours pour le commerce. Ils se déroulent dans un contexte le plus souvent festif et convivial. » Et de souligner que ces événements contribuent également à créer des animations dans des zones rurales où l’élevage allaitant est l’un des principaux piliers de l’activité économique. « C’est pour nous une occasion supplémentaire pour vulgariser l’élevage et la viande auprès des consommateurs, mais également être reconnu auprès des pouvoirs publics comme un acteur précieux et vital pour le monde de l’élevage et l’agriculture en général », ajoute Florence Marquis, directrice de l’OS Charolais.


Rafraîchir le déroulé des concours à partir de cet automne


Pour autant, il est important de faire évoluer ces manifestations afin qu’elles demeurent dans l’air du temps. Il s’agit également de donner envie aux éleveurs — et en particulier ceux dont le troupeau ne fait pas partie de la base de sélection — de venir ou revenir sur les concours. En un mot, conforter la crédibilité de ces manifestations à l’heure où bien des éleveurs entendent établir une hiérarchie entre animaux qui va au-delà du seul classement sur un phénotype le jour J du concours.
Deux critiques sont émises à l’encontre des concours charolais. D’une part la trop faible présence d’animaux adultes alors même que ce sont eux qui constituent la meilleure des vitrines pour un élevage. Elle se traduit par une sur-représentation des sections de jeunes et en particulier celles des mâles de l’année. La seconde critique couramment entendue est relative à cette dernière catégorie avec des animaux auxquels il est souvent reproché une « préparation » excessive. Le niveau d’embonpoint atteint pour ces veaux de moins d’1 an va parfois bien au-delà du raisonnable. Dans les cas extrêmes, il va même jusqu’à pénaliser la future carrière de ces jeunes reproducteurs.
Pour faire évoluer la réglementation des concours et la moderniser, le herd-book Charolais a d’abord mis sur pied, en 2011, un groupe de travail dont les membres sont partie prenante de l’organisation de ces manifestations. Il s’est aidé dans sa réflexion de l’audit et de l’évaluation selon une grille de 27 concours charolais répartis sur l’ensemble du territoire français. Un travail complété par l’analyse du déroulement des concours pour les autres races allaitantes en allant également jeter un œil sur la façon dont les concours sont organisés à l’étranger. Ces réflexions se sont traduites par la mise en application de décisions visant à rafraîchir le déroulé des concours à compter de cet automne. Elles concerneront en particulier les messages génétiques et les informations techniques aisément compréhensibles par tous, comme par exemple le catalogue des animaux en lice et les pancartes affichées au-dessus de chacun. Au moment du classement, le jury devra être intransigeant pour sanctionner les aplombs défectueux et les excès de gras. Parmi les autres nouveautés : l’ouverture des concours aux éleveurs utilisateurs. « Un éleveur hors base de sélection détenant un adulte inscrit pourra désormais participer aux concours reconnus. »


Une formation pour les juges


De même, le jury pourra être élargi à un éleveur dont l’élevage ne fait pas partie de la base de sélection mais qui utilise des taureaux qui en sont issus. Une décision qui répond à la volonté de mieux mettre en avant des animaux dont la morphologie est bien en phase avec les attentes de ces élevages. La volonté est également de mieux former les juges. Ces derniers devront avoir le coup d’œil du bon emboucheur qui sait rapidement juger du devenir d’un animal et des points forts et points faibles de sa morphologie. Le second axe de la formation concernera sa capacité à expliquer le pourquoi de son classement micro en main avec des commentaires dynamiques, concernant les lauréats, la sélection et la race Charolaise. Par ailleurs, pour s’adapter à l’évolution des conduites d’élevage, il sera mis en place des sections pour les veaux nés à l’automne. Une catégorie d’animaux en phase avec la demande d’éleveurs soucieux de trouver des taureaux à même d’être utilisés sur des lots plus conséquents dès la première campagne de saillie dans le cas de vêlages d’hiver.

Congrès mondial en août 2014

Le site du Marault, dans la Nièvre, sera à l’heure internationale du 26 août au 4 septembre prochain. Parallèlement au prochain concours national, il accueillera le congrès mondial de la Charolaise pour une série de journées festives et studieuses au cours desquelles il sera question de l’actualité de la sélection dans les pays utilisateurs de cette race. À côté d’un état des lieux sur les avancées de la génomique dans ces pays, la présentation de résultats de travaux sur l’efficacité alimentaire a également planifiée. En marge de cette rencontre sera fêté le 150e anniversaire du herd-book Charolais.

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