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Des accords de libre-échange qui se multiplient

L’Union européenne prépare plusieurs accords de libre-échange. Pour certains, le secteur viande bovine est surtout sur la défensive (États-Unis, Canada…), pour d’autres il est largement offensif (Tunisie, Vietnam…).

Ceta, TTIP, Asean… sont des noms que l’on risque d’entendre de plus en plus. En effet, les accords de libre-échange entre Union européenne et pays tiers se multiplient. Plusieurs d’entre eux sont à fort impact potentiel pour le secteur de la viande bovine européenne et française. À commencer notamment par le Ceta - accord économique et commercial global entre Union européenne (UE) et Canada. Les négociations sont officiellement terminées depuis octobre 2013. Des contingents importants ont été concédés au Canada (droits de douane nuls pour 67 500 tonnes de viandes bovines canadiennes). « Même si le marché canadien a rouvert ses portes aux importations de viande bovine de dix-neuf pays membres de l'Union européenne dont la France (levée de l'embargo ESB en octobre 2015), il restera uniquement un marché de niche (veau par exemple) pour l’UE. Le constat est identique pour les États-Unis. Après avoir consenti un contingent conséquent au Canada, la Commission européenne pourrait être amenée à accorder un accès encore plus large à son marché pour les États-Unis, dans le cadre du TTIP (partenariat transatlantique de commerce et d’investissement entre UE et États-Unis). Le fait que les embargos ESB se lèvent sur des pays tels que le Canada ou les États-Unis peut toutefois offrir un vrai précédent pour d’autres destinations, avec un intérêt export pour l’UE », note Fabien Champion, du département économie de l’Institut de l’élevage. Le TTIP représente une menace pour le marché européen, car l’équilibre des prix de la carcasse étant peu différencié aux USA, les muscles nobles sont très compétitifs.

Des accords à risques pour la viande bovine française

Les négociations avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) qui semblaient être passées au second plan, tant pour les autorités européennes que sud-américaines (arrêt des discussions depuis un an), pourraient être relancées suite à l’élection du nouveau président argentin, Mauricio Macri, en novembre 2015. « Les discussions durent depuis quinze ans. Les niveaux d’ambition ne sont pas les mêmes entre les deux entités. L’Union européenne attend quant à elle l’avis du conseil européen. A priori, plusieurs pays y sont opposés dont la France, l’Irlande, la Pologne. Là encore, la filière européenne de la viande bovine est sur la défensive », poursuit Fabien Champion.

Derniers pourparlers où la viande bovine n’a aucun enjeu offensif : ceux que l’UE pourrait prochainement débuter avec d’autres régions exportatrices du secteur viande bovine, telles que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Mexique.

Plus positives pour l’export vers les pays tiers de viande bovine européenne sont les discussions avec le Vietnam. « L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam a été officiellement conclu le 2 décembre. Cet arrangement, ajouté à la levée de l’embargo ESB sur le bœuf français, devrait permettre à l’UE d’entrer sur le marché vietnamien et ce, sans droits de douane, dont la suppression est prévue trois ans après l’entrée en vigueur de l’accord. L’acceptation du pré-listing des établissements européens devrait d’autre part faciliter les choses. »

De petites négociations qui pourraient être propices à la viande bovine française

Les négociations avec le Japon sont en cours. Elles avancent lentement, douzième round déjà ! « En préambule aux pourparlers, le Japon a autorisé l’importation de viande bovine française et néerlandaise, issue d’animaux de moins de 30 mois. Toutefois, il souhaite pour l’instant exclure la viande bovine du programme de libéralisation. Des barrières non tarifaires sont également présentes : pas de viande d’animaux de plus de 30 mois, demandes spécifiques sur les tests Escherichia coli et listéria. Jusqu’à présent, le Japon a mis la priorité sur les négociations du TTP (accord de libre-échange entre douze pays du Pacifique dont les États-Unis), maintenant terminées. Dans ce cadre, il a accepté l’abaissement de ses droits de douane de 38,5 % à 9 % en seize ans. On peut ainsi espérer quelque chose de similaire », souligne Fabien Champion.

En 2007, un mandat avait été ouvert pour travailler avec l’Asean, association des nations de l’Asie du Sud-Est. Il concernait entre autres le Vietnam, la Thaïlande, la Malaisie et les Philippines. Les discussions avec la Thaïlande sont aujourd’hui à l’arrêt en raison de troubles politiques dans le pays (coup d’État). Celles avec la Malaisie sont limitées par des différences d’ambition. « Elles viennent par contre de reprendre avec les Philippines, où il n’y a pas d’embargo ESB. Une redéfinition du périmètre d’accord est actuellement en cours. »

D’autre part, la Tunisie, le Chili et la Turquie pourraient devenir trois destinations intéressantes pour la viande bovine européenne. L’UE et la Tunisie ont en effet entamé officiellement, mi-octobre, des négociations pour un accord de libre-échange. « Sur ce marché, l’Europe est clairement sur l’offensive, que ce soit pour la viande bovine ou pour les animaux vivants. » Par ailleurs, des négociations avec le Chili pourraient commencer. Le Chili constitue une opportunité car structurellement importateur de viande. « Certes, pas sur du quantitatif, les pays voisins (Brésil…) étant là, mais plus sur du qualitatif. » En ce qui concerne la Turquie, « la commission européenne va lancer une étude préalable en vue de réviser l’union douanière avec ce pays. Nous sommes toutefois encore au stade des travaux très en amont », observe Fabien Champion.

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