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Equarissage
Depuis 2004, quelques sous-produits bovins ont retrouvé une valorisation

Depuis deux ans, la réglementation française évolue et quelques sous-produits bovins issus de la chaine alimentaire sortent de l´obligation de destruction pour retrouver une valorisation économique.


Jusqu´en 2000, la plupart des sous-produits bovins de la chaine alimentaire humaine étaient valorisés dans le secteur de l´alimentation animale. Ils ont tous été interdits en 2001. La gélatine et les graisses prélevées avant fente de la carcasse ont depuis retrouvé une valorisation économique. Jean-Yves Kerbrat, directeur commercial des Établissements Caillaud nous explique les circuits qui existent à ce jour.
La gélatine fabriquée à partir des os
La gélatine fabriquée à partir d´os de ruminants avait été interdite en alimentation humaine en 2001 et elle est à nouveau autorisée avec l´arrêté du 23-7-2004. Les sites de fabrication sont soumis à une autorisation spécifique, et au respect de délais pour le stockage et le transport des os. Il y a deux sites en France, les Établissements Caillaud à Saint-Langis-les-Mortagne dans l´Orne et SVA à Cornillé en Ille-et-Vilaine, qui n´utilisent toutes deux que des os de bovins, hors colonne vertébrale et tête, provenant des ateliers de découpe d´abattoirs français.
Les os sont traités à l´acide ou à la base, broyés, et un lavage à l´eau à 85 ºC permet de séparer les graisses d´os sans prélever la gélatine. Après ce traitement, le rendement en minerai à gélatine est de 20 % environ et le rendement en graisses d´os est aussi de 20 %. Les graisses d´os sont entièrement valorisées, en alimentation des animaux domestiques (autorisé par l´arrêté du 3-8-2005) ou en lipochimie.

Le minerai à gélatine est ensuite séché, broyé, et on obtient, là encore, un rendement de 20 % en gélatine, et ceci après un traitement qui dure deux mois. Les déchets sont séchés et broyés, et une petite partie intéresse aussi les fabricants d´aliments pour animaux domestiques (autorisés par le même arrêté). Ils contiennent seulement 45 % de protéines et beaucoup de minéraux, ce qui limite leur intérêt nutritionnel pour les chats et chiens. Une grande partie des déchets sont donc incinérés faute de valorisation.
La gélatine issue d´os de bovins trouve des débouchés importants dans le secteur pharmaceutique, pour la fabrication de gélules. De la gélatine utilisée pour la fabrication de pellicules photos est aussi fabriquée à partir d´os. Celle-ci est techniquement plus complexe à fabriquer. La gélatine trouve par ailleurs des débouchés dans de nombreuses branches agro-alimentaires dont les plats allégés, les supports de sauces, les bonbons.
©F. d´Alteroche

Les graisses de bovins prélevées à l´abattoir
Les tissus adipeux de bovins, collectés à l´abattoir avant fente de la colonne vertébrale, sont autorisés dans l´alimentation des animaux familiers par avis de l´Afssa du 8-9-2005. Ces graisses, appelées suif, doivent subir une purification et, par mesure nationale, un traitement de stérilisation à au moins 133ºC pendant 20 minutes sous 3 bars de pression.
Les volumes récupérés sur chaque carcasse sont faibles (gras de rognons.). Seulement quelques sites en France travaillent sur ce créneau, en particulier SVA à Cornillé ainsi que quelques ateliers de Socopa.
Quand on fait évaporer l´eau du suif, on obtient un creton qui comporte encore 8 à 10 % de graisse. Les cretons sont constitués de 80 % de protéines (du tissu conjonctif) et sont très intéressants pour la fabrication d´aliments pour les animaux domestiques.
Le suif récupéré après fente de la carcasse trouve aujourd´hui des débouchés industriels dans la lipochimie et la savonnerie. Les graisses prélevées après la fente de la colonne pourraient faire à l´avenir l´objet d´une valorisation en pet-food, mais uniquement pour les bovins âgés de moins de 24 mois ; un avis de l´Afssa daté du 30 janvier 2006 va dans ce sens.

Fertilisation des sols avec des PAT issues de cornes et onglons
Contrairement à d´autres pays européens, la France interdit encore l´utilisation de protéines animales transformées issues de viandes, d´os et de cretons de ruminants pour la production de fertilisants. C´est l´arrêté du 19/9/05 applicable jusqu´au 6/10/06. Par contre, ce même arrêté réautorise la valorisation dans des engrais des protéines animales transformées issues de cuirs, onglons, cornes et sang de ruminants (ce qui avait été interdit depuis 2001). Cette valorisation représente un petit marché. Il y a bien aussi une utilisation des nerfs de bovins pour faire des jouets pour chiens, et un peu d´artisanat avec la corne.
Les graisses comme biocarburants
Le groupe Saria a présenté sa candidature pour l´attribution de capacités à produire des biocarburants à partir de graisses animales avec trois sites possibles d´installation pour une usine : Lisieux dans le Calvados, Issé en Loire-Atlantique et Bayet dans l´Allier. Ce biocarburant permet d´ores et déjà de faire fonctionner la majorité des camions de collecte du groupe Saria Bio-Industries en Allemagne.
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