Aller au contenu principal

De nouveaux méteils riches en légumineuses

Moins de céréales et plus de légumineuses dans le mélange, qui est récolté précocément avant l’implantation d’un maïs. C’est une nouvelle formule de méteils testée par un groupe d’éleveurs laitiers de Bretagne.

Le nouveau fourrage affiche souvent moins de 20 % de MS à la récolte.
Le nouveau fourrage affiche souvent moins de 20 % de MS à la récolte.
© Chambre d'agriculture 35

Un groupe d’éleveurs laitiers suivis par la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine teste depuis un an le « méteil dérobé », qui a pour but de fournir un maximum de protéines. La composition est de 15 kilos/hectare d’avoine, 50 kg/ha de pois fourrager, 30 kg/ha de vesce, 50 kg/ha de féverole pour un semis en octobre. En zone plus tardive, pour un semis fin octobre début novembre, l’avoine est montée à 30 kg/ha et la vesce à 40 kg/ha. L’objectif est de récolter avant la chute des PDI, et avec une valeur UF pas trop pénalisée. Le stade début d’épiaison de la céréale est à viser. Souvent la fauche intervient mi-mai, et certaines années elle est possible fin avril. « Une astuce consiste à semer dans les mélanges à haute valeur protéique un peu d’orge avec la céréale. Quand l’orge épie, c’est qu’il est temps de récolter », conseille Jérémy Guil de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Ce fourrage a une forte teneur en eau à la récolte (souvent moins de 20 % de MS). Pour atteindre les 30 % de MS nécessaires à la réussite de l’ensilage, un fanage se révèle en général nécessaire. « Si le temps est beau, il est aussi possible de juste laisser sécher à plat au sol une journée avant d’ensiler », fait remarquer Benoît Possémé de la chambre d’agriculture de Bretagne. « Ce type de méteil est difficile à enrubanner : le taux de 40 % de MS est rarement atteint. Si on attend juin-juillet pour faucher, le risque de verse est très important. » Ceci du fait que le rôle de tuteur des céréales est moins bien assuré que dans le cas d’une composition de méteil classique. Autre particularité, l’effet barrière des céréales contre les maladies est moins marqué et le mélange peut faire l’objet d’une attaque de botrytis.

14 à 19 % de MAT contre 10 à 12 % pour un méteil classique

Le rendement obtenu dans le groupe s’est élevé à 5 à 7 tMS/ha, soit beaucoup moins que pour un méteil classique triticale/pois qui fournit 8 à 12 tMS/ha. Mais le but recherché est atteint : la teneur en protéines est améliorée par rapport à un méteil classique, avec en moyenne 15 % de MAT contre plutôt 10 à 12 % en général pour un méteil classique. Et la valeur énergétique est quasiment identique à celle d’un bon méteil classique (autour de 0,85 UFL). Cependant, entre les différents éleveurs du groupe, une variabilité conséquente des résultats est observée. La teneur en MAT a varié de 14 à 19 % selon la date de récolte et les stades des différentes espèces du mélange. Le coût total des semences est élevé, à environ 200 euros par hectare, auxquels s’ajoutent environ 250 euros par hectare de frais de récolte. Le bilan est intéressant à l’échelle de la parcelle avec les deux récoltes qui fournissent 15 à 20 tMS/ha de fourrage dans l’année. Les éleveurs cultivent en effet un maïs précoce après l’ensilage du méteil. « Ce type de conduite est sans doute à réserver aux sols de qualité. En sol très séchant, cela ne fonctionnera vraisemblablement pas, car le maïs ne disposera pas de suffisamment d’eau », précisent les conseillers. Même si on manque encore de références sur ce type de fourrages, ils constituent une piste pour créer un fourrage apte à la croissance de bovins allaitants.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Prix des céréales : les raisons de la flambée des cours
Grandes Cultures
Blé, orge, maïs : les prix de l'ensemble des marchés des céréales ont connu une hausse brutale ces dernières semaines. Cette…
filet brise-vent
Plan de relance : des aides pour la biosécurité et le bien-être animal
Le volet agricole du plan de relance comprend une mesure « pacte biosécurité et bien-être animal ». Le dispositif sera piloté par…
Sophie et Michel travaillent avec leur fils Baptiste. Cette année, les laitonnes ont du être rentrées dès octobre à cause des fortes pluies. © S. Bourgeois
Une perte sensible d’efficacité économique pour un système broutards dans la Nièvre
Michel et Sophie Durand conduisent à Ougny dans la Nièvre, un système herbager avec 165 vêlages et vente de broutards lourds. À …
Cette année, la campagne de vêlages se passe vraiment bien avec 85 % de vêlages sans aide, et les retours en chaleurs sont nettement plus rapides qu’auparavant. Pour certaines, c’est quinze jours après le vêlage. © S. Bourgeois
Une approche globale pour une reproduction au top
Des vaches bien préparées au vêlage retournent vite en chaleurs. C’est l’expérience qu’a faite Jean-Michel Michelot, éleveur dans…
Le plan protéines n’oublie pas l’herbe

La stratégie nationale protéines végétales, dévoilée le 1er décembre vise à réduire la…

"Un veau qui ne se lève pas se remarque rapidement ce qui permet de le prendre en charge sans délai », soulignent les éleveurs interrogés sur leur conduite de limitation des tétées. © C. Delisle
Y a-t-il un intérêt à limiter l’accès des veaux à leurs mères ?
Dans le cadre du projet Optirepro, l’Institut de l’élevage et la chambre d’agriculture des Pays de la Loire se sont penchés sur…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande