Aller au contenu principal

Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Grands troupeaux
D´après les bilans travail, l´organisation est primordiale pour gagner du temps

Les bilans travail révèlent d es marges de progrès importantes en matière d´organisation du travail. Notamment autour des tâches quotidiennes, les plus gourmandes en main-d´oeuvre.


Le problème de la charge de travail en élevage allaitant est bien une réalité de plus en plus aiguë. Au fil d´agrandissements successifs, beaucoup d´exploitations ont atteint une taille critique en la matière tandis que la main-d´oeuvre se raréfie. Le travail est une notion complexe à appréhender et il n´est pas toujours facile de faire la part des choses entre le ressenti et la réalité vécue par l´éleveur. Depuis une dizaine d´années, une méthode mise au point par l´Inra et l´Institut de l´élevage, permet d´évaluer la charge de travail dans les exploitations d´élevage. Elle quantifie les temps de travaux sur l´année à partir des dires de l´éleveur, selon leur nature : travail d´astreinte, travail de saison et temps disponible calculé. Utilisée dans toutes les régions et tous les systèmes de production, elle a contribué à accumuler de nombreuses références, partant, à mieux connaître la réalité du travail dans les exploitations allaitantes.
En Aquitaine, le travail d´astreinte se situe entre 16 et 20 h par UGB pour les naisseurs - engraisseurs et atteint 26 h par UGB pour les naisseurs. ©B. Griffoul

Des écarts très importants entre élevages
Ainsi, les réseaux d´élevages de Bretagne ont chiffré le travail d´astreinte, entre 4 et 5 h par jour et par personne, quelle que soit la taille ou l´orientation de l´exploitation. Ramené à l´UGB, l´astreinte quotidienne, consacrée principalement à l´alimentation, se situe entre 15 et 17 h par an. Toutefois, ces chiffres moyens masquent des écarts très importants entre troupeaux, indépendamment de la taille. Ainsi, l´astreinte varie de 8 à 25 h par UGB. « Au-delà de 100 UGB viande, une certaine organisation est mise en place avec en particulier une gestion des animaux par lot. L´effet d´économie d´échelle leur permet d´être plus efficaces avec en moyenne 12,5 h de travail d´astreinte par UGB contre 17 h pour les moins de 100 UGB », analysent les auteurs de l´enquête. Les engraisseurs de jeunes bovins consacrent 13 h par UGB (ou 8 h par animal). Mais, de manière logique, il ressort que « les élevages qui passent le plus de temps sont aussi ceux qui ont le plus de contraintes concernant l´agencement des stabulations, le parcellaire, la facilité d´affourragement, l´équipement en contention. »
Quelles que soient les régions et les systèmes de production, les résultats sont assez proches. Dans le Limousin, on estime qu´un travail d´astreinte optimisé se situe entre 13 et 15 h par UGB. Deux exceptions toutefois. Chez les producteurs de veaux sous la mère où le travail d´astreinte grimpe à plus de 60 h par UGB. Et, en Aquitaine où une récente enquête donne des résultats quelque peu surprenants. Si l´on s´en tient au travail d´astreinte ramené à l´UGB, les éleveurs de cette zone consacrent de 20 à 50 % de temps en plus que ceux des autres régions allaitantes pour soigner les animaux. De plus, les écarts entre éleveurs vont de un à cinq. Toutefois, à y regarder de plus près, on constate comme en Bretagne que les éleveurs du Sud-Ouest consacrent de 4 à 5 h par jour au troupeau, ceci, malgré un travail d´astreinte ramené à l´UGB supérieur. Ils ont donc un peu plus de main-d´oeuvre disponible et moins d´animaux à soigner.
Le travail de saison « consomme » autour de 150 à 160 jours par an dans les élevages spécialisés, avec des écarts assez importants entre exploitations. Une fois retranché le travail de saison et le travail d´astreinte du temps de travail total, il reste le temps disponible calculé qui est consacré aux tâches non quantifiées comme l´entretien des bâtiments et du matériel, les obligations administratives, etc. C´est aussi du temps libre mis à profit pour d´autres activités. On considère qu´à moins de 1000 h par personne et par an, la situation est tendue et fragile par rapport au travail. En Bretagne, seulement un tiers des éleveurs enquêtés dépassent ce seuil. Par contre, en Aquitaine, 60 % sont dans une situation favorable. Dans la plupart des enquêtes, la moyenne se situe autour de 1000 h.
S´équiper ou déléguer certaines tâches
En tout état de cause, ces chiffres montrent qu´il reste des marges de progrès importantes, dans la limite bien sûr des contraintes de chaque exploitation. Tout se passe comme si chacun adaptait son organisation à la main-d´oeuvre disponible et au travail à faire. Mais, aujourd´hui, pour faire face à une charge de travail croissante, il ne suffit plus de prendre le boulot comme il vient. Son organisation doit devenir une priorité. Trois pistes sont souvent évoquées. En premier lieu rationnaliser le travail, notamment les tâches d´astreinte. La conduite du troupeau, le système fourrager, les productions qui doivent être adaptées le mieux possible aux contraintes de l´exploitation en jouant par exemple sur les périodes de mise-bas, l´allotements des animaux. et en simplifiant les conduites. S´équiper, dans la limite des disponibilités financières, permet aussi de gagner du temps et de réduire la pénibilité du travail, en particulier pour la distribution de l´alimentation. Et enfin, si cela ne suffit pas, il reste la solution de déléguer certaines tâches, en particulier le travail de saison, à de la main-d´oeuvre extérieure : Cuma, entreprise, salarié de groupement d´employeurs.
Pour en savoir plus : voir dossier de Réussir Bovins Viande, de janvier 2005.
« Grands troupeaux : la rigueur est de mise dans la conduite du cheptel » titre la revue qui explique que « face à l´agrandissement des troupeaux, l´organisation et la simplification du mode de conduite sont souhaitables pour ne pas se faire déborder par le travail. » (RBV nº112, 19 pages)
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

Vignette
Les traités de libre-échange menacent la viande française
L’été 2019 restera dans les annales comme marqué par la volonté de l’Union européenne de multiplier les accords de libre-échange…
Vignette
Roanne met à l’honneur génétique et viande Charolaise 
Lors du dernier National Charolais, 410 animaux ont mis en avant toute la diversité morphologique existant au sein de la première…
Vignette
La besnoitiose est transmise par les insectes et disséminée par le camion
Maladie transmise par les insectes mais surtout diffusée par le déplacement des bovins, la besnoitiose s’étend. En l’absence de…
La pesée dynamique, outil incontournable pour la précision
Machinisme
Optimisation de la charge, homogénéité d’épandage de fumure organique, voire modulation de dosage… la pesée dynamique est une…
Près de 2000 agriculteurs subissent les répercussions de l'incendie de l'usine Lubrizol
Portail réussir
La liste des produits qui ont brûlé dans l’entrepôt de l’Usine Lubrizol est connue. Mais des analyses sont en cours pour…
Vignette
L’Espagne a résolu l’équation du veau sevré
Le marché des petits veaux laitiers semble chaque année plus difficile. Faute d’être finis en France, un grand nombre part à l’…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande