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Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

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Elevage bovin
Dans les estives du nord Cantal, un objectif de 400 kilos à 10 mois

Pour produire des broutards lourds et ayant un bon aspect au moment de la vente, Jean-Marc Pouget associe utilisation d´estives d´altitude et complémentation raisonnée au cours des semaines précédant la vente.


«  L `an dernier, j´ai eu plus de naissances de femelles que de mâles. Mon premier lot vendu se composait de 10 broutards tous primés. Il est parti le 30 septembre. Les animaux pesaient une moyenne de 374 kilos payés 1,98 euro le kilo vif », explique Jean-Marc Pouget éleveur de Salers à quelques kilomètres de Riom es Montagnes dans le nord du Cantal. Cette date de vente est sensiblement la même d´une année sur l´autre et elle n´est pas le fait du hasard. En faisant naître la quasi-totalité de ses veaux en novembre et décembre, Jean-Marc Pouget vise ainsi à vendre ses broutards en tout début d´automne. Sans pour autant passer à côté de la PSBM, l´objectif est d´avoir le plus possible d´animaux vendus en début de campagne, avant que les cours ne subissent leur chute saisonnière. C´est aussi ne pas avoir à les rentrer en bâtiment après leur sevrage afin d´avoir le minimum d´animaux à hiverner.

Il s´agit de tout faire pour limiter les incidents sanitaires et notamment respiratoires d´autant que les bâtiments utilisés sont loin d´être un optimum sur le plan technique. Ce sont d´anciennes étables entravées dont une seule dispose d´un système mécanique pour le curage du fumier. Un projet de bâtiment est cependant à l´étude.
©F. d´Alteroche


Les veaux ont un bon foin à libre disposition
A l´occasion, certains veaux peuvent naître à l´extérieur quand leurs mères ne sont pas encore rentrées. L´essentiel des vêlages a cependant lieu en bâtiment. Les veaux sont ensuite logés sur litière accumulée dans une petite étable annexe de celle des mères d´où ils rentrent et sortent matin et soir pour la tétée. De plus, ils ont un bon foin à libre disposition avec ponctuellement et par cure un aliment du commerce où a été incorporé un anticoccidien. Tout au long de l´hivernage, la ration des mères se compose d´une douzaine de kilos de matière sèche de fourrage, équitablement répartis entre un repas de foin le matin et de l´enrubannage en fin d´après-midi. Vient s´y ajouter 1,5 kilo d´un aliment composé fortement minéralisé et vitaminé qui est distribué tout au long de l´hiver.
Compte tenu de ces conditions de logement spartiates, les résultats obtenus au cours de la dernière campagne sont honorables, avec pour les mâles des GMQ avoisinant le kilo au cours de cette période et « seulement » deux veaux morts, soit moins de 5 % de mortalité.

Dès les premiers beaux jours de février, les veaux ont accès à un petit parcours extérieur où ils peuvent prendre l´air et se dégourdir les pattes. Pendant ce temps, les mères sont régulièrement lâchées dans une petite parcelle afin de détecter les chaleurs.
La mise à l´herbe effective des couples mère-veau a lieu autour du 10 mai. Les vaches suitées sont alors séparées en deux lots et dépriment d´abord l´essentiel des parcelles de fauche. Mis à part les quelques retardataires ayant eu une mise-bas un peu tardive, elles montent ensuite en un seul lot dans une estive d´une trentaine d´hectares valorisée en pâturage tournant. A partir de début août, les veaux ont libre accès à un nourrisseur et disposent également de foin placé dans un vieux buron situé au centre de l´estive. Ceci pour suppléer à la baisse progressive du niveau de lactation des mères, mais surtout pour familiariser les veaux avec l´usage du nourrisseur. Ils ont d´abord un aliment destiné à favoriser leur développement, rapidement consommé à raison d´un kilo par tête.

Les veaux et velles les plus âgés sont sevrés début septembre et redescendus près du siège de l´exploitation. Ils sont alors séparés suivant leur sexe. Les femelles sont mises à pâturer dans les regains tandis que les mâles sont sur une petite parcelle où la quantité d´herbe à pâturer est symbolique. L´alimentation de ce lot de mâles repose sur de l´enrubannage à libre disposition dans un râtelier et sur un nourrisseur où de l´aliment « préparation à la vente » reste en permanence à libre disposition. Ils en consomment autour de cinq à six kilos par tête et par jour auxquels s´ajoute l´enrubannage à raison de 3 à 4 kilos de matière sèche. « Pour ce type de broutards, à partir du sevrage, il faut tabler sur 1,5 kilo d´aliment par jour par tranche de 100 kilos de poids vif », souligne Christophe Chaumeil technicien sur le nord Cantal pour la coopérative Centre lait.

Tous les veaux sont régulièrement pesés. L´an dernier, le lot des 10 broutards les plus âgés a réalisé de bonnes performances avec notamment de fortes croissances entre la date du sevrage et celle de la vente d´autant qu´il ne s´agissait que d´animaux de race pure. Le croisement charolais n´est plus pratiqué sur cette exploitation où sur le plan de la génétique l´accent est plus particulièrement mis sur le lait afin de faire naître des génisses qui présenteront par la suite le maximum de garanties sur le plan des qualités maternelles.
©F. d´Alteroche


Un objectif de 400 kilos au moment de la vente
Après être nés fin novembre ou début décembre, les dix broutards les plus âgés pesaient en moyenne 115 kilos le 20 février, 181 le 24 avril, 337 le 5 septembre et 374 le 30 septembre le jour de leur départ, soit un GMQ de 1100 grammes de la naissance à la vente et près de 1500 grammes entre les deux dernières pesées. Pour les années à venir, si la production laitière peut être arrêtée au profit du cheptel allaitant, Jean-Marc Pouget n´exclut pas de conserver tout l´été, près du siège de l´exploitation, la quinzaine de vaches suitées des veaux les plus lourds. Il s´agirait alors de mieux profiter de leur bon potentiel de croissance en recherchant au moment de la vente un poids qui soit plus proche des 400 kilos que des 375. Ce lot utiliserait donc les parcelles actuellement occupées par les Montbéliardes. Cela permettrait également de mieux suivre leur alimentation avant leur sevrage tout en limitant le risque des saillies précoces des broutardes en estive.
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