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Elevage bovin et caprin
Dans les Deux-Sèvres, la Charolaise et la Saanen complémentaires pour valoriser les fourrages

Au Gaec de la Palnière, sur cent trente hectares en Gâtine, une soixantaine de Charolaises sont élevées en système naisseur-engraisseur et sont associées à un atelier laitier de quatre cents chèvres.


Les chèvres représentent à peine moins d´UGB que les bovins au Gaec de la Palnière à Saint- Georges de Noisné dans les Deux-Sèvres. Pierre-Louis Faucher, l´associé qui s´occupe des Charolaises, s´est installé en 1988 avec quarante Charolaises et cent quatre-vingts chèvres, puis en 1992, son beau-frère Luc Jorigné a rejoint le Gaec et a repris la conduite de l´atelier lait. Ce dernier est alors monté en puissance et totalise aujourd´hui quatre cent trente Saanen. Un salarié à mi-temps s´occupe essentiellement des cultures. Les deux épouses des associés devraient rejoindre l´exploitation à court terme alors que le père de Pierre-Louis Faucher prend sa retraite. L´association des bovins et des chèvres permet de dégager le revenu nécessaire à quatre personnes à partir d´une surface de cent trente hectares.
©S. Bourgeois


Sur le plan technique, l´association des deux ateliers est particulièrement intéressante pour la complémentarité des besoins en fourrage. Elle permet une bonne valorisation du foin, dont la plus grosse partie est destinée aux chèvres. « Les chèvres exigent une certaine qualité de fourrage que l´on ne peut obtenir de façon régulière sur des premières coupes. Ce sont les Charolaises qui consomment le foin le moins bon et les coupes suivantes sont réservées aux chèvres », explique Pierre-Louis Faucher. Sur les soixante-huit hectares de prairies temporaires, sont cultivés du ray grass hybride, seul ou en association avec du trèfle violet, un peu de dactyle et un peu de trèfle violet seul. Le foin de dactyle est plutôt réservé aux Charolais car les chèvres ne le consomment pas trop bien. Pierre-Louis Faucher fait une coupe suivie du pâturage. Par contre le foin de ray grass hybride va en priorité aux chèvres en ce qui concerne la seconde coupe et la troisième coupe quand elle est possible. Le ray grass hybride est maintenu trois ans.« Il n´est pas si précoce que le ray grass italien mais convient mieux que le RGI pour la pâture des bovins. »

Foin et concentrés pour les chèvres, maïs et foin pour les bovins
Le choix de la ration sèche pour les chèvres a été fait en premier lieu pour faciliter le travail. Le maïs doit être rationné au plus juste et en très petites quantités pour les chèvres en lactation et sa distribution n´est pas facilement mécanisable. Au Gaec de la Palnière, les deux ateliers sont installés sur deux sites distants de quatre kilomètres et fonctionnent de manière assez autonome que ce soit du point de vue du matériel ou de la main-d´oeuvre. En tout une quarantaine d´hectares de prairies temporaires sont fauchés une fois, dont la moitié est récoltée une seconde fois. Les associés exploitent aussi une trentaine d´hectares de prairies naturelles qui sont essentiellement pâturées. Le chargement au pâturage est d´à peine quarante ares par UGB au printemps, puis de cent ares par UGB l´été. « Pour les chèvres, nous achetons en plus du foin de luzerne », explique Luc Jorigné. Une partie des prairies est située sur le bassin versant de la Touche Poupart.

Le Gaec a contracté un CTE dont une des principales mesures porte sur la gestion des prairies, et sur le compostage. L´élevage n´est pas non plus autonome en paille car les caprins restent en bâtiment toute l´année et en consomment autant que le troupeau de bovins.
Les Charolais pour leur part sont nourris à base de maïs ensilage et de foin. Les quinze hectares de maïs semés en moyenne rendent dix à douze tonnes de matière sèche et l´ensilage est distribué aux vaches après vêlage et à l´engrais, aux taurillons, et aussi avec du foin aux génisses. Le maïs est complémenté avec du triticale ou du blé aplati et un complément azoté du commerce.
©S. Bourgeois


Vente des vaches en CCP « Filière qualité Carrefour »
Les vêlages commencent en octobre et sont actuellement étalés sur cinq ou six mois, mais l´objectif de l´éleveur est de les regrouper davantage sur l´automne. « Cela facilitera à la fois le suivi des lots qui seront plus homogènes, et l´insémination artificielle ». Environ 60 % des veaux naissent d´insémination artificielle. « J´ai commençé par faire inséminer les génisses dans le but d´avoir des vêlages faciles il y a sept ans, puis j´ai fait inséminer aussi des vaches pour aller plus vite dans l´évolution du troupeau », explique Pierre-Louis Faucher.
Il fait vêler le maximum de génisses puis les trie après le sevrage de leur premier veau. Pour soixante-sept vêlages en 2001, le nombre de vaches en moyenne n´a été que de cinquante-cinq. Une grande partie des vaches sont vendues en CCP pour la « filière qualité Carrefour ». Quelques cinq vaches sont aussi commercialisées en vente directe depuis 2001. « Je ne pense pas que nous allons développer davantage ce créneau, car il faudrait investir un peu et prendre le temps de s´en occuper davantage. Nous avons juste une petite clientèle que nous voudrions continuer à fournir », explique Pierre-Louis Faucher.
©S. Bourgeois

Côté mâles, les taurillons seront vendus classiquement à 18 mois cette année. « Les 2 années précédentes, une partie d´entre eux ont été engraissés pour être vendus juste avant l´âge d´un an. C´était très intéressant en 2001 pendant la crise, mais en 2002, la plus-value par rapport aux taurillons charolais de 18 mois n´a pas été intéressante », estime l´éleveur. La demande sur ce créneau porte sur des animaux conformés U+ et fins d´os. « Sur le plan économique, il faut compter 40 centimes de francs de plus payés par tranche de 20 kilos de carcasse en moins pour que les taurillons de moins d´un an soient intéressants », calcule Pascal Bisson du réseau d´Elevage des Deux-Sèvres. « Ce calcul valant à la condition que toutes choses soient égales par ailleurs ».
La mise aux normes de l´exploitation est engagée et les travaux seront faits en 2003. C´est aussi l´occasion pour les associés d´agrandir la stabulation des mères d´une case, car les vêlages s´avancent d´année en année ce qui exige plus de place en bâtiment. Les taurillons qui ne disposent pour l´instant pas de toute la surface idéale et voisinent avec les génisses, seront dans la foulée relogés dans une ancienne chèvrerie.
Source : Réseau d´élevage viande bovine des Deux-Sèvres.


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