Aller au contenu principal

Composer avec les attentes des jeunes vétérinaires

Plus féminines et plus urbaines, les jeunes générations de vétérinaires ont des attentes pouvant être assez différentes de celles de leurs aînés. 

Quel sera le profil des vétérinaires qui interviendront dans les élevages dans les années à venir ? À l’occasion de la dernière conférence annuelle du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaire (SIMV), Christine Fourichon, enseignant-chercheur à Oniris (l'École vétérinaire de Nantes) a rappelé que les jeunes générations de vétérinaires en cours de formation ou fraîchement diplômés ont des visions de l’élevage souvent différentes de leurs aînés qui s’apprêtent à partir en retraite. La profession s’est féminisée et, à l’image du reste de la population, les nouvelles générations de vétérinaires connaissent moins bien le monde rural dont elles sont aussi de moins en moins souvent issues.

Les nouvelles promotions sont majoritairement féminines. Au moins au début de leur cursus de formation, ces étudiantes envisagent de façon prioritaire leur carrière dans les soins aux chevaux, chiens ou chats. Quant à leurs homologues masculins, la médecine vétérinaire rurale est elle aussi souvent loin d’être leur priorité. « Nous avons régulièrement des réflexions de la part de jeunes en cours de formation. Ils nous disent : ‘ Il n’est pas normal que vous nous appreniez à soigner des animaux élevés dans des systèmes d’élevage que nous désapprouvons par conviction’ », précisait Christine Fourichon.

Sans atteindre la situation de la médecine humaine, où trouver un successeur est devenu problématique pour bien des médecins de campagne, les choses n’évoluent pas dans la bonne direction pour les vétérinaires ruraux. Dans certains territoires, il devient de plus en plus difficile de trouver de jeunes vétérinaires désireux de s’installer.

Mise en situation sur le terrain

Favorisée par sa situation géographique au cœur d’un bassin d’élevage conséquent, l’École vétérinaire de Nantes forme évidemment tous ses étudiants à la médecine vétérinaire rurale, y compris ceux qui n’entendent pas exercer plus tard dans ce secteur ! Cela passe par des mises en situation sur le terrain où, à côté des connaissances purement techniques, on leur apprend d’abord à dialoguer et être à l’aise avec les éleveurs. « Ce n’est pas toujours simple de leur faire comprendre les réalités économiques d’une exploitation  agricole. »

« Aujourd’hui, notre intérêt est que les éleveurs comprennent mieux le métier de vétérinaire, et la réciproque est vraie également », soulignait Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA, et éleveur en Vendée dans le cadre d’un Gaec associant lait, viande bovine et porc. Cela signifie davantage de complicité avec l’éleveur, avec une approche plus globale de l’exploitation. Et de souligner qu’il est important que le véto connaisse bien les volets alimentation et rationnement, tout particulièrement en élevage bovin.

Les formations éleveurs infirmiers organisées par différents GDS ont été citées en exemple. Elles permettent d’éviter les « frontières » entre le métier des uns et celui des autres pour aller au contraire vers davantage de « complicité ». « On a besoin d’anticipation et de prévention pour lutter contre les pathologies affectant nos élevages. » Et Joël Limouzin de mettre en avant les différents messages à faire passer auprès des éleveurs pour lutter contre la problématique de l’antibiorésistance, en faisant de la prévention et en ayant pour cela plus largement recours à la vaccination.

F. A. 

Féminisation du métier

D’après les statistiques du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), il y avait 16 747 vétérinaires inscrits à l’Ordre au 31 décembre 2012 et 680 nouvelles inscriptions dont 64,3 % de femmes ont été enregistrées cette même année. Pour autant, à l’échelle de la totalité des effectifs, les femmes restent minoritaires. Leur proportion est de 44 %.

65,8 % des inscrits déclarent une compétence principale ou secondaire pour les animaux de compagnie, alors qu’ils ne sont que 24,2 % à en mentionner une pour les espèces de rente. « Sans surprise, les consœurs sont faiblement représentées dans le secteur animaux de rente : 13 % déclarent une compétence pour ces espèces, contre 33 % des vétérinaires hommes. La proportion des deux sexes est équivalente dans l’espèce équine. Les femmes sont en revanche plus des trois quarts (77 %) à déclarer une compétence en animaux de compagnie contre 56 % des hommes », précise le SNVEL.

Les plus lus

Concours national Salers : Forte affluence pour admirer l’élite de la race

Issoire, dans le Puy-de-Dôme, accueillait la 149ème édition du concours national Salers du 18 au 20 septembre 2026. Un réel…

<em class="placeholder">parcelle de teff grass le 31 août 2026</em>
Fourrages : « J’ai implanté du teff grass fin juin, je vais m’en sortir mieux qu’avec de l’herbe »

Matthieu Peyrat, éleveur de vaches Aubrac dans le Puy-de-Dôme a implanté du teff grass après orge. Malgré des craintes dues à…

Journée Charolaise : Une édition 2026 portée par la mobilisation des éleveurs

Le 2 septembre, la "journée Charolaise" a rassemblé pour le concours national des veaux 260 jeunes reproducteurs issus de 90…

<em class="placeholder">fréquentation de la zone d&#039;abreuvement boucles électroniques vaches Armoricaines Cirbeef à Mauron (Morbihan)</em>
Identification des bovins : Des boucles électroniques ultra haute fréquence pour surveiller la fréquentation des abreuvoirs au pré

L’Institut de l’élevage teste un cas d’usage des boucles électroniques ultra haute fréquence en élevage bovin allaitant :…

Limousine : Un taureau vendu aux enchères 67100 euros

Au Festival de l'élevage de Brive-la-Gaillarde, KBS Genetic organisait le 22 août sa 34ème "vente prestige" de reproducteurs…

<em class="placeholder">balle ronde de foin de prairie naturelle déroulée au sol en bâtiment bovins viande</em>
« Il n’y aura pas suffisamment de fourrages sur le marché pour tout le monde »
Avec la sécheresse et les canicules, les éleveurs manquent de foin. Le marché est tendu, avec une offre très restreinte, témoigne…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande