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« Commercialiser conformément aux règles sanitaires »

Début novembre, la Fédération française des commerçants en bestiaux avait initié un mouvement de grève de la collecte des veaux puis des broutards. Retour sur les raisons de ce mouvement.

© F. D'Alteroche

Gérard Poyer, président de la Fédération française des commerçants en bestiaux

Pourquoi cette grève des achats début novembre ?
Gérard Poyer - Cette grève avait été initiée afin de rappeler aux éleveurs quelles sont, pour notre profession, les difficultés liées à réapparition de la Fièvre catarrhale ovine (FCO) depuis 2015 et à la recrudescence du nombre d’animaux détectés positifs depuis la fin de l’été. Cela pénalise tout particulièrement les exportations de veaux laitiers vers l’Espagne, alors que ce pays est notre premier client pour cette catégorie. Pour les entreprises spécialisées dans le commerce avec les ateliers espagnols, ce retour de la FCO se traduit pour les animaux destinés à l’exportation par un surplus de travail considérable. Il est lié à la réalisation des PCR attestant de la séronégativité de chaque animal pour les deux sérotypes 4 et 8 de la FCO. Ce sont des tâches à la fois longues et fastidieuses (prises de sang, tri des animaux, travail administratif…). Les éleveurs ne se rendent pas forcément compte du temps consacré à ce travail dans les centres d’allotement jusqu’à une heure parfois avancée de la nuit. Ce travail est en revanche indispensable au maintien des flux vers l’Espagne, pays clé en termes de débouchés.

La France exporte une moyenne 5 000 veaux par semaine vers ce pays. Ce chiffre passe à pratiquement 9 000 têtes par semaine en pleine période de vêlage. Dans ces conditions, il est bien évident que l’absence du débouché espagnol tout au long de l’automne serait une vraie catastrophe pour les veaux français.

Notre grève était d’abord une opération de communication. Nous avons voulu rappeler que notre métier de commerçants est d’acheter puis de vendre. Il n’est pas de mettre en conformité des bovins pour les rendre commercialisables à l’exportation.

Qu’avez-vous obtenu ?
G.P. - "L’idéal serait bien entendu pour nous un retour à une vaccination contre la FCO progressivement généralisée à l’ensemble du cheptel français, y compris les ovins, dans le but de favoriser les échanges. Mais nous avons bien compris qu’il est illusoire de penser que cela puisse redevenir un jour obligatoire. Nous voulons en revanche que les éleveurs nous proposent une marchandise en phase avec les attentes de nos clients pour faciliter le commerce. Quand ce n’est pas le cas, les commerçants se retrouvent avec des animaux sur les bras qu’ils ne sont pas en mesure d’exporter. Cela se traduit alors pour eux par autant de perte nette pour leur entreprise.

Pour les veaux laitiers, il a été acté que la désinsectisation de tous les veaux dès la naissance soit réalisée par l’éleveur, avec attestation signée par ce dernier. Concernant les broutards, nous recommandons que seuls les animaux valablement vaccinés contre la FCO fassent l’objet d’une commercialisation à l’export."

Pour les bovins issus de cheptels allaitants, la différence de prix s’est creusée cet automne entre broutards vaccinés et non vaccinés. N’y a-t-il pas une forme de laxisme chez les naisseurs qui ne font pas vacciner dans les délais des animaux en principe destinés à l’exportation ?
G. P. - "Cette différence de prix démontre d’abord l’importance d’avoir des animaux vaccinés si on entend pouvoir les vendre dans de bonnes conditions ! Certes l’État ne prend plus en charge le vaccin, et son coût reste donc à la charge de l’éleveur dans le cadre d’une démarche volontaire, mais il est pour nous impératif d’avoir des broutards valablement vaccinés contre les sérotypes 4 et 8 si on veut pouvoir les exporter. Mi-novembre, il y a une vraie demande pour ces catégories. Pour des broutards vendus entre 8 et 10 mois, il est quand même tout à fait possible de procéder aux vaccins dans les délais requis. Pourtant, on voit encore malheureusement sur le terrain de trop nombreux broutards mis en vente alors qu’ils ne sont pas vaccinés. C’est tout particulièrement vrai dans le Sud-Ouest où beaucoup de broutards sont vendus à la fois jeunes et légers."

Une marchandise en phase avec les attentes de nos clients

Rédaction Réussir

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