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Cultures intermédiaires
Choisir le couvert selon sa facilité de destruction et son coût

Les couverts végétaux sont à choisir en fonction de leur place dans la rotation mais aussi de leur facilité de destruction, et de leur coût. Voici quelques éléments de choix mis en avant par Arvalis.


La place dans la rotation des couverts végétaux est le premier paramètre entrant en ligne de compte pour leur choix. Par exemple, on n´implante pas de crucifères avant maïs, car leurs mycorhizes ont un effet dépressif sur celles du maïs ce qui entraîne des risques parasitaires. A part pour la phacélie et dans une moindre mesure le ray-grass d´Italie, l´implantation des couverts végétaux ne pose pas de problème particulier et se fait facilement. Les crucifères - moutarde blanche, radis fourrager et colza - ont une croissance rapide et une floraison précoce. Les repousses de blé et d´orge couvrent très bien le sol, le seigle et l´avoine d´hiver s´implantent facilement. La plupart de ces couverts doivent être semés l´été, jusqu´à fin août-début septembre. Une date ultérieure de semis est peu adaptée.

Par contre la facilité de destruction de ces différents couverts est plus variable. Le coût et l´effet sur le sol sont aussi des critères entrant en ligne de compte pour le choix d´un couvert végétal. Les légumineuses (vesce, trèfle incarnat) sont souvent exclues des CTE et de la directive nitrate. Il faut de façon générale pour les couverts végétaux se rapporter à la règlementation en vigueur au niveau départemental.
Avoine d´hiver.©S. Bourgeois

L´avoine d´hiver : facile et économique
« L´avoine d´hiver assure une couverture du sol assez importante et une assez bonne protection contre la battance », selon Arvalis. Elle est économique, et facile à implanter et à détruire. Sa croissance est équivalente à celle du seigle ou du blé. Le coût de la semence est d´environ 40 euros/quintal pour 60 à 80 kilos/hectare. L´avoine d´hiver est facile à détruire avec des herbicides non sélectifs et aussi dans la culture suivante, que ce soit de l´orge de printemps, du pois de printemps, de la betterave, du maïs ou du tournesol.

Le ray-grass italien : à ne pas détruire trop tard
Le RGI non alternatif (pas d´épiaison à l´automne) a une croissance rapide et couvre bien le sol après l´installation. « La graine doit être bien enterrée à 2-3 centimètres et rappuyée, le semis à la volée est déconseillé à cause de la densité trop faible des graines ». Il faut semer de 12 à 18 kilos/hectares (environ 1,80 euro/kilo). Le ray-grass d´Italie permet une production dérobée de fourrage. Le pâturage de ces surfaces en novembre et décembre peut être envisagé en calant soigneusement le chargement en fonction du sol et de la pluviométrie. Le RGI est facile à détruire avec un herbicide peu sélectif, il est peu sensible au gel, broyage ou passage d´un outil de travail du sol. Il est aussi difficile à détruire dans l´orge de printemps et le maïs.
Moutarde blanche. ©S. Bourgeois

La moutarde blanche : couverture du sol rapide et importante
La moutarde blanche a une croissance rapide, une floraison précoce (en 5 à 7 semaines). Elle lève à peine enterrée ou sous mulch. Elle est sensible aux stress hydrique et thermique. « Non adaptée aux semis trop précoces, elle assure une excellente protection contre la battance, à condition d´être détruite de façon précoce. C´est une bonne coupure des rotations céréalières »,selon Arvalis. Les variétés les plus tardives permettent d´avoir une plus longue période de piégeage de l´azote. La moutarde blanche est facile à détruire (gel, broyage, outil de travail du sol, herbicide non sélectif). Le prix des semences est d´environ 1,70 euro/kilo pour 8-10 kilo/hectare (2,50 euros/kilo si anti-nématode de la betterave).
©C. Gloria

Le seigle : facile, mais à détruire assez tôt
Le seigle est gourmand en eau et doit être détruit suffisamment tôt pour ne pas empiéter sur la disponibilité en eau de la culture qui le suit. Les semences de seigle classique valent environ 43 euros/quintal. Il existe une variété plus chère multicaule c´est-à-dire qui a un tallage bien plus important qu´un seigle classique (Jouffray Drillaud). « Le seigle est peu sensible au gel, au broyage et aux outils de travail du sol. Sa destruction est facile avec un herbicide non sélectif au stade jeune ou developpé. » Il assure après une installation assez lente une couverture du sol importante.
Radis fourrager. ©Sophie Bourgeois

Le radis fourrager : intéressant mais difficile à détruire
« Il couvre le sol de façon importante et rapide. Il a un effet anti-nématode intéressant avant betterave et assure une excellente protection contre la battance (en destruction précoce). » Les variétés tardives sont à privilégier. Le radis fourrager est par contre très peu sensible au gel, au broyage et aux outils de travail du sol. Sa destruction par les herbicides non sélectifs est difficile. Les semences valent environ 1,70 euro/kilo, pour 10-12 kilos/hectare (2,70 euros/kilo si antinématode de la betterave).
Phacélie. ©Sophie Bourgeois

La phacélie : délicate à implanter mais bonne coupure
Les semences de phacélie sont assez chères (environ 4,90 euros/kilo, pour 8 à 12 kilos/hectare, leur coût fluctue d´une année à l´autre selon le rendement grainier). Elle doit être semée fin août - début septembre. « La graine doit être bien enterrée à 2-3 centimètres dans un lit de semences fin et rappuyé. Elle se développe mal sur des structures compactes. » Mais la phacélie coupe les rotations. Elle ne fait pas de repousses dans le maïs. Elle assure une couverture du sol assez importante et une assez bonne protection du sol contre la battance.

Source : Arvalis.

Source : Les Interculturales 2002, colloques au champ. Arvalis - Institut du végétal.

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