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Bovins viande : le choix de la période de vêlage impacte les résultats techniques

Automne, hiver, printemps ou bien vêlages étalés sur l’année ? L’Idele et Bovins croissance ont calculé, sous la forme de bonus ou malus en euros, l’impact de la période de vêlage sur l’intervalle vêlage-vêlage, le taux de mortalité des veaux et leurs performances de croissance.

En 2024, 8 100 élevages bovins viande ont été suivis par les organismes Bovins croissance. Une étude conduite par l’Idele et Bovins croissance à partir de ces données chiffre l’impact du choix de la période de vêlage. Il est traduit sous la forme de bonus ou malus en euros, en lien avec quatre paramètres techniques : taux de mortalité des veaux, croissance des veaux (poids âge type des mâles à 210 jours), intervalle vêlage-vêlage et productivité globale.

Des périodes de vêlages très variées

Sur l’ensemble des troupeaux, un tiers est conduit en vêlages d’automne, un quart en vêlages d’hiver, alors qu’un autre tiers a des vêlages étalés.

Les vêlages d’hiver sont le lot des races rustiques (53 % en aubrac, 49 % en gasconne et 46 % en salers) qui se trouvent principalement en zones herbagères de moyenne et haute montagne. Les plus forts pourcentages de vêlages d’automne s’observent sur la parthenaise (45 %), la limousine (41 %) et la charolaise (28 %), races que l’on retrouve de façon plus homogène sur l’ensemble du territoire pour ces deux dernières. Les vêlages de printemps sont relativement limités (6 %) exception pour la rouge des prés (16 %). Enfin, la double période est quasi anecdotique (3 %) avec un pic à 13 % en zone intensive Grand Ouest. Les parthenaise, blonde d’Aquitaine et rouge des prés majoritairement élevées dans les zones intensives ou de polyculture élevage présentent les plus fortes proportions de vêlages étalés, allant jusqu’à 71 % pour la blonde d’Aquitaine.

Un impact fort sur la productivité globale

Pour l’illustrer, deux exemples : celui de la charolaise en zone herbagère Nord Massif central où elle est la plus présente (40 % des effectifs). Le tableau ci-dessous montre que, sur les quatre critères techniques retenus, quatre sont optimums pour les vêlages d’automne et deux sur quatre sont les plus insuffisants en vêlages étalés ou de printemps. Les vêlages d’hiver, plus fréquents dans cette zone sont légèrement moins performants que ceux d’automne.

Économiquement, entre les vêlages étalés et ceux d’automne, les différentiels d’IVV, de productivité globale et de croissance, entraînent un écart de marge évalué à 275 euros par vache présente.

L’exemple de l’aubrac, première en effectif dans la catégorie des races rustiques, montre que ce sont les vêlages étalés qui cumulent les effets négatifs (pour trois critères techniques sur quatre). Les performances des vêlages d’automne sont quasi identiques à celles des vêlages d’hiver, plus classiquement pratiqués dans le berceau de la race en demi-montagne.

Dans le cas de l’aubrac, l’estimation de la différence de marge entre vêlages d’automne et vêlages étalés s’établit à 170 euros par vache présente.

Un coût alimentaire plus élevé en vêlage d’automne

En vêlage d’automne, l’avantage technique mesuré dans cette étude sur la productivité globale est tempéré par des coûts de production souvent plus élevés (notamment ceux de l’alimentation hivernale).

L’étude confirme également les précédentes observations sur les vêlages étalés : ces derniers impactent négativement les résultats de reproduction et de croissance par rapport aux conduites en vêlages groupés et ce, pratiquement dans toutes les races et régions d’élevage. Les vêlages étalés sont soit subis (manque de maîtrise technique ou conjoncturelle suite à un accident sanitaire ou de conduite) soit intégrés dans le système d’exploitation.

Organisation du travail et effectif de vaches

En effet, la spécialisation des différents ateliers et la notion de travail sont des paramètres à prendre en compte. Ainsi la proportion de vêlages étalés la plus forte (44 %) se situe dans les zones de grandes cultures, où l’articulation des pics de travail des différents ateliers explique en partie cette conduite avec le troupeau allaitant comme atelier secondaire. De même, il est constaté que les élevages optant pour la double période de vêlages ont des effectifs moyens de vaches les plus importants.

Source : référentiel national Bovins croissance 2024 (travail collectif : Inosys Réseaux d’élevage, Bovins croissance, Idele). Disponible auprès de votre organisme Bovins croissance.

Lire aussi :

Des périodes de vêlage qui varient selon la race

Charolaise : un léger avantage technique en vêlage d’automne

Résultats techniques moyens selon la période de vêlage en race charolaise en zone herbagère nord Massif central

Source : référentiel national Bovins croissance 2024
Productivité globale = nombre de veaux sevrés sur nombre moyen de vaches présentes

Aubrac : peu de différence entre vêlage d’hiver et d’automne

Résultats techniques moyens selon la période de vêlage en race aubrac sur toute la France

Source : référentiel national Bovins croissance 2024

Définition des périodes de vêlage pour cette étude :

Les périodes de vêlages sont définies dans cette étude à partir de périodes restreintes de 90 jours selon leur regroupement

1er août – 15 décembre : vêlages d’automne si plus de 60 % des vêlages totaux sur cette période

1er novembre – 15 mars : vêlages d’hiver si plus de 60 % des vêlages totaux sur cette période

1er février – 15 juin : vêlages de printemps si plus de 60 % des vêlages totaux sur cette période

Double période : 1er août – 31 décembre : 40 % et plus de vêlages sur cette première période ; 1er janvier – 31 mai : 40 % et plus de vêlages sur cette seconde période

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