Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Gestion de l´herbe
Bovins et chevaux font bon ménage au pâturage

En alternance ou simultanément, le pâturage de bovins avec des chevaux peut être bénéfique pour la gestion du couvert grâce à leur comportement alimentaire assez différent.


Les chevaux sont plus sélectifs que les bovins et pâturent plus ras qu´eux, jusqu´à un ou deux centimètres du sol. « Ils peuvent exercer localement de fortes pressions de pâturage conduisant à l´apparition de zones de gazon et de zones de végétation haute », explique la Chambre d´agriculture du Calvados. Cela conduit en cas de pâturage fréquent de parcelles par des chevaux à une évolution de la flore et au développement de refus qui peuvent devenir très importants. L´intérêt principal du pâturage mixte est que les bovins n´iront pas pâturer les zones déjà pâturées par les chevaux mais iront sur d´autres zones de la parcelle. Les chevaux peuvent aussi ingérer davantage, ramené au kilo de poids vif, de fourrage de qualité médiocre que les bovins : leur niveau d´ingestion semble moins sensible, d´après l´Inra et l´Institut du Cheval, à la richesse en parois végétales du fourrage(1). D´autre part, les bovins répartissent leurs bouses sur la parcelle contrairement aux chevaux qui concentrent essentiellement leurs crottins dans les refus.
Autre complémentarité, bovins et chevaux adultes ne présentent pas des besoins alimentaires faibles ou élevés au même moment, les poulinages se déroulant entre janvier et mai-juin suivant les types de chevaux élevés.
Néanmoins, pour que le pâturage mixte soit bénéfique au couvert de la parcelle, il faut que les bovins représentent au moins 20 % du chargement (voir tableau). Comptez 1,4 UGB pour une jument suitée. Ses besoins sont plus importants que ceux d´une vache suitée. Les adultes mâle ou femelle de plus de deux ans représentent 1 UGB en race de selle ou de course et 1,2 UGB en race lourde, et les poulains âgés de six mois à deux ans respectivement 0,6 et 0,8 UGB (références Chambre d´agriculture du Calvados).

Les bovins, avec ou sans corne, et les chevaux s´entendent généralement très bien à condition de savoir quelques petites choses. L´espèce de plus grand format a en général l´avantage : les chevaux sont dominants par rapport aux bovins (eux-mêmes dominants par rapport aux moutons). « Il est conseillé de faire entrer les bovins vingt-quatre heures avant les chevaux dans la parcelle », explique la Chambre d´agriculture du Calvados. Car les chevaux ont un sens territorial aigu et si les bovins entrent après eux dans la parcelle, ils peuvent devenir nerveux. Passé le temps d´adaptation, il y a en général assez peu de contact entre les deux espèces, chacune restant groupée entre congénères.
En Normandie, beaucoup d´éleveurs de chevaux achètent au printemps, des boeufs maigres afin d´avoir une gestion complémentaire de l´herbe avec leurs chevaux. ©Agriculteur Normand

Des vaches suitées avec des poulinières suitées
Certains éleveurs n´hésitent pas à mélanger des vaches suitées et des poulinières suitées. « Dans un premier temps, il est indispensable d´habituer les adultes les uns aux autres. Cela permet de les laisser par la suite ensemble dans la parcelle une fois qu´elles ont leurs petits avec elles », explique l´Institut de l´élevage. Pour être sûr d´avoir des animaux calmes, en particulier quand il s´agit de races de chevaux à plus fort tempérament, les éleveurs sont davantage en confiance en mettant avec les juments suitées des génisses ou des boeufs, dont le comportement est calme et les besoins modérés. Les autres catégories d´animaux ne posent pas de problèmes particuliers mais « il est tout de même prudent de surveiller les jeunes chevaux, surtout les jeunes mâles en groupe, qui font la course entre eux et risquent de « jouer » un peu avec les bovins », note l´Institut de l´élevage. On peut aussi faire pâturer les bovins après les chevaux ou vice versa. L´impact sur la végétation sera aussi intéressant.
Par ailleurs, les fils électriques sont bien respectés par les chevaux, il faut éviter les barbelés qui risquent de les blesser.
Source : Institut de l´élevage, Chambres d´agriculture du Calvados, des Ardennes, de Haute-Loire, de Haute-Marne, EDE du Puy-de-Dôme et Haras nationaux.

Productions animales, 1997, nº 975. Micol, Martin-Rosset et Trillaud-Geyl.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Bovins Viande.

Vous aimerez aussi

Vignette
Starcover, nouvelle technologie de stimulation pour les semences de maïs

En collaboration avec Solvay et Lallemand, le semencier propose pour les semis 2019 une nouvelle technologie de…

Vignette
Le mûrier blanc : une ressource fourragère à fort potentiel
Valeur alimentaire et rendement placent cette essence sur la même ligne que la luzerne sur le plan de l’intérêt fourrager. Les…
Vignette
[VIDEO] Salers : un premier taureau sans cornes présent à Paris
Renaud Le Morvan, installé en Corrèze, a participé au concours de la race Salers du Salon de l'agriculture de Paris.…
Vignette
De la difficulté d'engraisser tous les mâles bio
Le nombre de cheptels et la demande en viande bio sont en progression. Mais en allaitant, le potentiel est sous-utilisé. Il…
Vignette
Ne pas négliger la fertilisation des prairies
Pour maximiser la pousse de l’herbe et entretenir la fertilité des sols, il est important de bien raisonner la fertilisation des…
Vignette
Caussade Semences présente le soja Wendy PZO

Caussade Semences présente également le soja Wendy PZO,  de précocité groupe 1. "Il s’agit d’une plante haute, dotée…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande