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Arvalis a testé l'association maïs-sorgho

Une étude sur l’association maïs-sorgho sur une même parcelle a été conduite par Arvalis afin d’obtenir pour les jeunes bovins, des rations riches en énergie. Zoom sur cette pratique.

Alexis Férard, ingénieur valorisation des fourrages chez Arvalis.
Alexis Férard, ingénieur valorisation des fourrages chez Arvalis.
© youTube

À la station expérimentale Arvalis de la Jaillière (Loire-Atlantique), une étude a été menée en partenariat avec la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, pour trouver des alternatives au maïs fourrage dans les rations d’engraissement. « Dans cette région en effet, les rendements sont souvent irréguliers, lorsque le maïs n’est pas irrigué. Ce travail avait donc pour objectif, d’obtenir des références sur la valorisation par les jeunes bovins, d’autres fourrages moins dépendants de l’alimentation estivale en eau, comme le sorgho », explique Alexis Férard, ingénieur valorisation des fourrages chez Arvalis. Les expériences acquises sur le terrain montrent que les sorghos grain et BMR sont bien consommés mais limitent les performances, d’où l’association des sorghos testés, en remplacement partiel du maïs. Deux sorghos ont été choisis : un cultivé pour le grain (sorgho nain, à faible valeur en tanins) et un fourrager monocoupe à haute valeur énergétique (variété à gène BMR).
L’essai zootechnique s’est déroulé avec trois lots de 16 jeunes bovins de race Charolaise, engraissés de 370 kilos, vifs, à 420 kilos de carcasse (soit 720-730 kilos vifs), poids objectif fixé. Deux types de régimes ont été comparés à une ration à base d’ensilage de maïs seul, distribuée à volonté : un avec 50 % de maïs ensilage et 50 % de sorgho grain ensilage, l’autre avec de l’ensilage de maïs et du sorgho BMR. Le complément étant identique pour les trois régimes et constitué de 3 kilos bruts d’orge, 1,7 kilo brut de tourteau de colza et 200 g de CMV (P1).
« L’introduction dans la ration, de sorgho en remplacement partiel du maïs ensilage, a permis le maintien des performances de croissance des jeunes bovins. Les GMQ obtenus sont élevés avec plus de 1 600 grammes par jour. L’ensilage du mélange maïs/sorgho BMR est très bien valorisé avec un indice de consommation carcasse faible. L’introduction d’ensilage de sorgho grain pénalise légèrement l’indice de consommation », poursuit Alexis Férard.

Une conduite agronomique compliquée


L’autre particularité de cet essai résidait dans l’association au champ, du sorgho sucrier BMR avec un maïs demi-précoce. Cette technique a permis de sécuriser la culture de sorgho BMR, sensible à la verse et d’obtenir directement un mélange des deux fourrages, au silo. Cependant, elle reste compliquée d’un point de vue agronomique. Cette association laisse peu de marges de manœuvre au désherbage (binage, désherbage localisé). Sont autorisés quatre antigraminées au stade 3-4 feuilles (Isard/spectrum 1,2 l, Dakota-P 4 l, Prowl 400 3 l, Diode 0,5 l) et sept antidicots au stade 3-8 feuilles (Basagran SG 1,6 kg, Basamaïs 2,5 l, Emblem 1,5 kg, Emblem flo 1 l, Cadéli 1,5 l, Lontrel 100 1,25 l, Starane 200 1 l). « Une attention particulière est donc à apporter au choix des parcelles. Il faut éviter celles avec des flores adventices ‘maïs’ déjà bien présentes. La variété choisie pour le sorgho doit d’autre part être la plus précoce possible afin d’atteindre une teneur en matière sèche optimum à la récolte. Nous avions opté pour la variété Choice sur la station », précise Alexis Férard.
Le semis peut s’effectuer avec un semoir monograine en remplissant la moitié des compartiments en maïs et l’autre en sorgho. L’implantation s’est faite en quatre rangs/quatre rangs simultanément sur un sol suffisamment réchauffé (semis au 07/05/2010) avec des densités de respectivement 41 000 et 120 000 grains à l’hectare pour le maïs et le sorgho. Les parcelles implantées à la Jaillière ont été conduites en non irrigué.
« À la récolte mi-septembre, on a obtenu un sorgho à 28,7 % de MS (matière sèche) pour un rendement de 6,9 tonnes de MS/ha et un maïs à 31,5 % de MS pour 9 tonnes de MS/ha, soit un rendement apporté à 45 % par le sorgho. L’association s’ensile très bien et se conserve sans problème », détaille Alexis Férard.

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