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Contrôle de performances
Apporter des conseils plus pointus


Comment va devoir évoluer le métier du contrôle de performances en ferme face à ces modifications du dispositif législatif, mais aussi compte tenu de l´évolution des attentes des éleveurs ? « Dans l´Allier, le contrôle de performances correspondait auparavant à 3 ou 4 pesées par an. Ce service concernait principalement des sélectionneurs pas toujours très demandeurs de conseils techniques », précisait Yves Jehanno, directeur de Bovins Croissance Allier, lors d´une journée organisée par les organismes Bovins Croissance d´Auvergne.
Yves Jehanno, directeur de Bovins Croissance Allier. ©F. d´Alteroche

Concurrence entre organismes
Et ce dernier d´ajouter que dans ce département où les grandes exploitations dominent, le contexte est en train de changer. L´évolution de la taille des cheptels et la modernisation des bâtiments font que de plus en plus d´éleveurs sont équipés d´une bascule. Leur préférence va à l´analyse des résultats découlant des opérations de pesée en profitant des conseils délivrés par le technicien Bovins Croissance. « Les éleveurs correspondant à la génération nouvellement installée sont globalement de mieux en mieux formés avec une part croissante de jeunes agriculteurs en possession d´un diplôme de BTS voire d´ingénieur. Leurs attentes en termes d´informations et conseils techniques sont donc pointues. Par ailleurs, la concurrence entre organismes sur le créneau du conseil à l´éleveur s´amplifie avec dans notre département, plusieurs organisations de producteurs commerciales qui ont elles aussi la possibilité de jouer un rôle en matière d´apport de conseils techniques aux éleveurs. »
Dans ce contexte, limiter à la pesée pure le service rendu par Bovins Croissance est jugé sans grand avenir. « Les éleveurs peuvent le faire eux-mêmes et certains autres intervenants extérieurs à l´élevage pourraient eux aussi être incités à le faire (groupements dans le cas d´animaux destinés à l´engraissement et unités de sélection pour le testage en ferme). Pour nos organismes, ce volet de pesée des animaux n´a d´avenir et d´intérêt que s´il y a derrière, des conseils techniques de bon niveau. Pour que personne ne vienne les faire à notre place, ils doivent permettre de bien valoriser toutes les informations collectées. »
Bernard Lafon, directeur de Bovins Croissance Cantal. ©F. d´Alteroche

Évoluer vers plus de conseils
La volonté est donc d´évoluer vers davantage de conseils qui doivent demeurer bien ciblés sur l´amélioration génétique et la conduite du troupeau. « Nous nous devons d´être pointus dans ce domaine. Mais nous devons nous cantonner à ce métier sans chercher à déborder sur les services proposés par d´autres organismes », soulignait Bernard Lafon, directeur de Bovins Croissance dans le Cantal. Autre point fort à souligner, contrairement à d´autres organismes, les services de bovins croissance n´ont pas de paillettes d´insémination à vendre ni d´animaux gras ou maigres à acheter. Cette neutralité commerciale est un point important qu´il est bon de mettre en avant auprès des éleveurs. « Notre expertise sera le meilleur moyen de barrer la route à la concurrence d´autres organisations d´élevage qui sont, et doivent rester partenaires et amies », soulignait Yves Jehanno.
A côté des résultats de pesées réalisées dans le cadre du contrôle de performances, il y a également quantité de données relatives aux poids de vente des animaux qui gagneraient à être mieux exploitées. Ceci d´autant mieux qu´une partie des exploitations ont désormais informatisé la gestion de leur cheptel et ont ainsi la possibilité de réaliser des bilans détaillés pour les catégories vendues. « Il y a une foule de données techniques actuellement non exploitées ou du moins mal exploitées et qui gagneraient à être mieux valorisées », précisait ainsi Gilles Gapihan, responsable de Bovins Croissance dans le Puy-de-Dôme.

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