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Ambiance morose sur la foire de Libramont

En Belgique, la foire de Libramont est l’incontournable rendez-vous agricole de l’été. Elle s’est déroulée dans un contexte pesant pour les éleveurs de bovins.

En Belgique comme en France, la passion des éleveurs s’exprime au moment des concours, lesquels permettent de faire momentanément abstraction des difficultés économiques.
En Belgique comme en France, la passion des éleveurs s’exprime au moment des concours, lesquels permettent de faire momentanément abstraction des difficultés économiques.
© F. d'Alteroche

Que l’on soit en France ou en Belgique, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Sur la foire de Libramont, aux pelouses grillées là aussi par la sécheresse, les éleveurs belges affichaient, fin juillet, la mine des mauvais jours et observaient avec attention les manifestations de leurs collègues français. « On gagnerait à les imiter », estimait un éleveur laitier passablement déprimé par le contexte peu reluisant annoncé pour les mois à venir.

Côté viande, l’ambiance n’était pas à la fête non plus. « Le prix carcasse des taureaux culards oscille actuellement (fin juillet) entre 4,7 et 5,2 €. 5,2 €, c’est pour des taureaux de 15 à 16 mois, de moins de 450 kilos de carcasse, exceptionnels dans les épaisseurs et le rebondi ; 4,7 €, c’est pour des culards plus ordinaires, mais aussi plus lourds », expliquait un négociant en précisant que pour des taurillons blonds, la tendance était à 4,2 €. « Le marché est plombé depuis que les Turcs n’achètent plus de JB vivant en France. Ce flux avait eu, par effet de domino, un impact évident et très bénéfique sur le marché belge de la viande bovine », soulignait Benoît Cassart, porte-parole de la fédération belge des commerçants en bestiaux. « Toute la difficulté du culard blanc bleu est que c’est un animal qui compte tenu de ses spécificités n’est guère consommé qu’en Belgique. Son prix le rend aussi difficile à exporter. »

Autre facteur à prendre en compte : l’évolution de la demande vers des viandes plus goûteuses ne va pas dans le sens du développement de ses parts de marchés. Certes il affiche des rendements records pour tailler des steaks « des oreilles à la queue », mais sa viande très tendre est peu goûteuse.

« Dans un pays où la consommation est comme en France mal orientée et a plafonné l’an dernier à 18 kilos/habitant/an, les acheteurs raisonnent souvent leurs achats de produits carnés au prix de la barquette et non au prix au kilo. Cela incite à réduire le grammage de viande dans les barquettes et par conséquent à réduire les quantités consommées », soulignait Vincent Weytjens, directeur commercial adjoint chez Dumoulin, l’une des principales entreprises belges spécialisées dans l’aliment du bétail.

Nouvelle PAC calquée sur les systèmes " blanc bleu "

Du côté des éleveurs des races dites « à vêlage naturelle » regroupant principalement les adeptes des races françaises, le nouveau mode d’attribution des aides couplées pour les vaches allaitantes a du mal à passer. « Il a été calqué sur le mode de conduite des élevages Blanc Bleu où l’objectif est d’avoir un premier vêlage à 2 ans avec une moyenne de 3 vêlages par vache, avec par conséquent peu de reproductrices qui passent le cap des 6 à 7 ans », soulignait Hugues Facys, président du herd-book Charolais belge. L’année prise en référence est 2013, mais seules sont prises en compte les femelles de 18 à 84 mois et le niveau de cette aide couplée est de 170 €/tête. « Certains éleveurs de Limousines qui avaient 100 vaches primées sont tombés à 70 avec ce nouveau mode d’attribution », s’agace Vincent Rabeux, président du herd-book limousin belge. « C’est extrêmement pénalisant, mais il est encore un peu tôt pour savoir s’ils vont décapitaliser. » Et Hugues Facys de tabler comme son homologue limousin sur la révision de la PAC à mi-parcours. Elle aura lieu en 2017 et ils espèrent bien qu’elle permettra de faire évoluer cette situation pour qu’une meilleure équité puisse se mettre en place.

Voir aussi article Les champions de Libramont ont attiré un vaste public.

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