Aller au contenu principal

Boues de station d’épuration : « J’économise 350 euros par hectare d’engrais sur betterave »

Agriculteur à Vauxbuin (Aisne), Jean-François Langlet épand des boues de station d'épuration en août-septembre de la ville de Soissons toute proche.

Jean-François Langlet, agriculteur à Vauxbuin (Aisne)"L’azote et le phosphore restants après betterave sont minéralisés dans la durée et profitent au blé qui suit."
Jean-François Langlet, agriculteur à Vauxbuin (Aisne)"L’azote et le phosphore restants après betterave sont minéralisés dans la durée et profitent au blé qui suit."
© Ferme du Moulin

« À proximité de ma ferme, la ville de Soissons produit des boues de stations d’épuration. Les terres de l’exploitation en reçoivent depuis trente ans. Il n’y a aucun coût d’utilisation ni d’épandage pour ce produit classé déchet. Il s’agit de boues chaulées avec un enrichissement en calcium et magnésie. Elles sont plutôt riches en phosphore, avec 131 unités apportées pour un apport à 12 tonnes par hectare, dont 111 assimilables dans l’année. C’est une particularité dont je tire profit sur betterave, exigeante en cet élément, avec un épandage l’année avant cette culture.

J’épands le produit en août-septembre avec un enfouissement dans les 24 heures avec un déchaumeur à dents, puis le semis d’un couvert végétal d’interculture. Ces boues sont également bien pourvues en azote : 123 unités dont 43 disponibles dans l’année. L’azote et le phosphore restants sont minéralisés dans la durée et profitent au blé qui vient derrière la betterave.

La fertilisation sur betterave ne se limite plus qu’à un apport de potasse et un complément en azote. Sur les 33 hectares de cette culture, j’estime économiser 350 euros par hectare en fertilisation avec les prix d’engrais de 2022. En 2017, cette économie était déjà de 130 euros par hectare. Ces boues fournissent 1,8 tonne par hectare de matière organique à mes sols qui en ont besoin puisque le taux de MO n’est pas très élevé : entre 1,6 et 1,8 %. J’utilise aux alentours de 400 tonnes par an de ces boues à raison de 12 tonnes par hectares et pour un apport tous les quatre ans sur une même parcelle.

La ville de Soissons ne compte pas d’usine polluante, ce qui n’altère pas trop les boues de stations d’épuration en termes de métaux lourds. Ces boues ne peuvent cependant pas être épandues partout : pas sur les parcelles en dévers, ni près des habitations, des routes ou des cours d’eau. Je reste confiant sur l’intérêt de ces boues pour les sols et leur innocuité. Mais avec la mise en marche d’une unité de méthanisation depuis un an, ces apports vont être remplacés par ceux de digestat. »

Ferme du Moulin. 207 hectares dont 70 de blé tendre, 30 de betterave sucrière, 15 d’orge d’hiver, 15 d’orge de printemps, 15 de pomme de terre fécule, 13 de colza, 11 de maïs, 11 de seigle (Cive), 6 de pois fourrager, 5 de luzerne, 5 de féverole d’hiver… Élevage bovin engraissement.

Les plus lus

<em class="placeholder">Famille Battitt Crouspeyre, parents et enfants au milieu des vignes</em>
« Un mois avant la naissance prévue de ma fille, j’organise mon exploitation en vue de mon congé paternité »

Battitt Crouspeyre, viticulteur dans les Pyrénées-Atlantiques et futur papa, a déjà envoyé son formulaire à la MSA. Il achève…

<em class="placeholder">Rodolphe et Pauline Bourdois arboriculteurs dans l&#039;Essonne, associés en EARL.</em>
« Je me suis installée avec mon conjoint en EARL, car l’EARL est plus souple que le Gaec »

Pauline Bourdois, arboricultrice en agriculture biologique, s’est installée en tant que hors cadre familial avec son conjoint…

<em class="placeholder">Théophile Piot, dans la cour de la ferme de la SCEA De Novion,</em>
Reprise d’une exploitation agricole familiale : « Je me suis installé en SCEA à cause de la holding associée »

Théophile Piot, céréalier, a repris l’une des trois exploitations familiales, la SCEA De Novion, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne…

<em class="placeholder">Application d&#039;un produit phytosanitaire sur blé. </em>
Produits phytosanitaires : la fin de la séparation de la vente et du conseil est actée

L’arrêté publié le 22 décembre entérine la fin de la séparation entre la vente et le conseil des produits…

<em class="placeholder">Agriculteur devant un pulvérisateur entrain de saisir des informations sur une tablette. </em>
Registre phytosanitaire numérique : la ministre de l'Agriculture fixe les règles pour 2027

L’entrée en vigueur du registre phytosanitaire numérique a été repoussée par Bruxelles au 1er janvier 2027. Un arrêté d'…

<em class="placeholder">Les pucerons vecteurs de jaunisse de la betterave peuvent être combattus avec l&#039;acétamipride en Belgique.</em>
Acétamipride : comment la Belgique autorise définitivement l’insecticide sur betterave et pomme de terre
En Belgique, après des années de dérogations, l’acétamipride a été agréée par les instances du Royaume pour une période longue.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures