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Blé hybride : des semences moins chères en changeant de modèle de production

Avec des surfaces de blé hybride au plus bas, le semencier Saaten Union revoit complètement la gestion de ses semences, en déléguant intégralement leurs production et distribution à des distributeurs. Objectif : rendre les semences plus attractives.

La production de semences de blé hybride est désormais déléguée à des distributeurs, au même titre que les semences de lignées.
La production de semences de blé hybride est désormais déléguée à des distributeurs, au même titre que les semences de lignées.
© C. Gloria

Une chute à 35 000 hectares pour le blé hybride ! Elles sont loin les années où ce type de variété avoisinait les 180 000 hectares en 2012-2013. Quelles sont les raisons de cette dégringolade ? « Les remontées de terrain montrent que le frein principal est le prix d’accès au blé hybride, rapporte Rémi Lefebvre, directeur de Saaten Union France et responsable du business unit du réseau Deleplanque-Saaten Union. Même s’ils reconnaissent les atouts des blés hybrides (rendements supérieurs, tallage accru…), une part significative des agriculteurs juge le rapport performance/prix insuffisant. »

Obtenteur quasi exclusif des blés hybrides cultivés en France, Saaten Union a décidé de changer complètement son mode de distribution des semences ainsi que son offre génétique. Objectif : rendre le blé hybride plus attractif et revenir à 100 000 hectares de surface d’ici trois ans. « Nous souhaitons que le blé hybride soit rentable dès un gain de rendement de 2 q/ha par rapport à des variétés conventionnelles, alors que précédemment ce niveau de rentabilité était plutôt de 7-8 q/ha, précise Sébastien Cateau, chef de marché hybride chez Saaten Union, en retenant un prix du blé à 210 €/t dans son calcul. Pour cela, nous confions dorénavant toute la production et distribution de nos semences hybrides à douze partenaires en production de semences représentant une trentaine de structures de distribution. Sur le même modèle que les lignées, ces producteurs multiplient les semences et les commercialiseront directement auprès de leurs clients l’automne prochain. »

Économies sur les coûts de transport et gestion des stocks

Précédemment, la production était gérée par Asur, filiale de Saaten-Union, en lien avec les établissements multiplicateurs de plusieurs régions. « Le nouveau modèle doit assurer des nombreux gains, espère Sébastien Cateau, économies sur la chaîne logistique comme sur la gestion des stocks et les coûts de transports, adéquation entre besoins identifiés et production en local… » Cette délégation de production de semences hybrides sous licence se fera au travers de contrats intitulés « Hyntégrale-3D ».

La recherche de regain d’intérêt pour le blé hybride se traduit également par le resserrement de l’offre variétale avec l’arrêt des anciennes variétés. « Les nouveaux hybrides rassemblent le meilleur de l’hétérosis avec un cahier des charges sans compromis pour leur obtention : forte productivité sur tout type de situation, tolérance aux maladies de haut niveau, qualité élevée du grain et bonne productibilité des semences. Ces dernières devront être faciles à produire, ce qui aura des répercussions positives sur les coûts de production », précise Rémi Lefebvre.

La nouvelle génération de blés hybrides se compose de Hyligo (lancé en 2020), Hyacinth et des nouveautés SU Hycardi, SU Hyreal et SU Hyntact. « Ces nouveautés sont ressorties numéro 1 dans les essais CTPS dans les zones où elles ont été testées et l’écart moyen de Hyligo par rapport aux lignées est de + 5,8 q/ha », souligne Sébastien Cateau. Autre précision de taille : du fait de sa vigueur et de son fort pouvoir de tallage, la densité de semis de blé hybride ne doit pas dépasser 150 grains/m2, au lieu des 250 grains/m2 adoptés pour les lignées. « Une préconisation qui a parfois du mal à arriver jusqu’aux agriculteurs », reconnaît-on chez Saaten Union.

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